Moscou et Paris vont «coordonner» leurs frappes contre l'EI

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Les divergences entre Paris et Moscou demeurent: pour François Hollande, Bachar al-Assad n'a pas «sa place dans la Syrie» de demain, tandis que Vladimir Poutine a déclaré que le régime de Damas, soutenu par Moscou depuis le début du conflit, est son «allié naturel dans la lutte contre le terrorisme».

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Agence France-Presse
PARIS et MOSCOU

Le président français François Hollande est arrivé jeudi soir à Moscou pour tenter de rapprocher les positions russe et américaine sur la Syrie et la lutte contre le groupe État islamique, responsable des attentats de Paris et qu'il veut atteindre «au coeur» grâce à une coalition internationale élargie.

La Russie et la France vont «coordonner et intensifier» leurs frappes en Syrie contre le groupe Etat islamique (EI), ont déclaré jeudi les présidents Vladimir Poutine et François Hollande au Kremlin malgré leurs divergences persistantes sur le sort du président Bachar al-Assad.

«Les frappes contre Daech (acronyme arabe de l'EI, ndlr) seront intensifiées et feront l'objet d'une coordination», a déclaré François Hollande lors d'une conférence de presse au Kremlin après 1H30 d'entretien et un dîner avec son homologue russe.

Ce dernier a confirmé que «la France et la Russie ont convenu de renforcer leur travail dans la lutte contre le terrorisme et dans l'échange d'informations».

Les frappes russes et françaises cibleront en priorité le transport de produits pétroliers, dont la vente est la principale source de financement de l'EI, a souligné M. Poutine.

Ces frappes ne viseront pas en revanche ceux «qui luttent contre Daech», a affirmé M. Hollande, faisant référence aux rebelles modérés qui combattent l'EI et Damas.

Sans confirmer que ces derniers ne seraient pas ciblés par l'aviation russe, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie allait «échanger des informations concernant les zones où se trouvent l'opposition saine, et non pas terroriste, et s'abstenir de les viser».

L'«opposition saine» recouvre les groupes ni islamistes ni «terroristes», selon le Kremlin: les Occidentaux, eux, accusent Moscou de viser les rebelles modérés au même titre que l'EI pour protéger leur allié, le régime de Damas.

Les divergences entre Paris et Moscou demeurent: pour François Hollande, Bachar al-Assad n'a pas «sa place dans la Syrie» de demain, tandis que Vladimir Poutine a déclaré que le régime de Damas, soutenu par Moscou depuis le début du conflit, est son «allié naturel dans la lutte contre le terrorisme».

«Il est impossible de lutter avec succès contre les terroristes en Syrie sans s'appuyer sur une opération terrestre», a déclaré le président russe, rappelant que seule l'armée gouvernementale syrienne était présente au sol.

La rencontre entre les deux dirigeants intervient au moment où Moscou et Ankara traversent une grave crise, la Turquie ayant abattu mardi un bombardier russe au-dessus de la frontière syrienne, affirmant que l'avion se trouvait dans son espace aérien.

Vladimir Poutine a «exclu» que l'aviation turque n'ait pas pu identifier à quel pays appartenait le Su-24 comme l'a affirmé Ankara: «C'est absurde, ce sont des prétextes».

Il a également affirmé que les États-Unis, qui dirigent une coalition anti-EI dont fait partie la Turquie, «avaient été informés (par Moscou) du lieu et du moment de passage de nos avions, et c'est précisément à cet endroit et à ce moment que nous avons été frappés».

Russie et États-Unis se sont en effet mis d'accord sur un minimum d'échange d'informations afin d'éviter tout risque d'accident entre pilotes des deux pays.

Vladimir Poutine a accusé une nouvelle fois Ankara d'aider l'EI à écouler ses produits pétroliers, parlant de longues colonnes de camions «qui vont en Turquie, jour et nuit».

«Je veux bien croire que le gouvernement turc n'est pas au courant, (...) mais ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas à arrêter» ce trafic, a-t-il répété à plusieurs reprises alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan a démenti tout trafic de pétrole avec l'EI.

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