Spectaculaire opération de police à Bruxelles

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Un hélicoptère et des membres des forces spéciales avaient été dépêchés sur place dans l'après-midi. Le quartier a été complètement bouclé et les journalistes tenus à l'écart pendant plusieurs heures.

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Matthieu DEMEESTERE, Philippe SIUBERSKI
Agence France-Presse
Bruxelles

Le parquet fédéral belge doit s'exprimer mercredi matin à Bruxelles au lendemain d'une spectaculaire opération de police belgo-française liée aux attentats de Paris de novembre, lors de laquelle un suspect armé d'une Kalachnikov a été tué.

La conférence de presse du parquet fédéral belge est prévue à 10h30 locales. Un conseil national de sécurité, qui réunit les principaux ministres et responsables des services de sécurité belges, est également attendu mercredi.

L'identification du suspect tué «est en cours», a indiqué mardi le parquet fédéral belge, précisant toutefois qu'il ne s'agissait pas de Salah Abdeslam.

Ce suspect clé des attentats de Paris est toujours en fuite. Une source policière française avait expliqué plus tôt que l'opération de mardi ne le visait pas mais concernait «l'entourage d'un ou plusieurs des 11 inculpés belges».

Trois policiers belges et une collègue française ont été légèrement blessés au cours de leur intervention, ont précisé les autorités.

Cette policière française «était présente dans le cadre d'une équipe d'enquête conjointe entre le parquet fédéral (belge) et le parquet de Paris», a précisé mardi à la presse le ministre belge de la Justice, Koen Geens. «On ne s'attendait pas à ce qui s'est passé cet après midi», a-t-il ajouté.

«Nous constatons que nous avons eu beaucoup de chance. Quatre de nos agents ont été blessés légers, ça aurait pu être un drame, nos agents de police continuent de travailler sur le terrain», a déclaré le Premier ministre belge Charles Michel dans une brève déclaration à la presse en milieu de soirée.

«Nous avons été immédiatement informés que dans le cadre d'une perquisition, les forces de l'ordre ont essuyé des tirs. Il s'en est suivi des opérations de police, qui se poursuivent», a ajouté M. Michel.

Le Premier ministre a confirmé que cette perquisition, de routine, était «en lien avec les attentats de Paris» du 13 novembre qui ont fait 130 morts.

Suspects en fuite?

L'opération de police a été déclenchée en début d'après-midi après qu'une perquisition a mal tourné rue du Dries, dans la commune bruxelloise de Forest, débouchant sur un assaut contre la maison où un ou plusieurs suspects s'étaient retranchés.

«Lors de cette opération, une ou plusieurs personnes ont immédiatement ouvert le feu sur les policiers dès l'ouverture de la porte par les forces de l'ordre», a rapporté le parquet fédéral. Deux suspects seraient en fuite, selon des informations de presse non confirmées.

«Depuis trois heures de l'après-midi j'étais coincée. Figurez-vous que j'attendais ici, sur la place Saint-Denis, pour aller chez la coiffeuse et les policiers sont arrivés. Ils ont crié: "Evacuez! Évacuez la place!"», a raconté à l'AFP Renée, une retraitée.

Le calme était progressivement revenu dans la soirée à Forest. À minuit mardi, seul un petit périmètre restait sécurisé par la police, a constaté un journaliste de l'AFP, sans que l'on sache précisément si des hommes étaient encore recherchés. Des membres des forces spéciales, le visage recouvert d'une cagoule, étaient toujours visibles dans la rue où s'est déroulé la fusillade, mais ils semblaient détendus, selon la même source.

De nouvelles perquisitions se sont déroulées à Forest en fin de soirée, selon les médias locaux.

Vérification d'identité

Un hélicoptère et des membres des forces spéciales avaient été dépêchés sur place dans l'après-midi. Le quartier a été complètement bouclé et les journalistes tenus à l'écart pendant plusieurs heures.

Il s'agissait, selon la chaîne RTBF, d'une opération de vérification d'identités figurant dans le dossier du volet belge de l'enquête sur les attentats de Paris.

Onze personnes ont été inculpées à ce jour en Belgique en lien avec les attaques du 13 novembre 2015. L'enquête a montré que ces attentats avaient été largement préparés et coordonnés depuis Bruxelles.

Huit de ces onze inculpés sont toujours en détention provisoire. Salah Abdeslam, et son ami Mohamed Abrini, originaire comme lui de la commune bruxelloise de Molenbeek, n'ont toujours pas été appréhendés.

Salah Abdeslam, 26 ans, soupçonné d'avoir eu au moins un rôle-clé de logisticien dans les attentats de Paris, s'est évaporé dans la nature depuis son exfiltration de la capitale française jusqu'à Bruxelles par des amis, le lendemain des attaques.

Inculpés ou recherchés: qui sont les suspects belges liés aux attentats de Paris?

ONZE HOMMES INCULPÉS EN BELGIQUE

- Mohammed Amri, 27 ans, et Hamza Attou, 21 ans, ont ramené à Bruxelles, quelques heures après les attentats, Salah Abdeslam, qui est soupçonné d'avoir joué au moins un rôle de logisticien dans les attentats et est toujours en fuite.

- Lazez Abraimi: Marocain de 39 ans domicilié en région bruxelloise, décrit comme un «brocanteur» occasionnel. Des traces de sang et deux armes de poing ont été découvertes dans son véhicule.

- Ali Oulkadi, 31 ans, de nationalité française vivant à Molenbeek, commune bruxelloise qui a servi de base à nombre de jihadistes. Il a conduit Salah Abdeslam dans Bruxelles le lendemain des attentats et affirme l'avoir déposé à Schaerbeek, où les enquêteurs ont retrouvé une planque ayant servi d'atelier pour la fabrication des ceintures explosives.

- Abdeilah Chouaa, 30 ans. Son nom a été découvert dans la cellule d'un homme détenu à Namur (sud) à qui Salah Abdeslam a téléphoné le soir du 13 novembre. Réputé proche de Mohamed Abrini, un Belgo-Marocain vu en compagnie de Salah Abdeslam peu avant les tueries, sur l'autoroute entre Bruxelles et Paris.

- Mohamed Bakkali. Un véhicule de marque BMW qu'il a loué a été repéré «à proximité immédiate de trois logements» à Schaerbeek (Bruxelles), Charleroi et Auvelais (sud) ayant servi pour préparer les attentats.

- Samir Z., un Français né en 1995 résidant à Molenbeek, interpellé fin novembre à l'aéroport de Bruxelles alors qu'il était sur le point d'embarquer à destination du Maroc. Soupçonné d'avoir voulu se rendre à deux reprises en Syrie, il faisait partie de l'entourage de Bilal Hadfi, qui s'est fait exploser aux abords du Stade de France et dont une «empreinte ADN» a été retrouvée dans la planque de Schaerbeek. Il a été remis en liberté en février.

- Pierre N., un Belge né en 1987, également proche de Bilal Hadfi. Sa détention provisoire a été levée fin décembre.

- Adboullah C., né en 1985, de nationalité belge. À eu plusieurs échanges téléphoniques avec Hasna Aitboulahcen, après les attentats du 13 novembre et avant l'assaut, cinq jours plus tard, de la police contre un appartement à Saint-Denis, où cette jeune femme a trouvé la mort avec son cousin Abdelhamid Abaaoud, jihadiste belgo-marocain de l'État islamique qui aurait eu un rôle de premier plan dans l'organisation des attentats.

- Ayoub Bazarouj, un Belge de 22 ans domicilié au 47 rue Delaunoy à Molenbeek, où les enquêteurs pensaient, à tort, avoir localisé Salah Abdeslam trois jours après les attentats. Il a été libéré le 22 janvier.

- Zakaria J., né en 1986, de nationalité belge. Interpellé le 20 janvier à Molenbeek, il a été inculpé «d'assassinats terroristes et de participation aux activités d'un groupe terroriste». Le parquet n'a pas donné de détails sur les faits qui sont reprochés à cet homme, présenté par les médias belges comme un «proche» d'Abdelhamid Abaaoud.

TROIS HOMMES INCARCÉRÉS À L'ÉTRANGER

- Ahmed Dahmani. Belge d'origine marocaine âgé de 26 ans. Il a été arrêté en Turquie où il était arrivé le 14 novembre, en provenance d'Amsterdam, alors qu'il se préparait probablement à passer en Syrie. Il est soupçonné d'avoir aidé à repérer des cibles pour les attentats à Paris.

- Un Belge d'origine marocaine, présenté comme Gelel Attar par le parquet fédéral belge, a été arrêté au Maroc le 18 janvier, soupçonné d'être «lié directement» aux auteurs des attentats de Paris. Selon l'enquête marocaine, cet homme s'est rendu en Syrie avec l'un des kamikazes qui s'est fait exploser aux abords du Stade de France et s'y est entraîné au maniement des armes.

- Un Algérien résidant en Belgique et soupçonné de liens avec les attentats de Paris a été arrêté le 27 février en Algérie. Selon la presse algérienne, il s'agit de Zouhir Mehdaoui, âgé de 29 ans et proche d'Abdelhamid Abaaoud.

QUATRE HOMMES RECHERCHÉS

- Salah Abdeslam. Né à Bruxelles en 1989, mais de nationalité française, il a grandi et vécu à Molenbeek. À Paris le 13 novembre, il est soupçonné d'avoir convoyé les kamikazes du Stade de France et peut-être renoncé à commettre un attentat dans le 18e arrondissement.

- Mohamed Abrini, 30 ans, filmé le 11 novembre dans une station-service sur l'autoroute entre Paris et Bruxelles en compagnie de Salah Abdeslam.

- «Samir Bouzid» et «Soufiane Kayal». Il s'agit des noms figurant sur de fausses cartes d'identité belges présentées par deux individus contrôlés à la frontière austro-hongroise le 9 septembre avec Salah Abdeslam. «Samir Bouzid» a notamment transféré 750 euros à la cousine d'Abaaoud depuis Bruxelles la veille de l'assaut de Saint-Denis.

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