Réfugiés: la tante d'Alan Kurdi invitée à remplir une autre demande

La tante du petit Alan, Tima Kurdi... (Photo Darryl Dyck, La Presse Canadienne)

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La tante du petit Alan, Tima Kurdi

Photo Darryl Dyck, La Presse Canadienne

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

La Presse Canadienne
VANCOUVER

La tante du garçon syrien dont le corps sans vie a été photographié sur une plage de la Méditerranée a indiqué que des responsables gouvernementaux canadiens l'avaient invitée à remplir une autre demande de statut de réfugié pour l'un de ses frères et sa famille.

La demande de Tima Kurdi pour permettre l'entrée de son frère Mohammed et sa famille au Canada avait été rejetée puisque les documents nécessaires n'avaient pas tous été fournis.

Mme Kurdi a expliqué qu'un employé de Citoyenneté et Immigration Canada l'avait contactée la semaine dernière et demandé qu'elle fasse à nouveau application pour Mohammed.

Elle a ajouté que le gouvernement ne demandait plus un document des Nations unies difficile à obtenir et qui était nécessaire pour satisfaire aux normes du Canada pour obtenir le statut de réfugié.

Cependant, Mme Kurdi a rappelé que ces changements arrivaient trop tard pour sauver la femme et les deux enfants de son autre frère, Abdullah, qui sont morts noyés en tentant de franchir les eaux dangereuses entre la Turquie et la Grèce.

«Nous sommes toujours blessés par cette tragédie et par le sentiment de culpabilité de ne pas avoir sauvé sa famille», a déclaré Mme Kurdi, jeudi.

«C'est bien d'amener de la famille avec moi ici, mais il y aura toujours une partie de nos coeurs dont les blessures resteront vives.»

Abdullah aurait payé environ 5800 $ à des passeurs pour le voyage fatidique - de l'argent envoyé par sa soeur à partir du Canada.

La photo tragique du regretté fils d'Abdullah, Alan, a choqué la communauté internationale et a attiré l'attention sur la crise des migrants, un sujet qui s'est aussi retrouvé au coeur de la campagne électorale fédérale au Canada.

Sur la photo diffusée en septembre, on pouvait apercevoir le petit garçon avec le visage dans le sable, portant des pantalons bleus et un gaminet rouge.

Les partis d'opposition ont alors mis de la pression sur le premier ministre Stephen Harper pour qu'il accélère le processus d'accueil des réfugiés.

Au cours de la campagne électorale, le chef du Parti libéral Justin Trudeau a déclaré que le Canada devrait accueillir 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année, une promesse que Tima Kurdi espère que M. Trudeau respectera.

Elle aimerait aussi que M. Trudeau s'implique dans le processus d'admission d'Abdullah.

«Je pense qu'Abdullah est un cas spécial et il a besoin d'aide», a-t-elle déclaré.

Selon des rapports de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, environ 650 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée cette année et plus de 3000 d'entre elles sont mortes ou portées disparues. La majorité sont des personnes qui ont fui la Syrie.

Mme Kurdi a indiqué qu'elle s'était rendue au Moyen-Orient la semaine dernière pour visiter Abdullah, qui est installé à Erbil, en Irak.

Elle a mentionné que son frère se faisait à l'idée de venir au Canada, ce qu'il avait d'abord rejeté après la mort de sa famille.

Mme Kurdi a ajouté que son frère prévoyait créer un organisme caritatif portant le nom de ses fils avec l'objectif d'aider les autres enfants réfugiés.

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