Douze réfugiés syriens quittent Lesbos avec le pape

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Le pape accueille les familles de réfugiés à leur arrivée à Rome, samedi.

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Crise migratoire

International

Crise migratoire

Pour tout savoir sur la crise migratoire sans précédent qui perturbe l'Europe. »

Fanny CARRIER, Odile DUPERRY
Agence France-Presse
LESBOS

« Nous sommes tous des migrants » : à Lesbos, symbole du verrouillage croissant de l'accès à l'Europe, le pape a appelé samedi le monde à répondre de manière « digne » à l'exode enclenché en 2015, et montré l'exemple en emmenant au Vatican 12 réfugiés syriens.

Un groupe de réfugiés syriens s'apprête à embarquer... (PHOTO FILIPPO MONTEFORTE, AFP) - image 1.0

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Un groupe de réfugiés syriens s'apprête à embarquer sur l'avion du pape, à Lesbos.

PHOTO FILIPPO MONTEFORTE, AFP

Le pape François est allé à la rencontre... (AP) - image 1.1

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Le pape François est allé à la rencontre de réfugiés syriens samedi, lors de son passage sur l'île grecque de Lesbos.

AP

Il s'agit de trois familles musulmanes dont les « maisons ont été bombardées », l'une venant d'une zone occupée par l'État islamique (EI), a précisé le Vatican.

Dans l'avion qui le ramenait à Rome, le pape a expliqué qu'il s'agissait d'un « geste humanitaire ». Ils séjourneront avec les deux familles syriennes qui sont déjà dans les deux paroisses du Vatican, après son appel de l'automne à ce que chaque paroisse accueille une famille de migrants.

Il a dit n'avoir « pas fait de choix ». « Ces trois familles avaient leurs papiers en règle (...), il y avait deux familles chrétiennes mais leurs papiers n'étaient pas prêts ».

De toute façon, a-t-il martelé, la religion ne donne pas droit à « une dérogation », « tous les réfugiés sont fils de Dieu ».

Comme il l'avait fait en 2013, à peine élu, sur l'île italienne de Lampedusa, après de terribles naufrages, le pape a de nouveau cherché samedi à secouer ce qu'il avait appelé alors « la mondialisation de l'indifférence ».

À Lesbos, en compagnie cette fois du patriarche de Constantinople Bartholomée et de Ieronymos, l'archevêque orthodoxe d'Athènes et de toute la Grèce, il s'est rendu au centre fermé de Moria, dans lequel 3000 personnes, dont des femmes enceintes, des enfants, et d'autres personnes considérées comme vulnérables, sont enfermées.

« Bon Samaritain »

Elles sont arrivées depuis l'entrée en vigueur de l'accord UE-Turquie prévoyant le renvoi de tous les arrivants en situation irrégulière à partir du 20 mars vers la Turquie, y compris les demandeurs d'asile syriens.

« Vous n'êtes pas seuls (...). Ne perdez pas espoir! », leur a lancé François. Auprès des journalistes dans l'avion du retour, il s'est refusé à commenter l'accord : « Je ne fais pas de conjectures politiques, cet accord je ne le connais pas ».

Les 12 réfugiés qu'il a emmenés étaient arrivés avant le 20 mars.

Les trois dignitaires religieux ont pris un bain de foule. On leur a tendu des enfants à embrasser, ils ont serré des centaines de mains, partagé un repas frugal avec des migrants.

Des enfants ont donné au pape des dessins, évoquant la paix, ou leur traversée de la mer. François les a soigneusement emportés.

Il a implicitement critiqué les dirigeants européens et leur frilosité à accueillir les exilés, malgré leurs engagements, souhaitant aux migrants que « nos frères et soeurs de ce continent, comme le Bon samaritain, vous viennent en aide », dans « un esprit de fraternité ».

Il a aussi appelé le monde à répondre à cette crise de manière « digne de notre humanité commune ».

Sur le chemin du retour, il a cependant déclaré « comprendre les peuples qui ont une certaine peur » d'accueillir des migrants. « Nous devons avoir une grande responsabilité dans l'accueil », a-t-il concédé.

« Une journée très forte »

Remarquant que les terroristes sont parfois eux-mêmes « fils de l'Europe », Jorge Bergoglio a surtout appelé celle-ci à « retrouver cette capacité d'intégration qu'elle a toujours eue ».

À Moria, le pape a été accueilli aux cris de « Freedom » (liberté). Les conditions de vie dans ce camp surchargé sont jugées indignes par les ONG et certains portaient une pancarte avec le mot « help » (à l'aide).

François, Bartholomée et Ieronymos ont signé un appel commun au monde à répondre avec « courage » à cette « crise humanitaire colossale », dans une rare manifestation d'unité entre catholiques et orthodoxes.

Le premier ministre de gauche grec, Alexis Tsipras, avait quant à lui dénoncé en accueillant le pape « certains partenaires européens qui au nom de l'Europe chrétienne ont élevé des murs ».

Changement de décor et de public dans l'après-midi : devant une foule d'habitants et de touristes, les trois chefs religieux ont rendu hommage sur le port de Mytilène aux centaines de migrants morts noyés depuis l'an dernier - 375 encore cette année - en traversant le bras de la mer Égée qui sépare la Turquie de Lesbos et à la population de l'île pour son aide aux arrivants.

L'accord UE-Turquie, qui a fait chuter le nombre des arrivées, a raréfié ces tragédies.

Minute de silence, lancement à la mer de trois couronnes de fleurs.

Le pape a dénoncé les « lâches bourreaux » qui poussent les migrants à ces voyages, ou les trafiquants d'armes. « Je conseillerais à ces trafiquants de venir passer une journée à Moria. Je pense que ce serait salutaire », a-t-il déclaré en retournant au Vatican.

« Une journée très forte » : visiblement marqué par ses échanges, c'est ainsi que le pape a qualifié cette visite.

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