Les attentats de Bruxelles liés à ceux de Paris

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La tour Eiffel est illuminée aux couleurs du drapeau national belge en hommage aux victimes des attentats de Bruxelles qui ont fait au moins 31 morts et 270 blessés, à Paris, le 22 mars.

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Andréa BAMBINO
Agence France-Presse
PARIS

Au moins trois membres du commando de Bruxelles avaient participé, de manière plus ou moins directe, aux attaques de Paris en novembre, établissant ainsi un lien formel entre les attentats les plus meurtriers de l'histoire de France et de Belgique.

DEUX HOMMES RECHERCHÉS POUR LES ATTENTATS DE BRUXELLES

Les enquêteurs ont identifié Ibrahim El Bakraoui, 27 ans, et Najim Laachraoui, comme étant les deux kamikazes de l'aéroport de Bruxelles. Ce sont eux qui figurent sur une vidéo-surveillance en train de pousser des bagages près des comptoirs. Mais un troisième homme apparaissant à leurs côtés, portant une veste beige et un chapeau noir, est toujours activement recherché. D'après le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw, «son sac contenait la charge la plus importante».

Khalid El Bakraoui, 29 ans, a été identifié comme le kamikaze du métro. La police recherche un second suspect, en lien avec cette attaque. Les images de vidéo-surveillance montrent qu'avant de monter dans la rame où il s'est fait exploser, Khalid El Bakraoui parle à un autre homme, resté à quai.

UNE PLANQUE BELGE POUR LES COMMANDOS DE PARIS

Khalid El Bakraoui était recherché dans l'enquête sur les attentats de Paris pour avoir loué sous un faux nom un logement à Charleroi utilisé par certains assaillants du 13 novembre, a annoncé jeudi le parquet fédéral belge.

Depuis le 11 décembre, est-il précisé dans un communiqué, il était visé par deux mandats d'arrêt, international et européen, délivrés par le juge antiterroriste responsable du volet belge de l'enquête sur ces attentats ayant fait 130 morts à Paris.

Khalid El Bakraoui, ajoute le parquet, «était suspecté d'avoir loué, à l'aide d'une fausse carte d'identité belge au nom de Ibrahim Maaroufi, une habitation rue du Fort à Charleroi qui aurait servi de planque au groupe terroriste impliqué dans les attentats de Paris et qui a été perquisitionnée le 9 décembre 2015».

DEUX ATTENTATS, UN SEUL GROUPE

Les frères Bakraoui et Najim Laachraoui sont liés aux attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis (banlieue). Khalid El Bakraoui est notamment soupçonné d'avoir loué une planque à Charleroi, utilisée par des djihadistes de Paris avant les attaques.

Laachraoui est considéré par les enquêteurs français comme un artificier et un possible coordinateur. L'ADN de ce Belge de 24 ans a été retrouvé sur du matériel explosif devant le Stade de France et dans le Bataclan ainsi que dans l'appartement de la commune bruxelloise de Schaerbeek, qui a pu servir d'atelier de confection des bombes.

C'est aussi lui, qui, sous le faux nom de Soufiane Kayal, avait été contrôlé le 9 septembre à la frontière autrichienne en venant de Hongrie avec Salah Abdeslam. Ils étaient alors avec un troisième homme, Mohamed Belkaïd, alias Samir Bouzid, tué le 15 mars lors d'une perquisition dans la commune bruxelloise de Molenbeek.

Les enquêteurs pensent que Laachraoui et Belkaïd étaient au bout des lignes téléphoniques identifiées en Belgique et contactées par plusieurs tueurs au soir du 13 novembre. Ils auraient notamment été destinataires de ce texto envoyé depuis le Bataclan: «on est parti, on commence». Paris, Bruxelles, «c'est le même groupe, qui avait vocation à commettre des attentats en France et en Belgique», a résumé une source proche de l'enquête.

L'ATTENTAT A-T-IL ÉTÉ PRÉCIPITÉ PAR L'ARRESTATION D'ABDESLAM?

L'accélération de la traque en Belgique a-t-elle acculé les djihadistes qui auraient voulu en finir avec une action d'éclat? La thèse est accréditée par le testament d'Ibrahim El Bakraoui, retrouvé dans un ordinateur jeté dans une poubelle. Il y dit «ne plus savoir quoi faire» et «être recherché de partout», selon le procureur belge. Avec la mort de Laachraoui, la cellule perd aussi un artificier. Or, «c'est une priorité pour DAECH que de protéger ses faussaires et artificiers», estime la source proche de l'enquête.

SALAH ABDESLAM VA-T-IL FAIRE AVANCER L'ENQUÊTE?

Le dixième homme des attentats de Paris souhaite désormais «partir en France le plus vite possible», a affirmé jeudi son avocat, Sven Mary. Un revirement puisqu'il avait d'abord contesté sa remise à la France. Son arrestation ouvre de nouvelles perspectives pour l'enquête sur les attaques du 13 novembre, dont il détient forcément de nombreux secrets sur la préparation et l'exécution. «Mais tout va dépendre de lui», observe la source proche de l'enquête. «Il n'a pas donné d'éléments qui auraient permis de prévenir un nouvel attentat», celui de Bruxelles, fait remarquer cette source. Selon son avocat, Abdeslam n'était pas au courant.

IBRAHIM EL BAKRAOUI AVAIT BIEN ÉTÉ EXPULSÉ DE TURQUIE

L'un des trois kamikazes de l'aéroport de Bruxelles, le Belge Ibrahim El Bakraoui, a été expulsé vers les Pays-Bas par la Turquie en juillet, a confirmé jeudi le ministère néerlandais de la Justice.

«Les autorités turques ont exigé qu'Ibrahim El Bakraoui quitte le territoire et ont donc organisé un vol depuis Istanbul vers Amsterdam le 14 juillet 2015», a indiqué le ministre Ard van der Steur dans une lettre envoyée au parlement.

Les autorités turques ont prévenu La Haye, par note déposée dans un portail électronique, mais cette note «ne présentait absolument aucune information ou clarification» sur les personnes expulsées, a ajouté le ministre.

Une note similaire avait été envoyée aux autorités belges, a assuré le ministre, soulignant que «contrairement à d'habitude», il «n'y a pas eu de contact direct entre les services de police».

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait accusé la Belgique mercredi de ne pas avoir été «en mesure d'identifier» les liens entre Ibrahim El Bakraoui et le jihadisme.

Ibrahim El Bakraoui a été formellement identifié par les autorités belges comme l'un des deux jihadistes qui se sont fait exploser dans l'aéroport de la capitale belge.

La Turquie s'est à plusieurs reprises plainte que les pays occidentaux ne tiennent pas compte de ses mises en garde concernant les jihadistes qu'elle expulse ou repère.

Mais depuis 2013, seulement six notifications d'expulsions ont été placées dans ce portail électronique, a affirmé M. Van der Steur, répétant : «les services de police en Turquie prennent contact avec les policiers de liaison (dans le pays) s'il est question d'une expulsion».

Sur les six notifications placées dans le portail, cinq avaient été suivies d'un contact direct. En 2015, il y a eu environ 40 notifications des autorités turques à la police néerlandaise au sujet d'expulsions, accompagnées par des explications s'il existe des soupçons de radicalisation ou de terrorisme.

«Nous invitions les autorités turques à toujours partager ces notifications avec l'officier de police de liaison, directement et à temps», a ajouté le ministre néerlandais.

Ibrahim El Bakraoui disposait d'un passeport belge, n'était pas accompagné de policiers et n'était pas enregistré dans le système, a-t-il ajouté : «il n'y avait aucune raison d'entreprendre une action à son arrivée à l'aéroport de Schiphol».

Les Européens ont de leur côté longtemps dénoncé le manque de coopération d'Ankara dans la traque des apprentis jihadistes étrangers, dont la plupart rejoignent les rangs du groupe Etat islamique (EI) via son territoire.

Depuis plus d'un an, Ankara a toutefois nettement renforcé ses contrôles.

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