Près de 120 corps découverts sur des plages libyennes

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C'est par cet étroit bras de mer que des centaines de milliers de réfugiés et migrants avaient rallié l'Europe en 2015 et début 2016. Depuis le début de l'année, 366 personnes, surtout des enfants, s'y sont noyées.

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Crise migratoire

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Catherine BOITARD
Agence France-Presse
ZOUARA et ATHÈNES

Au moins 117 corps ont été retrouvés vendredi sur des plages libyennes, a annoncé la marine libyenne, alors que des centaines de migrants ont disparu dans le naufrage vendredi d'un bateau au sud de la Crète, où une importante opération de sauvetage était en cours.

Au moins 117 corps de migrants, dont de nombreuses femmes, ont été retrouvés sur les plages de Zouara, une ville de l'ouest de la Libye, après avoir tenté de rejoindre l'Europe en traversant la Méditerranée, a annoncé le Croissant-Rouge libyen vendredi.

«Le nombre des corps retrouvés jusqu'à présent est de 117, dont 70 % sont des femmes, en plus de six enfants», a déclaré vendredi à l'AFP Khames el-Boussefi, porte-parole du Croissant-Rouge Libyen à Zouara.

Ce bilan pourrait s'aggraver, car «nous préparons une nouvelle sortie pour effectuer des recherches à Zouara et les plages alentour», a-t-il ajouté.

Le colonel Ayoub Qassem, porte-parole de la marine libyenne, avait indiqué plus tôt à l'AFP que «104 corps de migrants avaient été retrouvés». Mais «un tel bateau peut transporter entre 115 et 125 passagers», selon lui.

Près de 700 migrants, dont une quarantaine d'enfants, qui tentaient de gagner l'Italie auraient trouvé la mort, dans des conditions atroces, au cours de la semaine écoulée dans trois naufrages au large de la Libye, d'après l'ONU et des témoignages de survivants.

Le colonel Ayoub Qassem n'a pas pu confirmer si les corps des migrants retrouvés jeudi à Zouara étaient à bord de l'une des embarcations ayant coulé la semaine dernière.

DES CENTAINES DE DISPARUS

Par ailleurs, des centaines de migrants pourraient avoir disparu dans le naufrage vendredi d'un bateau au sud de la Crète, où une importante opération de sauvetage était en cours.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le bateau en provenance d'Afrique transportait au moins 700 personnes.

La police portuaire grecque ne confirmait pas le chiffre de 700, mais évoquait «plusieurs centaines» de personnes à bord.

Neuf corps ont été retrouvés vendredi après le naufrage du bateau.

«À cette heure, 340 (personnes) ont été secourues et neuf corps ont été retrouvés», ont indiqué les gardes-côtes dans un communiqué, sans donner de détails sur la nationalité des migrants.

Cinq bateaux marchands qui participaient aux recherches.

Selon la police portuaire, 242 d'entre eux doivent être acheminés en Italie et 75 à Port-Saïd en Égypte, en fonction du droit de la mer régissant les sauvetages. La destination des autres restait indéterminée et aucun autre détail n'a été fourni.

Deux patrouilleurs des gardes-côtes grecs, deux avions et un hélicoptère poursuivaient à la mi-journée l'opération de sauvetage, dans une zone située entre les eaux grecques et égyptiennes, à 75 milles au sud de la Crète.

Les conditions météorologiques y sont correctes avec un temps beau, mais un vent vif.

Selon les autorités grecques, l'embarcation, longue de 25 mètres, a été repérée, dans la nuit, à «moitié coulée» par un bateau de passage.

Les gardes-côtes italiens ont indiqué avoir été alertés par un navire marchand italien jeudi à 17 h 15, avisant qu'un bateau de migrants était en difficulté dans une zone située entre les eaux grecques et égyptiennes. Quatre navires ont répondu à l'alerte des Italiens et se sont déroutés. Vendredi à 7 h 15, l'un de ces navires a signalé que le bateau avait chaviré.

Aucune indication n'était disponible dans l'immédiat sur la nationalité des migrants.

Près de 700 morts en une semaine

Près de 700 migrants, dont une quarantaine d'enfants, qui tentaient de gagner l'Italie auraient trouvé la mort, dans des conditions atroces, au cours de la semaine écoulée dans trois naufrages au large de la Libye, d'après l'ONU et des témoignages de survivants.

Le colonel Ayoub Qassem n'a pas pu confirmer si les corps des migrants retrouvés jeudi à Zouara étaient à bord de l'une des embarcations qui ont coulé la semaine dernière.

Les passeurs de migrants clandestins profitent du chaos qui règne en Libye depuis la révolte populaire qui a renversé le régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011. La plupart des départs ont lieu depuis l'ouest du pays, à destination de l'Italie qui n'est qu'à 300 kilomètres.

«Les migrants sont généralement de nationalités africaines, mais il y a aussi des Arabes parmi eux, notamment des Marocains (sic)», a indiqué à l'AFP le colonel Qassem.

Il a critiqué la communauté internationale qui, selon lui, «se contente de pleurer les victimes et de donner les chiffres» sans faire davantage.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le conseil municipal de Zouara a également dénoncé «le silence étrange des responsables, autant au sein de l'État libyen que dans les organisations internationales».

Selon des chiffres du HCR arrêtés au 25 mai, 37 785 migrants sont arrivés en Italie depuis le début de l'année.

L'Italie n'est qu'à 300 kilomètres des côtes libyennes et constitue le point d'arrivée pour les migrants qui tentent la traversée depuis la Libye.

Sur la même période, 1370 migrants et réfugiés ont perdu la vie en tentant de rejoindre l'Europe en traversant la Méditerranée, soit 24 % de moins qu'à la même période l'an dernier (1792), a précisé mardi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).



Contourner l'OTAN

La police portuaire avait déjà intercepté le 27 mai au large des côtes de la Crète une vedette dirigée par deux passeurs présumés, un Ukrainien et un Égyptien, transportant 65 Syriens, Afghans et Pakistanais.

La police portuaire n'avait pas précisé si le bateau, parti de Turquie selon ses passagers, était en route vers l'Italie, ou avait choisi cet itinéraire pour gagner la Grèce en évitant les patrouilles de l'OTAN.

Le dernier naufrage pourrait indiquer que les passeurs cherchent d'autres voies pour contourner la force navale de l'OTAN déployée plus au nord-est, entre les côtes turques et les îles grecques toutes proches notamment de Lesbos et Chios.

C'est par cet étroit bras de mer que des centaines de milliers de réfugiés et migrants avaient rallié l'Europe en 2015 et début 2016.

Depuis le début de l'année, 366 personnes, surtout des enfants, s'y sont noyées. Le dernier naufrage meurtrier, qui a fait cinq victimes, quatre femmes et un enfant, remonte à début avril au large de l'île de Samos.

Mais les traversées dans cette zone se sont taries après le déploiement allié et l'entrée en vigueur le 20 mars de l'accord UE-Turquie.

Ce pacte prévoit une lutte renforcée d'Ankara contre le trafic de migrants au départ des côtes turques, en échange d'un soutien politique et financier européen. Il ouvre aussi au renvoi en Turquie des migrants arrivés en Grèce par cette voie après le 20 mars, y compris des demandeurs d'asile syriens.

Avant l'exode vers les îles grecques de 2015, plusieurs interceptions et naufrages de bateaux de migrants avaient déjà eu lieu ces dernières années au large de la Crète ou encore plus à l'ouest, au large du Péloponnèse ou en mer Ionienne.

Ces bateaux étaient généralement en route vers l'Italie au départ de la Turquie ou des côtes africaines de la Méditerranée.

- Avec Catherine Boitard

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