Nouvelles restrictions dans les Balkans au risque d'un «désastre»

Un réfugié syrien est assis devant une clôture... (PHOTO YANNIS BEHRAKIS, REUTERS)

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Un réfugié syrien est assis devant une clôture barbelée érigée à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, le 26 février.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Bojan KAVCIC, Hélène COLLIOPOULOU
Agence France-Presse
LJUBLJANA, ATHÈNES

Les frontières se referment inexorablement pour les candidats à l'asile en Europe, avec l'instauration de nouveaux quotas dans les Balkans qui vont piéger en Grèce un nombre croissant d'entre eux et creuser les divisions européennes au risque d'un «désastre».

Ces restrictions unilatérales ont été désavouées tant par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon que par la Commission européenne.

M. Ban a souligné que les quotas «ne sont pas conformes» à la Convention de 1951 sur les réfugiés. Et dans un avis juridique consulté par l'AFP, la Commission a jugé illégal le fait pour un pays de l'UE d'établir des quotas de demandeurs d'asile.

C'est ce qu'ont fait à leur tour vendredi les pays de la «voie des Balkans». Après avoir renforcé ces derniers jours le filtrage aux frontières allant de la Macédoine à l'Autriche, ils ont annoncé un nouveau volet de leur plan de contingentement des migrants : limiter à 580 le nombre quotidien d'hommes, de femmes et d'enfants transitant vers l'Europe du nord.

Ce plafond sera mis en oeuvre en Slovénie, Croatie, Serbie et Macédoine.

Voisine de la Slovénie et première à imposer des quotas il y a une semaine, l'Autriche verrait ainsi automatiquement baisser l'affluence à ses frontières, alors que son gouvernement mène la dissidence des pays membres de l'UE partisans d'une réduction drastique et immédiate du flux de migrants.

En quête d'un rapprochement de plus en plus hypothétique des 28 sur cette question, le président du Conseil européen Donald Tusk se rendra la semaine prochaine à Vienne, Ljubljana, Zagreb, Skopje et Athènes avant un sommet UE-Turquie le 7 mars.

Le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, a prévenu que l'Europe irait «au désastre» s'il n'y avait pas «de convergence et une compréhension» lors de ce sommet à Bruxelles.

La détermination de Vienne à contenir les demandeurs d'asile en deçà des frontières grecques s'est traduite par une nouvelle passe d'armes diplomatiques avec Athènes.

Vendredi, la Grèce a refusé de recevoir la ministre autrichienne de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner, qui souhaitait venir «expliquer la position autrichienne en détail et directement» à ses homologues grecs.

Le refus grec intervient au lendemain du rappel par Athènes de son ambassadrice à Vienne pour «consultations», en signe de protestation contre la tenue mercredi d'une réunion des pays des Balkans et de l'Autriche sur la crise migratoire, à laquelle la Grèce n'était pas associée.

Migrants sur des traversiers

La Commission européenne et l'Allemagne continuent de voir dans la collaboration avec la Turquie une des principales clés en vue d'une sortie de crise, comptant sur Ankara pour freiner l'arrivée de migrants dans l'UE, en échange d'une aide de 3 milliards d'euros (près de 4,5 milliards de dollars CAN).

Les décisions de l'Autriche et des pays des Balkans montrent qu'ils n'attendent plus grand-chose de ce plan.

Ljubjana a expliqué que le nouveau quota quotidien de 580 migrants avait été décidé la semaine passée lors d'une réunion des polices des pays de quatre pays des Balkans (Serbie, Slovénie, Macédoine, Croatie) et de l'Autriche à Zagreb.

C'est au cours de cette réunion qu'avait également été décidé de refouler aux frontières les migrants ne pouvant présenter de papiers d'identité ou de documents jugés crédibles.

Ces restrictions en cascade ont provoqué un engorgement en Grèce. Quelque 20 000 migrants y étaient bloqués vendredi, dont 5000 à la frontière macédonienne où les admissions se font au compte-goutte : 150 personnes sont passées vendredi.

La Grèce se débat pour trouver des solutions d'hébergements d'urgence, envisageant même un accueil à bord de traversiers amarrés dans les ports des îles.

Selon Tirana, un itinéraire de contournement semble se mettre en place avec un nombre croissant de migrants tentant de passer par l'Albanie. «Nous n'allons pas ouvrir la frontière», a d'emblée prévenu leur premier ministre Edi Rama.

Le nombre de demandeurs d'asile arrivés par la Méditerranée a atteint près de 120 000 depuis janvier, selon les derniers chiffres de l'ONU.

L'Allemagne a dit vendredi ne pas savoir où se trouvent 13 % du million de migrants enregistrés en 2015, ceux-ci ne s'étant pas présentés dans les foyers où ils devaient se rendre, peut-être à cause d'un retour dans le pays d'origine, la poursuite du voyage vers un autre pays ou bien une plongée dans l'illégalité.

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