«Molenbeek n'est pas la base arrière du djihadisme»

Sur la place de Molenbeek où les gens... (PHOTO EMMANUEL DUNAND, AFP)

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Sur la place de Molenbeek où les gens se sont réunis le 18 novembre, une personne allume une bougie.

PHOTO EMMANUEL DUNAND, AFP

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Alexandre HIELARD
Agence France-Presse
MOLENBEEK, Belgique

Au bord d'une place de Molenbeek-Saint-Jean, Mohamed Abdeslam, le frère d'un des kamikazes qui s'est fait sauter à Paris, dispose discrètement des bougies au balcon de la maison familiale.

Un geste de solidarité à la fois avec les victimes et avec les quelque 96 000 habitants de ce petit quartier populaire (6 km2) de l'ouest de Bruxelles, réputé terreau du djihadisme européen, qui s'est retrouvé au coeur de l'actualité internationale depuis.

Quelque 3000 personnes se sont rassemblées mercredi en fin d'après-midi sur la place communale de Molenbeek pour manifester leur soutien aux victimes des attentats de Paris.

Le rassemblement s'est déroulé sous haute surveillance policière, avec des fouilles et des palpations devant chacune des rues menant à la place dominée par l'imposant hôtel de ville, un bâtiment datant de la fin du 19e siècle au style éclectique colossal, surmonté d'un dôme porté par des colonnes.

«Molenbeek n'est pas la base arrière du djihadisme», martèle sur le perron la bourgmestre (maire) Françoise Schepmans, l'écharpe tricolore noire-jaune-rouge (les couleurs de la Belgique) en bandoulière.

Sur la place, tracées à la craie sur les pavés, les lettres géantes de Molenbeek, accompagnées du symbole pacifiste «Peace & Love» et sur lesquelles repose un tapis de bougies, déposées par les habitants.

Dans la foule, des drapeaux belges et des ballons bleu-blanc-rouge aux couleurs de la France se mélangent. Au sol, un drap blanc est étendu. Parmi les nombreux messages de paix «Molenbeek, ma commune, personne ne la touchera».

«Molenbeek, ce n'est pas ce que vous croyez. Nous sommes solidaires avec les victimes, solidaires avec Paris», insiste Zoufri Moustapha, président d'un centre de jeunes de la commune.

Pendant l'hommage, des jeunes ont lancé : «Non à la stigmatisation!», un slogan répété ces derniers jours à Molenbeek, alors que les médias du monde entier pointaient un quartier gangréné par les islamistes radicaux.

Pour Dries, 37 ans, venu d'une commune voisine, «l'avenir de Bruxelles, c'est ici, c'est cette jeunesse, malgré tous les problèmes qu'on ne peut pas négliger».

Dans cette commune où plus de cent nationalités différentes se côtoient, séparée du centre historique de Bruxelles par un canal faisant office de frontière invisible, «les communautés ne se croisent pas trop», regrette Quentin, 39 ans, responsable d'une compagnie de danse.»Cette manifestation est l'occasion pour qu'elles se rencontrent. Les gens ne doivent rien attendre des politiques et prendre leurs responsabilités. C'est leur ville, leurs rues, leurs voisins», ajoute-t-il.

C'est de Molenbeek qu'est originaire Abdelhamid Abaaoud, membre du groupe État islamique (EI) et organisateur présumé des tueries dans la capitale française. Il était la cible de l'assaut donné mercredi à Saint-Denis, en proche banlieue parisienne. Il aurait été tué dans l'assaut selon le Washington Post, mais il n'a pas été officiellement identifié parmi les deux ou trois personnes tuées lors du raid.

Deux hommes arrêtés samedi à Molenbeek et inculpés depuis pour «attentat terroriste» sont soupçonnés d'avoir exfiltré en Belgique Salah Abdeslam, autre Français de Molenbeek, membre présumé des commandos de Paris toujours en fuite. Son frère Brahim s'est lui fait exploser dans l'est de la capitale française. Un troisième membre de la fratrie, Mohamed, avait été arrêté samedi avant d'être mis hors de cause.

Les trois frères Abdeslam résidaient sur la place communale de Molenbeek.

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