La kamikaze Chakib Akrouh, radicalisé «discret», avait combattu en Syrie

Chakib Akrouh, un des membres des commandos jihadistes... (PHOTO JEROME DELAY, ASSOCIATED PRESS)

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Chakib Akrouh, un des membres des commandos jihadistes du 13 novembre, était parti combattre en Syrie début 2013 puis avait rejoint l'organisation État islamique (EI). Sur la photo, une victime à l'extérieur du Bataclan, le soir des attentats.

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Agence France-Presse
BRUXELLES

Chakib Akrouh, Belgo-Marocain de 25 ans identifié comme un des membres des commandos djihadistes du 13 novembre, était parti combattre en Syrie début 2013 puis avait rejoint l'organisation État islamique (EI), a indiqué vendredi la justice belge.

Le parquet fédéral belge a confirmé l'identité de Chakib Akrouh, le kamikaze qui s'est fait exploser cinq jours après les attentats dans un appartement de Saint-Denis, et les détails annoncés jeudi soir par le parquet de Paris.

Chakib Akrouh avait été condamné par défaut à cinq ans de prison à Bruxelles le 29 juillet 2015 pour avoir été membre d'une importante filière de recrutement de combattants pour la Syrie. Lors de ce procès, Abdelhamid Abaaoud, l'organisateur présumé des attentats de Paris, avait été condamné, lui aussi par contumace, à 20 ans d'emprisonnement.

Akrouh a été identifié grâce à des images de surveillance du métro.

« L'analyse des photographies de la personne aperçue aux côtés de Abdelhamid Abaaoud dans le métro parisien, le 13 novembre 2015 à 22 h 14, après les attentats de Paris, a permis aux enquêteurs de la police judiciaire fédérale de faire un rapprochement, le 17 décembre 2015, avec le nommé Chakib Akrouh », explique le communiqué belge.

Une comparaison « entre le profil génétique extrait sur le kamikaze » décédé durant l'assaut policier du 18 novembre en banlieue parisienne et celui de la mère de Chakib Akrouh a confirmé qu'il s'agissait bien de lui.

Il était parti le 4 janvier 2013 de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem pour la Turquie, selon le parquet belge, qui a précisé que « l'enquête avait ensuite démontré sa présence en Syrie depuis janvier 2013, où il avait rejoint les rangs de la katiba Al-Muhajirin, puis l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) ».

En Belgique, il était fiché sur la liste des « jeunes radicalisés » établie par les services de renseignement et faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international depuis le 28 mai 2014, selon le journal Le Soir.

C'était un « garçon discret, effacé, presque introverti, qui ne faisait pas de vague », a assuré un proche cité vendredi par Le Soir. Celui-ci peinait à imaginer qu'il avait fait partie du commando des terrasses qui a assassiné 39 personnes dans des bars et restaurants parisiens.

Journalistes molestés

Vendredi matin, une perquisition a été menée au domicile de sa famille, dans la commune bruxelloise de Molenbeek, a indiqué un porte-parole du parquet belge, Eric Van Der Sypt.

« Nous n'avons rien trouvé de spécial », a-t-il expliqué à l'AFP, en ajoutant que « le père » de Chakib Akrouh avait toutefois « été emmené, mais juste pour être entendu » par la police.

Par ailleurs, un journaliste de la télévision belge RTL-TVI et un caméraman de France 3 ont été agressés vendredi matin alors qu'ils tentaient de recueillir le témoignage de proches de Chakib Akrouh à proximité de son domicile.

« Dégage! Mon frère, il est mort, casse-toi! », a lancé un homme habitant la maison, avant qu'un autre individu ne surgisse et donne immédiatement des coups de pieds aux journalistes qui se trouvaient sur le trottoir, selon des images diffusées par RTL-TVI.

Il a ensuite « effectué un balayage » au caméraman de France 3, Tahar Nasri, le faisant tomber puis le maintenant au sol par une clé de bras au niveau du cou, a indiqué à l'AFP Pascal Verdeau, le correspondant à Bruxelles de la chaîne française.

« La violence déployée par les agresseurs pour empêcher les journalistes de faire leur travail doit être condamnée sans réserve », a réagi l'association des Journalistes professionnels (AJP) de Belgique, qui « rappelle qu'il n'y a pas de zone de non-droit auxquelles les journalistes ne pourraient accéder ».

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