Hollande annonce une riposte tous azimuts

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Le président François Hollande arrive à Versailles où il s'est adressé au Parlement, le 16 novembre.

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Charlotte HILL, Cécile FEUILLATRE
Agence France-Presse
Paris

Contre «le terrorisme de guerre» qui a ensanglanté Paris, François Hollande a promis lundi de «détruire» le groupe État islamique (EI) et a appelé à une «coalition unique» pour le combattre en Syrie, «fabrique de terroristes».

Parallèlement, l'enquête sur les attentats qui ont fait au moins 129 morts et 352 blessés vendredi soir s'est accélérée, mettant en lumière les ramifications internationales de ces attaques, avec plusieurs arrestations en Belgique et la traque d'un djihadiste belge, Abdelhamid Abaaoud, suspecté d'en être «l'inspirateur».

Devant les parlementaires, exceptionnellement réunis en congrès à Versailles, le président Hollande, dans une allocution au ton martial, a affiché sa détermination à «détruire» et non pas simplement «contenir» l'EI qui a revendiqué la tuerie.

Paris, qui a déjà lancé des frappes dimanche soir sur le fief syrien de l'EI à Raqa, va «intensifier ses opérations en Syrie», a annoncé le chef de l'État, rappelant que le porte-avions Charles de Gaulle allait se rendre en Méditerranée orientale, «ce qui triplera nos capacités d'action».

«La Syrie est devenue la plus grande fabrique de terroristes que le monde ait connue et la communauté internationale est encore trop divisée et trop incohérente. Aujourd'hui, il faut plus de frappes», a réclamé M. Hollande, alors que la France, qui participe à la coalition anti-EI en Irak, a commencé en septembre à se joindre aux bombardements en Syrie.

Le président syrien Bachar Al-Assad «ne peut constituer l'issue du conflit syrien», mais «notre ennemi, c'est Daech» (acronyme arabe de l'EI), a souligné M. Hollande.

Il a réclamé «un rassemblement de tous ceux qui peuvent réellement lutter contre cette armée terroriste», et annoncé qu'il rencontrerait dans les prochains jours ses homologues américain et russe Barack Obama et Vladimir Poutine pour «pour unir nos forces» et parvenir à «une grande et unique coalition» contre l'EI.

Le secrétaire d'État américain John Kerry est arrivé lundi soir à Paris pour témoigner de la «détermination» des États-Unis et de la France à lutter contre le terrorisme, a annoncé le département d'État.

Washington et ses alliés bombardent des positions de l'EI en Syrie, tandis que Moscou, qui soutient Bachar al-Assad, frappe de son côté des cibles «terroristes», en fait pour l'essentiel des groupes armés modérés.

La France va demander au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution marquant «la volonté commune de lutter contre le terrorisme», a également annoncé M. Hollande.

Durcissement drastique 

Sur le front intérieur, le président français a annoncé des mesures de sécurité draconiennes, semblant donner raison à l'opposition de droite menée par Nicolas Sarkozy, qui a réclamé des «inflexions majeures» de la politique sécuritaire.

Le Parlement sera saisi mercredi d'un projet de loi prolongeant l'état d'urgence pour trois mois et la Constitution sera révisée pour permettre aux pouvoirs publics «d'agir contre le terrorisme de guerre», a-t-il dit.



Le président et les parlementaires ont entonné La... (PHOTO PHILIPPE WOJAZER, REUTERS) - image 3.0

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Le président et les parlementaires ont entonné La Marseillaise à l'issue du discours de François Hollande. 

PHOTO PHILIPPE WOJAZER, REUTERS

Mesure rarissime permettant notamment des restrictions de circulation et des perquisitions administratives, l'état d'urgence avait été décrété vendredi soir après les attentats.

Le chef de l'État a annoncé 8.500 nouveaux postes dans la sécurité et la justice, et souhaité que la déchéance de nationalité puisse être étendue aux binationaux «nés français» en cas de terrorisme, une revendication de la droite.

Lundi soir, une source gouvernementale a en outre indiqué à l'AFP que l'exécutif voulait que les Français revenant de Syrie soient soumis à «un visa de retour» et puissent se voir imposer «des conditions de surveillance draconiennes à leur retour», comme une «assignation à résidence».

L'enquête avance 

Lundi, l'enquête s'est accélérée, notamment du côté des ramifications belges. Deux suspects ont été inculpés à Bruxelles mais une vaste opération policière dans la commune populaire bruxelloise de Molenbeek n'a pas permis d'appréhender un suspect-clé, Salah Abdeslam, toujours traqué.

C'est ce jeune homme de 26 ans qui a loué une Polo noire, immatriculée en Belgique, retrouvée garée devant la salle de spectacle du Bataclan, où 89 personnes ont péri.

Les attentats ont été «décidés, planifiés en Syrie, organisés en Belgique», et «perpétrés avec des complicités françaises», a résumé M. Hollande.

Cinq des sept kamikazes ont été identifiés. Quatre d'entre eux sont des Français, âgés de 20 à 31 ans, et au moins trois auraient séjourné en Syrie au cours des dernières années.

Omar Ismaïl Mostefai et Samy Amimour, qui seraient tous deux passés par la Syrie, sont morts au Bataclan. Bilal Hadfi, un Français, et un autre kamikaze auprès de qui un passeport syrien au nom d'Ahmad al-Mohammad a été retrouvé, font partie des trois hommes qui se sont faits exploser près du Stade de France, au nord de Paris.

Le cinquième homme identifié est Brahim Abdeslam, frère de Salah Abdeslam, qui s'est fait exploser devant un café sur un boulevard de l'Est parisien.

Les enquêteurs s'intéressent par ailleurs à Abdelhamid Abaoud, Belge de 28 ans, déjà considéré comme le cerveau d'attaques déjouées en janvier à Verviers en Belgique. Soupçonné d'être un membre très actif du groupe EI, résidant en Syrie, l'homme, qui a aussi séjourné à Molenbeek, était en contact avec au moins un des frères Abdeslam.

Par ailleurs, la découverte par les enquêteurs français que les empreintes d'un des kamikazes correspondaient avec celles d'un homme contrôlé le mois dernier en Grèce, dans un flux de migrants, a commencé à susciter des déclarations anti-migrants.

Les «terroristes ont exploité les migrations de masse» en cours depuis des mois vers l'UE, a estimé le Premier ministre populiste hongrois Viktor Orban, défendant le droit des Européens à «l'autodéfense».

Au G20 en Turquie, le président américain Barack Obama a appelé à éviter les amalgames entre «réfugiés» et «terrorisme»: «Les gens qui fuient la Syrie sont ceux qui souffrent le plus du terrorisme (...) Il est très important que nous ne fermions pas nos coeurs aux victimes d'une telle violence».

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