L'OCDE propose dix mesures pour mieux intégrer les réfugiés

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L'OCDE plaide pour recenser et valoriser les qualifications des migrants, notant que ceux qui arrivent ont généralement un niveau de formation supérieur à la moyenne de leurs compatriotes.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
PARIS

Faciliter l'accès à l'emploi et à la formation pour les migrants les plus sûrs d'obtenir l'asile: c'est l'une des dix propositions de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour favoriser l'intégration des réfugiés, dans un rapport publié jeudi.

«Il est probable, au vu des conditions terribles qu'ils laissent derrière eux, que beaucoup de migrants vont s'installer dans la durée», écrit l'OCDE dans ce rapport en anglais consacré à l'intégration des réfugiés et demandeurs d'asile.

En la matière, «il est crucial d'agir tôt», et pas seulement pour les besoins les plus urgents comme l'hébergement ou la santé. L'assistance devrait aussi porter sur la formation professionnelle, les cours de langue et l'évaluation des compétences, notamment «pour les migrants réfugiés et les demandeurs d'asile ayant de bonnes chances d'obtenir l'asile», note le rapport.

En Europe, les migrants les plus à même d'obtenir l'asile sont les Syriens, les Érythréens, les Irakiens et, dans une moindre mesure, les Afghans.

Plus les migrants ont accès tôt au marché du travail, «plus leurs perspectives d'intégration s'améliorent à long terme». Sinon «leurs compétences et leur expérience risquent de se détériorer», ajoute le rapport, qui avertit qu'«un réfugié au chômage pèse aussi sur les finances publiques».

C'est pourquoi, là où les procédures s'éternisent, ces migrants «originaires de pays avec des taux de reconnaissance des demandes d'asile très élevé» (75% par exemple) devraient bénéficier d'un accès au marché de l'emploi, même s'il est assorti de conditions, selon le rapport qui dresse une série de tableaux comparatifs des différents dispositifs en place selon les pays.

En France, les demandeurs d'asile ont accès au marché du travail, dans des conditions encadrées, neuf mois après leur demande, contre un mois au Portugal, trois mois en Allemagne et douze mois au Royaume-Uni. Dans beaucoup de pays, l'employeur doit cependant prouver qu'il ne pouvait trouver d'autre candidat.

En matière de formation, les politiques varient aussi: l'Allemagne prévoit des cours de langue et d'éducation civique pour les demandeurs d'asile à fort taux d'admission, l'Espagne a aussi mis en place une évaluation des compétences. En France ces formations sont réservées aux réfugiés ayant le statut.

L'OCDE plaide également pour recenser et valoriser les qualifications des migrants, en notant que «ceux qui arrivent sont rarement parmi les plus pauvres», avec un niveau de formation supérieur à la moyenne de leurs compatriotes.

Le Royaume-Uni accueillera des enfants séparés de leurs parents

Le Royaume-Uni va accueillir des enfants réfugiés qui ont été séparés de leur famille par les conflits en Syrie et dans d'autres pays, a annoncé jeudi le gouvernement britannique, sans préciser le nombre des enfants concernés.

«La crise en Syrie et les événements au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au-delà ont séparé un grand nombre d'enfants réfugiés de leur famille», souligne le secrétaire d'État à l'Immigration, James Brokenshire, dans un communiqué.

Londres a demandé au Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) d'«identifier les situations exceptionnelles dans lesquelles le mieux pour l'enfant est d'être relocalisé en Grande-Bretagne et (de) nous aider à les amener ici», ajoute M. Brokenshire, estimant qu'il était préférable pour une «large majorité» d'entre eux de rester non loin de leur pays d'origine avec des membres de leur famille élargie.

Une porte-parole du ministère de l'Intérieur a indiqué qu'elle ne pouvait pas préciser le nombre des enfants concernés.

«Nous allons travailler avec les autorités en Grèce et en Italie pour étudier le cas d'enfants non accompagnés ou orphelins présents dans ces pays après avoir quitté la Syrie et qui ont un lien familial direct au Royaume-Uni», a précisé un porte-parole de David Cameron.

«Nous essayons de protéger les enfants de toute exploitation par des trafiquants», a-t-il ajouté.

L'ONG Save the Children fait campagne pour que la Grande-Bretagne accueille au moins 3000 enfants qui sont arrivés en Europe sans parents ou sans famille pour les prendre en charge.

Le gouvernement britannique prévoit d'injecter jusqu'à 10 millions de livres (environ 20 millions de dollars) dans un nouveau fonds pour aider les enfants réfugiés qui se trouvent déjà en Europe.

Londres a refusé le plan de la Commission européenne visant à répartir 160 000 demandeurs d'asile entre les pays de l'Union européenne en fonction de leur situation économique et démographique.

Mais le premier ministre David Cameron avait indiqué en septembre que son pays accueillerait, d'ici à 2020, 20 000 réfugiés se trouvant dans des camps dans les pays frontaliers de la Syrie.

Plus de 1000 personnes, dont la moitié sont des enfants, sont jusqu'à présent arrivées en Grande-Bretagne.

L'immigration est l'un des sujets les plus sensibles dans ce pays, où le solde migratoire a atteint un plus haut historique l'année dernière, avec 336 000 personnes, selon les statistiques officielles.

Pendant son premier mandat, M. Cameron s'était fixé pour objectif de limiter le solde migratoire à moins de 100 000 personnes.

Le premier ministre britannique a été accusé mercredi d'avoir tenu des propos «choquants» en évoquant la «bande de migrants» qui vivent dans des camps à Calais, dans le nord de la France, d'où la plupart espèrent gagner la Grande-Bretagne.

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