La police belge à nouveau mise en cause dans la surveillance de Salah Abdeslam

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Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Agence France-Presse
BRUXELLES

Le travail de la police belge dans la surveillance de Salah Abdeslam, seul survivant des commandos des attentats du 13 novembre à Paris, a été à nouvelle fois mis en cause mardi par une télévision belge.

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Trois semaines avant les attaques qui ont fait 130 morts à Paris, Salah Abdeslam publiait le 23 octobre sur Facebook une photo où il pose avec l'emblème de l'organisation État islamique (EI), explique notamment la RTBF, sans citer de source.

La chaîne publique, citant un document confidentiel des autorités belges, indique par ailleurs que les enquêteurs belges disposaient d'informations sur des «échanges directs», début 2015, entre Salah Abdeslam et son vieil ami Abdelhamid Abaaoud, djihadiste notoire et alors futur organisateur des attentats de Paris.

L'image d'un Salah Abdeslam revendiquant sur les réseaux sociaux ses liens avec l'EI n'avait pas échappé à l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM), mais «cela n'a, en son temps, entraîné aucune réaction ni du côté de la police ni du côté du renseignement», selon la RTBF.

Salah Abdeslam et son frère Brahim, originaires de Molenbeek, en région bruxelloise, avaient pourtant été signalés comme étant en voie de radicalisation dès janvier 2015.

Les deux hommes avaient été entendus par la police, mais avaient nié et avaient été laissés libres. Un juge d'instruction avait toutefois requis des investigations supplémentaires, mais, arguant de moyens humains insuffisants, les services antiterroristes de la police judiciaire n'avaient pas effectué ce travail et le dossier avait été classé sans suite en juin.

Salah Abdeslam a donc pu poursuivre ses préparatifs, voyageant notamment à travers l'Europe pour ramener d'autres membres des commandos qu'intégrera également Brahim, qui se fera exploser boulevard Voltaire à Paris. Salah Abdeslam fuira quant à lui la capitale française le soir des attentats et ne sera arrêté à Bruxelles qu'après une cavale de quatre mois.

Le parquet fédéral et la police judiciaire ont affirmé à plusieurs reprises que les informations concernant les frères Abdeslam étaient trop lacunaires pour permettre leur neutralisation, mais cette version est remise en cause par le Comité P, la «police des polices» belges.

Selon un document confidentiel de ce comité, consulté par la RTBF, les informations dont disposaient les enquêteurs étaient bien plus précises.

Au lendemain de l'assaut policier du 15 janvier 2015 contre une cellule djihadiste à Verviers (est), un informateur avait indiqué à la police locale de Molenbeek que Salah Abdeslam avait eu des «échanges directs» avec Abdelhamid Abaaoud, qui dirigeait la cellule de Verviers et sera l'organisateur des attentats de Paris.

Une commission d'enquête du Parlement belge doit faire d'ici à la fin de l'année la lumière sur le déroulement des enquêtes.

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