Le troisième kamikaze du Bataclan identifié

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Foued Mohamed Aggad, 23 ans, était originaire de Strasbourg (est) et était parti en Syrie fin 2013.

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Pauline TALAGRAND, Sophie DEVILLER
Agence France-Presse
PARIS

Le troisième kamikaze recensé dans la salle de spectacles du Bataclan est identifié : Foued Mohamed-Aggad, un Français de 23 ans, originaire de l'est de la France, faisait partie d'un groupe d'amis parti en Syrie et bien connu de la justice française.

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Foued Mohamed Aggad

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C'est grâce à sa famille, qu'après les deux premières identifications faites au Bataclan, le troisième kamikaze est désormais connu, selon une source proche du dossier. Après une comparaison de son ADN, il a été formellement identifié en fin de semaine dernière.

Quatre-vingt-dix personnes ont été tuées le 13 novembre dans cette salle mythique du rock qui accueillait un concert du groupe américain Eagles of Death Metal.

Outre Foued Mohamed-Aggad, les deux autres membres du commando sont aussi deux Français, Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, et Samy Amimour, 28 ans, tous deux originaires de la région parisienne, le premier au sud-ouest de la capitale, le deuxième au nord. Tous les trois se sont rendus en Syrie, comme la quasi-totalité des autres assaillants.

«Ton fils est mort en martyr»

«Ton fils est mort en martyr avec ses frères le 13 novembre.» Ce messade texte, envoyé de Syrie par la femme de Foued Mohamed-Aggad à la mère de ce dernier, a permis de remonter la piste du troisième kamikaze du Bataclan, selon l'avocate de la famille.

«La mère de Foued Mohamed-Aggad a reçu ce message fin novembre. Elle m'a immédiatement alertée et nous avons pris contact avec la justice», a déclaré mercredi Me Françoise Cotta à l'AFP.

«Son frère [qui était parti en Syrie avec Foued et un groupe d'amis, NDLR] a voulu rentrer, car il dit ne plus avoir supporté la situation là-bas. Foued disait en revanche à sa mère qu'il était très heureux. Il s'était marié et venait d'avoir un enfant», a raconté Me Cotta.

«Pour lui, il n'était pas question de rentrer en France. Il disait vouloir mourir en kamikaze en Irak. La famille n'a plus eu de nouvelles depuis le mois d'août», a-t-elle ajouté.

Le jihadiste faisait, selon une source judiciaire, l'objet d'une fiche des services de renseignements français pour radicalisation et d'une notice bleue d'Interpol, c'est-à-dire une demande d'information sur la localisation, l'identité, l'origine ou les activités de personnes pouvant présenter un intérêt pour une enquête.

Parti de Strasbourg (est) en décembre 2013, il est donc rentré en Europe clandestinement, peut-être avec de faux papiers, sinon ces fiches auraient permis qu'il soit repéré.

Les attentats de novembre ont fait 130 morts. En janvier, une première salve d'attaques, également revendiquée par le groupe armé État islamique (EI), avait fait 17 morts.

Foued Mohamed-Aggad était parti en Syrie fin 2013 avec son frère et un groupe d'amis.

Deux d'entre eux, les frères Mourad et Yassine Boudjellal, sont morts sur place dans les rangs du groupe djihadiste EI. Sept autres sont rentrés en France de manière échelonnée à partir de février 2014, avant d'être interpellés en mai de la même année à Strasbourg (est). Seul Foued Mohamed-Aggad était resté sur place.

En octobre, la justice française avait demandé le renvoi devant un tribunal des sept individus interpellés, âgés de 23 à 26 ans, pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Sept identifiés sur dix

Leur périple avait commencé en décembre 2013, notamment à bord d'un vol entre Francfort en Allemagne et Antalya en Turquie, avant de rejoindre la Syrie. Selon leurs déclarations aux enquêteurs, le voyage avait un but humanitaire, mais ils sont tombés de haut face aux horreurs.

Un argument qui n'a jamais convaincu puisqu'ils étaient partis par petits groupes dans un souci de discrétion, et que des photos de certains posant avec armes et treillis et des textes menaçants envers la France avaient été retrouvés dans leurs ordinateurs.

Surtout, ils connaissaient Mourad Farès, alias Abou Hassan ou Mourad al-Faransi (Mourad le Français), que certains avaient rencontré à trois reprises avant de partir, à Strasbourg, Paris et Lyon (centre-est). Mourad Farès était l'un des principaux rabatteurs via les réseaux sociaux de djihadistes français. Il a été arrêté par les Turcs après avoir fui la Syrie et remis aux autorités françaises en septembre 2014.

En garde à vue, le frère de Foued Mohamed-Aggad, Karim, avait confirmé, selon une source proche du dossier, s'être bien rendu en Syrie, «avec un groupe de dix», par l'intermédiaire de Mourad Farès et qu'ils s'étaient «retrouvés à l'EIIL» (État islamique en Irak et au Levant, devenu État islamique).

Il avait expliqué avoir été contraint de rester, victime de «menaces de mort et d'excommunication», «emprisonné deux jours». Lui qui était le dernier «à réussir à partir» s'était «inquiété pour son frère Foued resté sur place suite à la venue de sa femme» et qui devait selon lui «rendre des comptes sur le départ de tous les membres du groupe».

Foued Mohamed-Aggad est le sixième djihadiste mort identifié par les enquêteurs après les attentats du 13 novembre.

Outre le trio du Bataclan, un deuxième commando ayant visé des terrasses de bars et restaurants était formé de Brahim Abdeslam, 31 ans, Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, et d'un troisième assaillant encore non identifié. Les enquêteurs pensent qu'il s'agit du kamikaze mort cinq jours après les attaques dans un appartement de Saint-Denis, au nord de Paris, assiégé par la police.

Des trois kamikazes recensés aux abords du Stade de France, on ne connaît que Bilal Hadfi, 20 ans. Les deux autres hommes étaient munis de passeports syriens manifestement faux, et s'étaient fondus parmi la masse de réfugiés affluant en Europe. Enfin, Salah Abdeslam, frère de Brahim, qui semble avoir convoyé les kamikazes du Stade de France, est toujours en fuite.

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