L'ONU «profondément préoccupée» par l'ébauche d'accord entre l'UE et la Turquie

L'UE et la Turquie ont trouvé un accord... (PHOTO DIMITAR DILKOFF, AFP)

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L'UE et la Turquie ont trouvé un accord de principe, lundi à l'occasion d'un sommet extraordinaire à Bruxelles, pour intensifier leur coopération afin de tarir pour de bon l'afflux de migrants sur les côtes grecques.

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Crise migratoire

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Agence France-Presse
STRASBOURG

Le haut-commissaire aux réfugiés de l'ONU, Filippo Grandi, s'est dit mardi «profondément préoccupé» par l'accord ébauché la veille entre Ankara et l'Union européenne, qui prévoit notamment de renvoyer tous les migrants vers la Turquie, y compris les demandeurs d'asile syriens.

«Je suis profondément préoccupé par tout arrangement qui impliquerait le retour indiscriminé de gens d'un pays à un autre et ne détaillerait pas les garanties de protection des réfugiés en vertu du droit international», a indiqué M. Grandi devant le Parlement européen à Strasbourg.

L'UE et la Turquie ont trouvé un accord de principe, lundi à l'occasion d'un sommet extraordinaire à Bruxelles, pour intensifier leur coopération afin de tarir pour de bon l'afflux de migrants sur les côtes grecques.

Ils se sont donné dix jours, jusqu'à un autre sommet européen, les 17 et 18 mars, pour affiner les détails.

Mais les 28 ont d'ores et déjà «chaleureusement salué» les propositions d'Ankara, et notamment sa proposition d'accepter le retour de tous les migrants, y compris des réfugiés syriens, même si pour cette catégorie, l'UE s'engagerait à reprendre par des voies légales autant de Syriens directement depuis le territoire turc qu'elle en a renvoyé vers la Turquie.

En contrepartie, la Turquie exige 3 milliards d'euros (environ 4,4 milliards de dollars CAN) d'aide supplémentaire d'ici à 2018, un régime sans visas pour ses ressortissants voulant voyager dans l'UE dès fin juin et l'ouverture rapide de négociations sur cinq nouveaux chapitres d'adhésion.

M. Grandi a énuméré trois conditions préalables pour que les retours de demandeurs d'asile vers «un pays tiers» puissent être considérés conformes au droit international.

Le pays destinataire doit d'abord assumer «la responsabilité d'examiner la demande d'asile», a-t-il expliqué. Mais surtout, un réfugié sera «protégé du refoulement», c'est-à-dire d'une expulsion sans autre forme de procès, et enfin, s'il obtient l'asile, il doit pouvoir «bénéficier de l'asile conformément aux standards internationaux et avoir pleinement et réellement accès à l'éducation, à l'emploi, aux soins de santé et si besoin, à l'aide sociale», a souligné M. Grandi.

«Ces garanties doivent être détaillées légalement et elles devraient gouverner tout mécanisme dans lequel la responsabilité d'examiner une demande d'asile est transférée» à un pays tiers, en l'occurrence par l'UE à la Turquie, a insisté le haut-commissaire de l'ONU.

Un porte-parole de la Commission européenne, Alexandre Winterstein, a assuré mardi que «les détails qui doivent encore être affinés (...) seront évidemment pleinement conformes à la fois au droit européen et international».

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