Naufrage de migrants en mer Égée: au moins 37 morts

Les migrants, originaires de Syrie, d'Afghanistan, mais aussi... (PHOTO REUTERS)

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Les migrants, originaires de Syrie, d'Afghanistan, mais aussi de Birmanie, tentaient de rejoindre l'île grecque de Lesbos depuis la province turque de Canakkale.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
AYVACIK, Turquie

Au moins 37 migrants, surtout des femmes et des enfants, se sont noyés en tentant samedi de gagner la Grèce depuis la Turquie, après un nouveau naufrage qui s'ajoute aux drames successifs ces derniers jours en mer Égée.

Originaires de Syrie, d'Afghanistan mais aussi de Birmanie, ils voulaient accoster sur l'île de Lesbos depuis la province turque de Canakkale. Les gardes-côtes turcs ont fait état d'au moins 37 morts, précisant avoir pu secourir 75 personnes.

Un photographe de l'AFP a vu les corps d'une vingtaine de migrants, dont plusieurs enfants, sur le rivage près de la ville d'Ayvacik. Parmi eux, un tout petit garçon allongé sur le dos, visage recouvert d'un bonnet bleu et tétine tombée à proximité, évoque immanquablement la découverte du petit Syrien Aylan Kurdi qui avait ému la planète en septembre

Le corps d'un bébé a également été repêché, selon ce photographe.

« Nous sommes très tristes. Au moins 20 de nos amis sont portés disparus », a déclaré un survivant en pleurs à l'AFP.

L'embarcation qui a chaviré se trouvait à quelque 50 mètres des côtes turques et des gilets de sauvetage ainsi que des effets personnels des noyés étaient visibles sur la plage.

Des volontaires locaux se sont joints aux gardes-côtes et aux plongeurs qui recherchaient des disparus, selon le photographe de l'AFP.

Jeudi déjà, 24 migrants dont 10 enfants étaient morts noyés au large de l'île grecque de Samos. Et la veille, sept personnes dont deux enfants au large de l'île de Kos. La semaine dernière, 45 migrants avaient péri dans trois naufrages dans la même zone.

46 240 arrivées depuis le début de l'année 

Malgré les conditions hivernales et les restrictions imposées par certains pays européens, qui ont rétabli les contrôles à leurs frontières, les arrivées se sont poursuivies tout au long de janvier.

Au total, les arrivées de migrants par la Méditerranée en Europe se sont élevées à 46 240 depuis le début de l'année, dont 44 040 sont passés par la Grèce et 2.200 par l'Italie, selon le Haut commissariat des réfugiés des Nations unies.

L'écrasante majorité, soit 84 %, sont des réfugiés, ressortissants de pays situés dans des zones de conflits. Quelque 200 personnes sont mortes ou sont portées disparues, selon le HCR.

La Turquie, qui accueille officiellement plus de 2,2 millions de Syriens et 300 000 Irakiens qui ont fui leur pays en guerre, est devenue l'un des principaux points de départ des migrants qui veulent s'installer en Europe.

Ankara et Bruxelles ont signé fin novembre un « plan d'action » qui prévoit une aide européenne de 3 milliards d'euros aux autorités turques en échange de leur engagement à mieux contrôler leurs frontières et à lutter contre les passeurs.

Mais Rome bloque ce dossier afin que davantage de fonds européens que ce qui est prévu à l'heure actuelle soient utilisés pour financer les 3 milliards d'euros. Jusqu'ici, il est prévu que le budget de l'UE en prenne un tiers à son compte, le reste devant être financé par les États européens.

L'Italie veut aussi un contrôle sur la manière dont les fonds sont utilisés par Ankara.

Le ministre turc des Affaires européennes, Volkan Bozkir, a écarté samedi tout problème avec l'Italie et affirmé que les fonds seraient débloqués en février.

« Les trois milliards d'euros parviendront à la Turquie avant la fin du mois de février », a déclaré le ministre, en visite officielle à Rome, cité par l'agence Anatolie.

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