Un ministre autrichien propose de retenir les migrants sur des îles pour les trier

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L'Autriche, gouvernée par une coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs, a accueilli en 2015 quelque 90 000 demandeurs d'asile arrivés en Europe via les côtes grecques au plus fort de la vague migratoire.

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Crise migratoire

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Agence France-Presse
VIENNE

Le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz suggère que l'Union européenne empêche les demandeurs d'asile d'accéder directement au continent en les retenant sur des îles, s'inspirant ainsi de «l'exemple australien», très décrié, pour décourager les départs de migrants.

«L'Union européenne devrait prendre pour exemple des aspects du modèle australien» de gestion des flux migratoires, déclare le ministre conservateur dans le quotidien Die Presse à paraître dimanche.

La marine australienne repousse systématiquement les bateaux de clandestins. Ceux qui parviennent à gagner ses côtes sont placés dans des camps de rétention au large, comme sur Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ou à Nauru, îlot du Pacifique, ou sur l'île Christmas, dans l'océan Indien, le temps que leur demande d'asile soit instruite.

Ce «modèle australien n'est naturellement pas reproductible intégralement, mais ses principes sont aussi applicables à l'Europe», explique le ministre, qui se dit sceptique sur l'avenir de l'accord passé avec la Turquie en vue de réduire les départs de migrants vers l'Europe.

Il fait valoir que la rétention insulaire a aussi été pratiquée par les États-Unis dont les services d'immigration, dans la première moitié du 20e siècle, retenaient les nouveaux arrivants sur Ellis Island, située à l'embouchure de l'Hudson à New York, «Un tel modèle insulaire peut aussi être le chemin vers l'Europe» pour les migrants, insiste le ministre, qui y voit surtout une façon de décourager les départs de futurs demandeurs d'asile.

Dans les faits, de nombreux migrants sauvés en mer sont déjà dirigés vers les îles grecques ou l'île italienne de Lampedusa.

Depuis que le gouvernement australien a adopté cette politique, les bateaux de migrants n'arrivent plus sur les côtes australiennes. Le pays essuie régulièrement les foudres d'organisations de défense des droits de l'homme.

Le sauvetage en mer de canots de migrants en perdition, comme ces derniers jours au large de la Libye, «ne doit pas offrir un ticket vers l'Europe», insiste M. Kurz.

Il souhaite aussi «que l'UE pose un principe clairement : ceux qui essaient d'entrer illégalement en Europe doivent perdre leur droit à y demander l'asile».

L'Autriche, gouvernée par une coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs, a accueilli en 2015 quelque 90 000 demandeurs d'asile arrivés en Europe via les côtes grecques au plus fort de la vague migratoire. Puis le gouvernement a durci sa politique et les conditions d'asile, prenant l'initiative de mettre fin au transit des migrants à travers les Balkans vers le nord de l'Europe.

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