Une mort d'enfant qui rappelle une autre crise de migrants

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Après 2016, une année record durant laquelle plus de 5000 migrants ont péri en tentant la périlleuse traversée, 253 personnes sont venues s'ajouter à la liste en janvier.

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Bien qu'elle reçoive moins d'attention par les temps qui courent que les décisions musclées du président américain Donald Trump sur le droit d'asile, la crise des migrants se poursuit en Europe, et le nombre de morts en mer Méditerranée ne cesse de croître.

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Après 2016, une année record durant laquelle plus de 5000 migrants ont péri en tentant la périlleuse traversée, 253 personnes sont venues s'ajouter à la liste en janvier.

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Après 2016, une année record durant laquelle plus de 5000 migrants ont péri en tentant la périlleuse traversée, 253 personnes sont venues s'ajouter à la liste en janvier. C'est pratiquement deux fois plus que pour la même période l'année dernière, alors que le nombre d'arrivées a considérablement diminué.

Parmi les nouvelles victimes figure notamment un petit garçon d'origine subsaharienne, âgé de 5 ou 6 ans, qui a été retrouvé sans vie sur une plage espagnole, vendredi.

Les autorités locales, qui menaient en fin de semaine des analyses pour tenter d'établir son identité, ont indiqué qu'il pourrait provenir d'un bateau chargé de migrants qui avait chaviré près des côtes il y a deux semaines.

Politiques restrictives

Ana Rosado, qui travaille comme coordonnatrice au sein d'une organisation non gouvernementale d'Andalousie venant en aide aux migrants, a déclaré hier en entrevue que le sort de l'enfant illustrait l'impact des politiques migratoires restrictives de l'Europe.

« C'est une tragédie pour la famille, mais c'est aussi une tragédie pour nous qui tentons de défendre les droits de l'homme. »

La militante déplore le manque de solidarité du continent.

Les difficultés économiques et la peur du terrorisme créent un terreau fertile pour la xénophobie, relève Mme Rosado, qui voit mal comment l'Union européenne peut s'indigner des politiques du nouveau président américain relativement aux réfugiés sans faire son propre mea-culpa.

« On ne peut pas critiquer quelqu'un quand on fait le contraire de ce qu'on préconise dans sa propre maison », relève-t-elle.

Le directeur du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal, Frédéric Mérand, pense que le parallèle avec les actions du président américain est sévère, puisque la majorité des pays européens continuent, contrairement à lui, de respecter le principe du droit d'asile.

Les quelques pays européens comme la Hongrie qui préconisent une fermeture complète de leurs frontières compliquent néanmoins grandement, selon l'analyste, la recherche d'une solution globale au problème.

Chute des arrivées par mer

La conclusion d'une entente avec la Turquie a permis cette année de bloquer une voie migratoire illégale importante vers le continent européen et a fait chuter des deux tiers en 2016 le nombre d'arrivées de migrants par mer.

Les relations avec Ankara sont néanmoins très tendues, et l'entente pourrait capoter à tout moment, ce qui pourrait ramener les flux migratoires au sommet de 2015, prévient M. Mérand. Plus de 1 million de migrants avaient atteint cette année-là les côtes du continent européen par la mer.

Un récent rapport de l'Overseas Development Institute (ODI), un groupe de recherche anglais, indique que la baisse du nombre d'arrivées de migrants par les voies « connues » en Europe peut suggérer à tort que la crise est terminée.

Le nombre de demandes d'asile reçues l'année dernière était trois fois supérieur au nombre d'arrivées formellement recensées et suggère que nombre de migrants utilisent des stratagèmes moins visibles pour entrer sur le continent, relèvent les auteurs, qui évoquent par exemple l'utilisation de faux documents.

Des doutes

Ils doutent de l'efficacité des efforts déployés par les États européens pour sécuriser leurs frontières.

« Avec le temps, les routes migratoires changent et de nouvelles voies s'ouvrent. La fermeture de frontières particulières fait dévier les migrants et les réfugiés vers des pays avoisinants ou des routes plus dangereuses », ont conclu les auteurs.

Frédéric Mérand pense qu'il y a peu de risque, dans le contexte actuel, que l'on assiste à un changement majeur des politiques européennes relativement à l'accueil des réfugiés.

Notamment, dit-il, parce que nombre d'élus craignent de revoir leurs politiques par crainte de heurter leur population et de faire le jeu des partis populistes, particulièrement en période électorale.




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