Abaaoud revenu au Bataclan, Hollande s'est-il mis en danger?

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Le vendredi 13 novembre, la soirée de François Hollande avait commencé au Stade de France, avec un match amical France-Allemagne.

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Marie GIFFARD, Hervé ASQUIN
Agence France-Presse
Paris

Le président français s'est-il retrouvé à proximité de l'organisateur des attentats de Paris? La question fait froid dans le dos alors qu'on a appris mardi qu'Abdelhamid Abaaoud s'était rendu près du Bataclan dans la nuit du 13 au 14 novembre, peu avant l'arrivée de François Hollande.

«On peut penser qu'Abdelhamid Abaaoud est revenu sur les scènes de crimes, après les attentats commis sur les terrasses des cafés et restaurants» dans l'est de Paris «et alors que la BRI (unité d'élite de la police) intervenait encore au Bataclan», la salle de spectacle où trois kamikazes étaient retranchés après avoir massacré 90 personnes.

Les révélations de François Molins, le procureur de la République de Paris, ont stupéfié les citoyens français et les services de sécurité de la présidence.

Le vendredi 13 novembre, la soirée de François Hollande avait commencé au Stade de France, avec un match amical France-Allemagne. Quand un premier kamikaze se fait exploser à 21h20 2 près de la porte D, tuant un passant, la première victime des attentats, la détonation est entendue dans tout le stade et par les téléspectateurs devant leur poste.

Dix minutes plus tard, un autre homme se fait exploser près de la porte H.

À 21h36, le chef de l'État a rejoint le PC sécurité du stade, comme en atteste une photo désormais célèbre montrant François Hollande au téléphone. Avant de quitter les lieux, il revient discrètement informer les responsables de l'exécutif présents en tribune et leur demande de rester pour ne pas alarmer le public.

Que se serait-il passé si les kamikazes avaient réussi leur coup et étaient parvenus à pénétrer dans l'enceinte, provoquant panique et bousculades dans le stade?

Le président convoque un Conseil des ministres exceptionnel peu après minuit, avant d'arriver à 01h30 dans le quartier du Bataclan, où l'assaut a été donné à 00h18. Il est accompagné par son Premier ministre Manuel Valls.

Une heure de battement

Le président ne rentre pas dans la salle de concert mais va s'entretenir avec des secouristes dans un café proche aménagé en poste médical avancé.

Le chef de l'État «ne s'est pas approché à moins de 300 mètres du Bataclan», précise une source proche de l'exécutif.

La décision de se rendre sur place «quand l'opération était terminée» a été prise de manière «collective» avec les personnes responsables de sa sécurité, explique cette même source qui martèle que la «sécurité du président est garantie et elle l'est à chaque instant».

Oui, mais selon François Molins «la géolocalisation de la ligne présumée d'Abdelhamid Abaaoud a attesté entre 22h28 et 00h28 d'une présence dans les 12e, 11e, 10e, et notamment à proximité de la salle de concert du Bataclan». Soit une heure à peine avant la venue du président.

Ce soir-là, François Hollande était entouré des hommes du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), «armes automatiques à la main, ce qui est très exceptionnel. D'ordinaire, leur rôle est plutôt de se fondre dans le paysage, les armes toujours dissimulées sous leur veston», ajoute la source proche de l'exécutif.

Quelqu'un a-t-il tenté de dissuader le président de se rendre sur place? Non, affirme-t-elle.

Le 7 janvier, le président français s'était rendu près du siège de Charlie Hebdo moins d'une heure et demie après l'attaque meurtrière (12 morts) commise par deux jihadistes contre l'hebdomadaire satirique.

Cette initiative avait été critiquée par des spécialistes de la sécurité. «C'est arrivé plusieurs fois à travers le monde: une tentative d'attentat ou un simulacre d'attentat provoque un déplacement des responsables publics, qui sont la véritable cible», avait commenté un ancien officier de sécurité de l'Elysée, Jean-Pierre Diot.

L'Élysée souligne que les modalités de la sécurité présidentielle sont confidentielles pour être efficaces, et que «la plupart, sinon la totalité» de ses déplacements  s'effectuent à bord d'une voiture blindée.

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