La «neutralisation» de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel racontée par un policier

Le camion que conduisait Mohamed Lahouaiej-Bouhlel.... (Photo Luca Bruno, archives Associated Press)

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Le camion que conduisait Mohamed Lahouaiej-Bouhlel.

Photo Luca Bruno, archives Associated Press

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Attentat à Nice

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Attentat à Nice

En pleines célébrations de la fête nationale française, la ville de Nice a été frappée par une attaque terroriste alors qu'un homme au volant de son camion a semé la mort parmi les gens massés sur la promenade des Anglais pour assister à des feux d'artifice. »

Agence France-Presse
Nice

Le feu d'artifice du 14-Juillet à Nice vient de se terminer. Un appel radio signale qu'un camion a percuté des passants. La foule court «dans tous les sens», des corps gisent au sol. Voici l'intervention des forces de l'ordre racontée par l'un des trois policiers qui ont abattu le tueur, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel.

Postée à l'angle d'une avenue et de la Promenade des Anglais, une équipe de la «brigade spécialisée de terrain» de la police - une femme et deux hommes - observe les nombreux spectateurs prendre le chemin du retour.

Ces trois policiers sont chargés de «sécuriser la Promenade conformément au service d'ordre», raconte l'un d'entre eux dans un procès-verbal dont l'AFP a pris connaissance dimanche.

Ils reçoivent alors un appel radio leur indiquant qu'un camion a percuté des passants. Ils sont appelés rue des États-Unis. Très vite, un deuxième message radio les informe que le poids lourd se trouve sur la Promenade des Anglais.

Les trois policiers remontent en courant la célèbre avenue qui borde la mer Méditerranée.

Face à l'un des policiers «se trouve un camion accidenté». «Il était arrêté, l'avant du véhicule complètement arraché. Il n'y avait plus de capot moteur», raconte-t-il.

Sur plusieurs mètres derrière et sous le camion, ils voient des personnes au sol, du sang et entendent «les pleurs et les cris».

«Je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il se passait», reconnaît le policier. «Ça courait dans tous les sens».

Un homme monte alors sur le cale-pied côté conducteur du camion, les policiers ne savent pas s'il tente d'attraper le conducteur ou de le frapper. Deux autres policiers le maîtrisent -- il s'agit en fait d'un passant qui tentait de stopper le tueur.

Le chauffeur du camion saisit une arme, les policiers voient «son bras avec une arme de poing dans la main droite». Mohamed Lahouaiej-Bouhlel commence à tirer. Le policier, à 15 mètres environ, «sort son arme et la dirige dans la direction» du tueur.

Des coups de feu sont tirés. Le policier, positionné sur le terre-plein, est «quasiment face à lui» sur sa gauche, le camion étant sur la chaussée.

Le policier tire une première fois en visant la tête, car «c'est la seule chose» qu'il voit. Le chauffeur se baisse avant de se coucher.

Il réapparaît sur le siège côté passager. Le policier tire à nouveau, tout comme ses deux collègues, dissimulés derrière des palmiers.

Puis Lahouaiej-Bouhlel dirige son arme vers eux. Le policier fait de nouveau feu à deux reprises, avant de voir «sa tête tomber en arrière sur le montant de la fenêtre, côté passager du camion».

Il ne sait pas s'il a tué le chauffeur. À eux trois, les policiers ont tiré une vingtaine de balles avant de recevoir l'ordre de stopper le tir.

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