Trois mosquées françaises fermées pour radicalisme

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Une mosquée de Lagny-sur-Marne, en région parisienne, a été fermée le 2 décembre pour cause de radicalisme par les autorités françaises.

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Sarah BRETHES, Benoît FAUCHET
Agence France-Presse
LAGNY-SUR-MARNE, France

Les autorités françaises ont annoncé mercredi la fermeture de trois mosquées pour cause de radicalisation, une mesure sans précédent en France prise dans le cadre de l'état d'urgence instauré après les attentats de Paris.

Une vaste opération de police a visé mercredi une mosquée présentée comme salafiste de Lagny-sur-Marne, en région parisienne, entraînant la fermeture du lieu de culte.

Cette intervention d'une ampleur inédite conduira à la «dissolution définitive, en Conseil des ministres et dans les meilleurs délais, de trois associations pseudo-cultuelles concernées» dans cette ville de la banlieue est, a déclaré à la presse le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

C'est la première fois que le gouvernement annonce la dissolution d'associations de type cultuel - sur la base de la loi de 1955 sur l'état d'urgence récemment modifiée - depuis les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessées.

Les deux autres mosquées fermées l'ont été la semaine dernière, à Gennevilliers, en périphérie nord-ouest de Paris, et L'Arbresle, près de Lyon (centre-est).

«Il n'y a pas de place pour les ennemis de la République, (...), il n'y a pas de place pour ceux qui préparent ces actions de radicalisation qui peuvent mener au terrorisme», a commenté dans la soirée le premier ministre Manuel Valls à la télévision publique France 3.

La fermeture des trois mosquées est «provisoire», le temps que durera l'état d'urgence, comme le prévoit la loi. Lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale mercredi, Bernard Cazeneuve a aussi évoqué un cas à Nice (sud-est), mais il s'agit là non pas d'une mosquée, mais de «quatre salles de prière clandestines», a précisé à l'AFP son entourage.

«De telles mesures de fermetures de mosquées pour motif de radicalisation n'avaient jamais été prises auparavant, par aucun gouvernement, y compris en 2005 pendant l'état d'urgence» lié aux émeutes dans les banlieues, a assuré le ministre Cazeneuve.

Une manière de répondre au chef de l'opposition de droite et ex-président français Nicolas Sarkozy: alors qu'on lui demandait mercredi matin sur la radio Europe 1 «combien de mosquées salafistes ou radicalisées» avaient été fermées sous son mandat à l'Élysée, l'ancien chef de l'État avait répondu «plusieurs», sans plus de précision.

Un revolver 9mm

À Lagny, les perquisitions menées mercredi matin ont «conduit à la notification de 22 interdictions de sortie du territoire», «à neuf mesures d'assignation à résidence d'individus radicalisés», ainsi qu'à la saisie d'un revolver 9 mm «chez un individu qui a été aussitôt placé en garde à vue», selon Bernard Cazeneuve.

C'est, a-t-il précisé, chez les «dirigeants» de la mosquée de Lagny qu'a été saisi le revolver ainsi que des documents sur le djihad et «un disque dur dissimulé». Une madrassa (école coranique) non déclarée a aussi été découverte.

Les avoirs de l'imam Mohamed Hammoumi, qui présidait une des associations mises en cause et officiait dans cette mosquée jusqu'en décembre 2014 lorsqu'il s'est installé en Égypte, avaient été gelés par un arrêté en avril.

Par ailleurs, dans un nouveau bilan de l'état d'urgence, le ministre a fait état de 2235 perquisitions. Elles ont permis 263 interpellations qui ont conduit à 232 gardes à vue.

De même, 334 armes ont été saisies dont 145 armes longues et 34 armes de guerre. «En 15 jours nous avons donc saisi un tiers du volume des armes de guerre habituellement récupéré en une année», s'est félicité le ministre de l'Intérieur.

Selon le ministre, «330 assignations à résidence ont été prononcées à l'égard d'individus suivis par les services de renseignement essentiellement pour des activités relatives à la mouvance islamiste radicale».

«Nous serons d'une fermeté totale contre tous ceux qui prêchent la haine en France», a réaffirmé devant l'Assemblée M. Cazeneuve, assurant que 65 imams ou prédicateurs avaient été expulsés depuis mai 2012, dont 34 pour la seule année en cours. Contre 19 sous le mandat de Nicolas Sarkozy (2017-2012), a-t-il tenu à préciser.

Les fermetures de mosquées sont diversement reçues dans les rangs musulmans. Certains responsables soulignent que, avec 2500 lieux de culte, l'islam manque déjà de salles de prière en France, et préfèrent que les imams et prédicateurs de haine soient ciblés, plutôt que les lieux eux-mêmes.

Deux interpellations à Bruxelles

Cinq perquisitions, qui ont débouché sur deux interpellations, ont été conduites mercredi matin à Bruxelles dans le cadre de l'enquête visant Mohamed Abrini et Ahmed Dahmani, deux hommes soupçonnés d'être impliqués dans les préparatifs des attentats de Paris, a indiqué le parquet fédéral belge.

«Cinq perquisitions ont été exécutées ce matin en Région bruxelloise, dans le cadre de l'enquête du parquet fédéral liée à la fuite du nommé Mohamed Abrini (contre lequel la justice belge a lancé le 24 novembre un mandat d'arrêt international) et à celle du nommé Ahmed Dahmani,  actuellement en détention en Turquie», a précisé le parquet dans un communiqué.

«En ce qui concerne Mohamed Abrini, trois perquisitions ont été exécutées à Molenbeek-Saint-Jean et une à Saint-Josse-Ten-Noode», deux communes à forte population immigrée de l'agglomération bruxelloise, détaille le parquet.

«Une cinquième perquisition a été exécutée à Molenbeek en lien avec Ahmed Dahmani», précise le parquet fédéral, chargé des affaires de terrorisme en Belgique, en ajoutant que «deux personnes ont été emmenées pour audition» par la police.

Selon la même source, «les perquisitions se sont déroulées sans incident particulier». «En ce qui concerne les objets emportés et l'identité des personnes interpellées, nous ne pouvons pas donner d'information à l'heure actuelle», conclut le communiqué.

Mohamed Abrini, Belgo-Marocain de 30 ans, a été filmé le 11 novembre vers 19 h (13 h, heure de Montréal) dans une station-service de Ressons (Oise, au nord de Paris), au volant de la Clio qui a servi deux jours plus tard à commettre les attentats, avec Salah Abdeslam, soupçonné d'avoir participé directement aux attentats et frère d'un kamikaze qui s'est fait exploser.

Quelques heures plus tard, le 12 novembre vers 3 h du matin, les deux hommes étaient de retour à Bruxelles, repérés à proximité d'une voiture SEAT et d'une Clio. Ils sont depuis lors introuvables.

Belge d'origine marocaine, Ahmad Dahmani, 26 ans, a été arrêté en Turquie, à Antalya, où il était arrivé le 14 novembre, au lendemain des attentats, en provenance d'Amsterdam. Il est soupçonné d'avoir aidé à repérer des cibles pour les attentats à Paris.

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