Manifs contre la «Jungle» de migrants dans le nord de la France

Des dizaines de camions et de tracteurs ont... (Photo Thibault Camus, AP)

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Des dizaines de camions et de tracteurs ont rejoint la manifestation de 400 personnes pour s'immobiliser au beau milieu de l'autoroute.

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Crise migratoire

Pour tout savoir sur la crise migratoire sans précédent qui perturbe l'Europe. »

Benjamin MASSOT, David COURBET
Agence France-Presse
Calais

« Jungle » plus peuplée que jamais à Calais, incidents réguliers sur les routes, impact sur l'activité économique : excédés, routiers, agriculteurs et commerçants bloquaient des routes lundi et manifestaient pour réclamer le démantèlement rapide du plus grand camp de migrants en France.

Partis tôt dans la matinée des villes de Loon-Plage et de Boulogne-sur-Mer, deux cortèges de dizaines de camions et tracteurs ont rejoint la manifestation de 400 personnes pour s'immobiliser au beau milieu de l'autoroute habituellement fréquentée par les transporteurs européens pour rejoindre l'Angleterre.

Les camions sont régulièrement assaillis par des migrants cherchant à y entrer et se cacher dans leur cargaison pour passer clandestinement en Grande-Bretagne.

« On ne bouge pas ! On attend des réponses du gouvernement, notamment concernant la demande de zone franche et les aides aux entreprises en difficulté. Beaucoup d'entreprises ont dû s'endetter pour la sécurisation », a confié à l'AFP Frédéric Van Gansbeke, porte-parole du collectif des entreprises et commerces de la région de Calais.

Il a prévenu que le blocage pouvait « durer toute la nuit », mais qu'ils n'iraient « pas au conflit avec les forces de l'ordre ». Une délégation sera reçue dans l'après-midi par les autorités locales.

« Cette manifestation, c'est pour crier le mécontentement (...) vraiment le ras-le-bol de la profession » face aux « actes d'incivilité dont nous sommes victimes au quotidien », a déclaré à l'AFP David Sagnard, représentant local des transporteurs routiers, en référence aux nombreuses tentatives d'intrusions de migrants voulant passer à tout prix en Angleterre.

« Aujourd'hui ce que l'on réclame c'est d'avoir des mesures d'urgence pour que l'on puisse rouler en toute sécurité », a-t-il ajouté. Depuis quelques mois, des migrants élèvent des barrages sur la rocade avec des barrières ou des arbres pour forcer les camions à s'arrêter.

Lors d'un énième déplacement à Calais vendredi, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait réaffirmé l'intention de l'État de démanteler la « Jungle » le « plus rapidement possible », sans donner de date. Une partie du camp a été démantelée en mars, mais les migrants continuent d'affluer massivement.

Selon les autorités, ils sont aujourd'hui 6900, mais des associations évoquent plus de 9000 réfugiés, dont 900 mineurs isolés. Ils étaient entre 3500 et 5000 à la fin du démantèlement de la zone sud en mars.

Les migrants, originaires aussi bien d'Afghanistan que du Soudan ou d'Irak, arrivent dans le nord de la France dans l'espoir de traverser la Manche et rallier la Grande-Bretagne. Les derniers arrivants viennent souvent du Soudan.

« État de catastrophe économique »

« Calaisiens enfermés, migrants libres ! » ou « Le gouvernement doit déclarer le Calaisis (région de Calais) en état de catastrophe économique », pouvait-on lire sur des banderoles.

Frédéric Van Gansbeke espère « marquer le coup » avec cette opération, une première depuis le début de la crise migratoire qui a transformé le port de Calais en goulet d'étranglement.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé vendredi un nouveau dispositif d'aides « de manière à soutenir plus directement les entreprises qui souffrent », mais sans donner de chiffres.

« C'est le salaire de la peur. On se pose chaque matin la question de savoir si notre journée de travail ne va pas être gâchée, si un migrant ne va pas éventrer la bâche du camion. Et si la marchandise est endommagée, c'est retour direct à la case départ », a témoigné Nicolas Lotin, directeur d'une agence de transport à Boulogne-sur-Mer.

Début mars, le collectif avait réuni plusieurs centaines d'habitants dans les rues de Paris, et avait été reçu à la présidence, pour demander que la zone soit reconnue « en état de catastrophe économique exceptionnelle ».

Avant le démantèlement à proprement parler de la zone nord de la « Jungle », l'État doit obtenir gain de cause devant le Conseil d'État -- la plus haute juridiction administrative française -- sur la fermeture des commerces informels qui y sont apparus.

L'État compte parallèlement intensifier les départs volontaires en créant d'ici à la fin de l'année quelque 8000 places dans diverses structures d'accueil.

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