Évacuation du camp d'Idomeni, 2000 migrants déplacés

Un jeune réfugié tient une bouteille d'eau devant... (PHOTO YANNIS KOLESIDIS, REUTERS)

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Un jeune réfugié tient une bouteille d'eau devant la tente dans laquelle il habite alors que les policiers procèdent à l'évacuation du camp de migrants, près d'Idomeni, le 24 mai.

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Crise migratoire

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Vassilis KYRIAKOULIS, Hélène COLLIOPOULOU
Agence France-Presse
IDOMENI et ATHÈNES

La police grecque a évacué mardi plus de 2000 migrants du camp sordide d'Idomeni à la frontière avec la Macédoine, qui en compte des milliers, et les a transférés dans des centres d'accueil proches.

Des migrants et réfugiés attendent de monter à... (PHOTO YANNIS KOLESIDIS, ANA-MPA/AP) - image 1.0

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Des migrants et réfugiés attendent de monter à bord d'un bus lors de l'évacuation du camp d'Idomeni, le 24 mai.

PHOTO YANNIS KOLESIDIS, ANA-MPA/AP

L'opération, entamée tôt mardi matin, se poursuivait dans la soirée. «Au total 2024 migrants ont quitté les lieux à bord de 42 cars et l'opération va continuer», a indiqué à l'AFP une source policière.

L'évacuation, qui s'est déroulé dans le calme, doit durer une semaine, selon le gouvernement.

«Tout se déroule bien, peut-être mieux que nous ne l'attendions, les migrants sont fatigués et n'espèrent plus que les frontières vont rouvrir», a déclaré à l'AFP une autre source policière.

Idomeni était devenu une nasse pour des milliers de réfugiés et migrants -pour la plupart syriens, irakiens, afghans, pakistanais, iraniens et maghrébins- après la fermeture en mars de la route des Balkans empruntée jusqu'alors pour gagner l'Europe du Nord.

Cet enlisement alimentait une grogne croissante des agriculteurs locaux, des tensions avec la Macédoine voisine, des incidents répétés entre exilés et policiers et les protestations des exportateurs contre le blocage fréquent par des migrants du trafic ferroviaire avec le nord de l'Europe.

Près de 700 policiers, assistés par un hélicoptère, ont participé mardi à l'opération, qui vise, à terme, l'évacuation totale des quelque 8400 personnes vivant depuis des mois dans le camp, dans des conditions dénoncées par les organisations humanitaires.

Selon la police, les premiers partants ont été transférés dans un centre d'accueil situé dans une zone industrielle de Thessalonique, la métropole du nord du pays. Une centaine d'entre eux ont toutefois refusé d'entrer dans le centre et sont partis à pied vers le centre-ville, selon une source policière.

À Genève, le Haut Commissariat pour les Réfugiés de l'ONU a jugé que la situation «évoluait dans le calme», rappelant son opposition à «l'usage de la force pour le transfert de personnes».

«Tant que le déplacement des gens d'Idomeni est fait en accord avec les normes (...) nous n'avons pas d'inquiétudes particulières», a commenté son porte-parole, Adrian Edwards.

À l'exception de la télé publique grecque Ert1 et de l'agence de presse nationale ANA, les médias étaient interdits d'accès.



«Des pions dans un jeu d'échecs»

Les images de Ert1 montraient, au milieu des tentes éparpillées dans des champs, des files de migrants devant des autocars, encadrés par de nombreux policiers.

Beaucoup, dont nombre de familles avec enfants, avaient entassé leurs affaires dans des sacs poubelles, d'autres dans des poussettes. Un groupe d'enfants patientait devant une tente, d'autres jouaient.

«Les policiers informent les gens qu'un transfert est en cours, et les haut-parleurs du camp diffusent le même message en arabe et en anglais», a expliqué à l'AFP une représentante sur place de l'ONG Médecins sans frontières, Vicky Markolefa. Le seul problème, selon elle, est que «les gens ne sont peut être pas bien informés de leur destination».

Ajournée plusieurs fois, l'opération a finalement été lancée par les autorités grecques après l'ouverture de plus de 6000 places d'accueil dans sept centres et deux camps de tente aménagés récemment dans la région.

La Commission européenne a salué lundi «toute initiative des autorités grecques» pour vider le camp.

Mais plusieurs ONG ont appelé Athènes à y garantir des conditions d'accueil dignes, en particulier pour les nombreux enfants, et l'accès aux procédures d'asile et de relocalisation dans l'UE.

«Les migrants (...) sont traités comme des pions dans un jeu d'échecs», a déclaré l'ONG Oxfam dans un communiqué, critiquant la gestion européenne de la crise migratoire.

«Les dirigeants européens doivent assurer des routes sûres et légales pour ceux qui cherchent à entrer en Europe», a ajouté Oxfam.

Sur la même ligne, International rescue committee (IRC) se demandait pourquoi l'Europe «a fait si peu» pour les migrants.

«Pour combien de temps tous ces gens qui fuient la guerre et les conflits vont-ils rester dans des tentes dans des camps de réfugiés en Grèce?» s'interrogeait mardi IRC dans un communiqué.

Il y a actuellement plus de 54 000 migrants bloqués en Grèce, selon les estimations du gouvernement.

Depuis le début de l'année, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) affirme que 190 000 migrants sont entrés en Europe par voie maritime. 1359 sont morts pendant le trajet.

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