La détention des migrants «devrait cesser immédiatement», dit Ban Ki-moon

Ban Ki-moon a rencontré des réfugiés sur l'île... (Photo Manolis Lagoutaris, InTime News via AP)

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Ban Ki-moon a rencontré des réfugiés sur l'île grecque de Lesbos, samedi.

Photo Manolis Lagoutaris, InTime News via AP

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Crise migratoire

Pour tout savoir sur la crise migratoire sans précédent qui perturbe l'Europe. »

Hélène COLLIOPOULOU, Odile DUPERRY
Agence France-Presse
ATHÈNES

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon est venu à son tour se rendre compte samedi en Grèce de la situation des dizaines de milliers de migrants bloqués dans ce pays, porte d'accès de l'UE qu'il a exhortée à mieux traiter.

En particulier, a-t-il dit, «la détention doit cesser immédiatement»: depuis l'entrée en vigueur le 20 mars de l'accord entre l'UE et la Turquie qui prévoit le renvoi systématique en Turquie des migrants débarquant illicitement en Grèce, quelque 8500 migrants arrivés depuis cette date sont en effet retenus sur les îles comme Lesbos, en attendant l'examen de leur cas.

À Athènes, le premier ministre grec Alexis Tsipras a offert dans la matinée à M. Ban un «cadeau symbolique»: un gilet de sauvetage ramassé, comme des milliers d'autres, sur les côtes de ces îles, mais qui n'ont pas empêché la noyade de centaines de personnes depuis l'an dernier.

«C'est un instrument de survie pour des milliers de réfugiés qui sont arrivés sur les îles grecques en traversant la mer Égée», a déclaré M. Tsipras en présentant l'objet à M. Ban.

Ce dernier a tenu à dire qu'il s'agissait d'«un cadeau important» et l'a revêtu, mais à l'envers, avant de l'enlever rapidement.

Dans l'après-midi, Ban Ki-moon, accompagné de son épouse, s'est rendu sur l'île de Lesbos, par où ont transité environ la moitié du million de migrants arrivés depuis début 2015 en UE par la Grèce.

Il a visité le camp fermé de Moria, qui héberge 2700 personnes, puis celui de Kara Tepe, réservé aux cas les plus vulnérables, surtout des familles avec de jeunes enfants.

Sous un soleil de plomb, en chemisette verte et casquette bleue du UNHCR, le haut-commissariat aux réfugiés, le secrétaire général a serré les mains pendant une demi-heure, et embrassé les enfants, dans une vaste cohue.

Il a réconforté Cécile, une Camerounaise arrivée par la Turquie il y a trois mois avec deux jumeaux de six ans, et qui se fait peu d'illusions sur son maintien en UE.

Mais il n'a pas vu Najah, une Syrienne, tentant de braver la foule avec une minuscule bébé dans les bras, pour lui tendre un petit papier le suppliant de l'aider, elle et ses trois enfants.

«À quoi ça sert?»

Dans un coin, Maher grommelle. Ce Syrien, arrivé le 19 mars à Lesbos, juste avant que le couperet ne tombe, y est toujours coincé avec sa femme et son bébé. Il se demande « à quoi servent toutes ces visites ».

Lesbos a vu en effet défiler les ambassadeurs de bonne volonté des Nations unies - les actrices Susan Sarandon et Angelina Jolie, la reine Rania de Jordanie -, nombre de politiciens européens, et même le pape.

Maher reconnaît néanmoins que ce serait pire « si personne n'attirait l'attention sur notre sort ».

Car il y a en Grèce continentale quelque 48 000 autres migrants, piégés là depuis la soudaine fermeture des frontières au nord du pays, début mars.

Après l'évacuation en mai du camp improvisé d'Idomeni à la frontière greco-macédoine, le Conseil de l'Europe avait estimé que les nouveaux centres d'accueil dans le nord du pays, où de nombreux migrants étaient transférés, ne permettaient pas de les accueillir dans des conditions « décentes ».

La rapporteuse de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour les migrations, Tineke Strik, s'était néanmoins dit « impressionnée par ce que les autorités grecques ont accompli en des délais aussi courts ».

Samedi, M. Ban a évité d'accabler la Grèce, saluant au contraire sa « générosité » et donnant en exemple les habitants de Lesbos, qui ont ouvert aux migrants « leurs maisons,  leurs coeurs et leurs porte-monnaie ».

Il a appelé la communauté internationale à soutenir le pays, estimant que le monde a « les moyens, la capacité et le devoir » de se confronter à cette crise migratoire.

Depuis l'entrée en vigueur de l'accord UE-Turquie, qui a très nettement tari les arrivées en Grèce - 47 par jour en moyenne depuis mai, contre 1740 avant l'accord, les migrants retrouvent l'ancienne route entre l'Afrique et l'Italie. Depuis janvier, 2510 personnes sont mortes en Méditerranée, souvent dans des naufrages faisant des centaines de victimes.

L'Assemblée générale de l'ONU se réunira le 19 septembre pour tenter de trouver une solution au problème des déplacements massifs de population.

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