Trois arrestations à Bruxelles en lien avec l'attentat déjoué en France

Des policiers effectuent une opération antiterroriste dans la commune... (PHOTO PATRIK STOLLARZ, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Des policiers effectuent une opération antiterroriste dans la commune de Schaerbeek, à Bruxelles, vendredi.

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Simon VALMARY, Matthieu DEMEESTERE
Agence France-Presse
BRUXELLES

Trois nouvelles interpellations ont eu lieu vendredi à Bruxelles, liées à un projet d'attentat déjoué en France, attestant encore un peu plus de l'étroitesse des ramifications entre les djihadistes de Paris et ceux qui ont ensanglanté la capitale belge.

Le parquet fédéral belge a aussi fait savoir que Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats parisiens de novembre, incarcéré depuis une semaine, avait opéré un revirement de stratégie entre samedi et mardi et refusait désormais de coopérer avec les enquêteurs.

« Entendu immédiatement » après les attentats de mardi qui ont fait au moins 31 morts « il a refusé de faire la moindre déclaration », a dit le parquet dans un communiqué.

Selon des procès-verbaux de son audition du 19 mars ayant fuité dans des médias français, il a minimisé son rôle le 13 novembre, chargeant son frère Brahim et Abdelhamid Abaaoud, son ami d'enfance qu'il dit à peine connaître.

Trois jours après les attaques-suicides à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles, le gouvernement belge a dû s'expliquer sur certains ratés dans la lutte antiterroriste, devant des députés, tandis que les forces de police du royaume restaient en état d'alerte.

En lien avec une opération menée la veille en région parisienne, elles ont procédé vendredi à deux perquisitions et trois interpellations à Bruxelles, dont l'une a donné lieu à la neutralisation d'objets suspects par les démineurs, dans un large périmètre de sécurité à Schaerbeek, un des communes de Bruxelles.

« Une personne a été interceptée (...) Il a été légèrement blessé à la jambe », a déclaré à l'AFP le bourgmestre (maire) de la commune, Bernard Clerfayt.

Dans la matinée, deux autres hommes avaient été interpellés à Forest et Saint-Gilles, deux autres communes de la capitale. Le premier a été blessé à la jambe.

Cela portait à neuf le nombre d'interpellations depuis jeudi soir en région bruxelloise, la justice belge ne faisant toutefois à ce stade aucun recoupement avec les deux suspects encore en fuite des attentats de mardi, apparaissant sur des images de vidéosurveillance mais non identifiés.

En France, le président François Hollande a affirmé que le réseau ayant commis les attentats de Paris et Bruxelles était « en voie d'être anéanti », même si d'« autres réseaux » constituent encore « une menace ».

Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait annoncé jeudi soir la mise « en échec » d'un projet d'attentat « conduit à un stade avancé ».

L'arrestation près de Paris de Reda Kriket, un ancien braqueur, a conduit à la découverte de fusils d'assaut et d'explosifs dans un appartement d'Argenteuil (nord de Paris).

Ce Français de 34 ans, ayant résidé dans la capitale belge, avait été condamné en son absence, le 29 juillet 2015 à Bruxelles, à 10 ans de prison « du chef de participation aux activités d'un groupe terroriste et recel », selon des détails dévoilés vendredi en Belgique.

Des victimes de neuf nationalités identifiées

L'un de ses coprévenus dans ce procès d'une filière djihadiste vers la Syrie était Abdelhamid Abaaoud, qui a eu un rôle clé le 13 novembre, membre comme lui de la mouvance « Zerkani » du nom d'un prédicateur bruxellois décrit par la justice comme le « plus grand recruteur » de djihadistes en Belgique.

Les liens apparaissent de plus en plus étroits entre les commandos de Paris et ceux du 22 mars à Bruxelles. L'homme soupçonné d'avoir été l'artificier du 13 novembre, le Bruxellois d'origine marocaine Najim Laachraoui, est avec Ibrahim El Bakraoui un de deux kamikazes de l'aéroport de Zaventem, a confirmé vendredi le parquet fédéral.

Des traces de son ADN ont été retrouvées dans plusieurs planques belges des membres des commandos parisiens, mais aussi « sur un gilet explosif et un morceau de tissu utilisés au Bataclan, et sur un engin explosif du Stade de France », a énuméré le parquet.

Son frère, l'international belge de taekwondo, s'était dit jeudi soir « accablé » par la nouvelle de l'implication de son aîné dans les attentats les plus meurtriers que la Belgique ait connus depuis 1945.

Sur sa page Facebook un ancien camarade d'université de Najim, mort à 24 ans, trois ans après avoir rejoint en Syrie les rangs de l'organisation État islamique, s'interrogeait : « Comment un homme peut se faire laver le cerveau en si peu de temps? »

Devant un commission du Parlement, trois ministres belges, Didier Reynders (Affaires étrangères), Koen Geens (Justice) et Jan Jambon (Intérieur) ont dû s'expliquer pendant plusieurs heures sur le cas d'Ibrahim El Bakraoui, ancien condamné qui a échappé à la justice belge après sa remise en liberté sous conditions en 2014.

La Turquie qui l'avait arrêté à l'été 2015 près de la frontière syrienne, puis expulsé dans un avion vers les Pays-Bas, a reproché aux autorités belges d'avoir ignoré son « profil terroriste » et raté son arrestation à son retour.

Le premier ministre Charles Michel a refusé la démission de MM. Jambon et Geens, qui ont reconnu « des erreurs ».

Vendredi le secrétaire d'État américain John Kerry a apporté son soutien au gouvernement Michel qui a « agi de manière très forte contre le terrorisme » depuis son arrivée au pouvoir à l'automne 2014. « Je suis Bruxellois »... « Ik ben Brussel », a-t-il aussi lancé dans les deux principales langues de Belgique pour témoigner sa solidarité après les attentats.

Pendant ce temps le difficile travail d'identification des victimes se poursuivait. Les décès de ressortissants de neuf nationalités, dont des Américains, un Chinois et un Français, ont été confirmés vendredi par les autorités de leurs pays respectifs.

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