Migrants: la Grèce affirme avoir rempli son contrat

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«Le jeu de renvoyer les responsabilités sur la Grèce est terminé», a estimé le ministre de la Défense, Panos Kammenos, deux jours avant un sommet de l'UE en vue duquel ses partenaires réclamaient à Athènes des progrès substantiels pour mieux contrôler ses frontières et les flux migratoires.

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Catherine BOITARD
Agence France-Presse
Athènes

La Grèce s'est prévalue mardi d'avoir rempli son contrat migratoire envers l'UE à temps pour un sommet européen à haut risque pour elle, avec l'ouverture de quatre des cinq points névralgiques promis sur ses îles et son accord à une mission de l'OTAN destinée à tarir les départs des côtes turques.

«Le jeu de renvoyer les responsabilités sur la Grèce est terminé», a estimé le ministre de la Défense, Panos Kammenos, deux jours avant un sommet de l'UE en vue duquel ses partenaires réclamaient à Athènes des progrès substantiels pour mieux contrôler ses frontières et les flux migratoires.

«La Grèce a honoré ses engagements, nous attendons que l'autre partie le fasse», a dit son ministre adjoint, Dimitris Vitsas. Il a mis en garde les Européens contre la tentation de «s'enfermer chacun dans son petit château fort qui tombera».

En visite à Athènes dans le cadre d'une tournée avant le sommet, le président du Conseil européen, Donald Tusk, lui a fait écho : «Exclure la Grèce de Schengen ne résout aucun de nos problèmes», a-t-il souligné après un entretien avec le premier ministre Alexis Tsipras.

La Grèce reste néanmoins sous pression de l'UE qui lui a donné trois mois pour pallier de «sérieuses défaillances» dans sa gestion migratoire, notamment en matière d'identification de possibles suspects. Faute de quoi, l'UE se réserve le droit de rétablir les contrôles aux frontières intérieures pour deux ans maximum, au risque d'isoler la Grèce.

Dans l'immédiat, le pays a finalisé avec quatre mois de retard la mise en place des névralgiques prévus sur ses îles égéennes, première porte d'entrée en Europe des 900 000 réfugiés et migrants arrivés depuis 2015, a annoncé M. Kammenos.

Ces centres sont le pivot de la réponse européenne à l'exode en cours. Chacun doit pouvoir accueillir un millier d'arrivants pour 72 heures, le temps qu'ils soient enregistrés, que leurs empreintes digitales soient prises, que l'éventuelle présence de jihadistes soit décelée, et qu'une sélection soit opérée entre ceux éligibles à l'asile et à la répartition dans l'UE, et les migrants voués au renvoi.

Quatre sont «prêts», à Lesbos, Chios, Leros et Samos, et le cinquième, à Kos, où une partie de la population fait de la résistance, le sera «dans cinq jours», a promis M. Kammenos. Le pays conclut aussi la construction de deux centres d'accueil de 4000 places chacun, à Schistos, près d'Athènes, et Diavata, près de Thessalonique (nord).

Le ministre dans la foulée a entamé une tournée de ces sites, en se rendant à Schistos avant d'embarquer pour les îles à bord d'un hélicoptère.

La «solution définitive en Turquie

L'armée avait été appelée à la rescousse au début du mois alors que la Grèce était sur la sellette de l'UE. Certains de ses partenaires, notamment baltes et du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie) agitent la menace d'un verrouillage de sa frontière nord pour retenir sur son territoire les centaines de milliers d'arrivants.

Rejetant ces appels dictés «par la peur», le ministre à la politique migratoire, Yannis Mouzalas, s'est prévalu de ce que «tous les grands dirigeants de l'UE sont contre la fermeture des frontières».

Dans tous les cas, la «solution définitive» à la crise migratoire réside en Turquie, a réaffirmé M. Kammenos. Là aussi, la Grèce estime avoir fait sa part, en acceptant mercredi dernier un plan allemand de déploiement en Mer Égée d'une mission de l'OTAN chargée de tarir les départs depuis les côtes turques.

«La Turquie est désormais obligée de ne pas laisser partir les réfugiés et migrants», a insisté le ministre, précisant que la Grèce pourrait mettre à disposition de cette force jusqu'à huit bateaux de guerre.

Dans le sillage de cette décision, le vice-ministre grec de l'Intérieur, Nikos Toskas, a fait état d'une «forte réduction des arrivées sur les îles», passées ces trois derniers jours d'environ 2500 quotidiennes à quelque 200». «Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais cela confirme que la Turquie détient la clé des flux», a-t-il insisté.

M. Kammenos a toutefois indiqué, à l'encontre de déclarations précédentes et d'affirmations de son homologue allemande, Ursula Von der Leyen, que les arrivants interceptés en eaux grecques dans le cadre de cette opération ne seront pas renvoyés directement en Turquie, mais passeront d'abord par les névralgiques.

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