La crise des migrants pourrait s'aggraver l'hiver

Un réfugié syrien en Autriche se protège du... (Photo Muhammed Muheisen, AP)

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Un réfugié syrien en Autriche se protège du froid, de même que sa petite-fille qu'il tient dans ses bras.

Photo Muhammed Muheisen, AP

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

Danica Kirka
Agence France-Presse
ZAGREB, Croatie

Un mois après la publication de la photo du petit Alan Kurdi noyé sur une plage turque et une semaine après la conclusion d'une entente des pays de l'Union européenne (UE) sur les migrants, la crise ne défraie plus les manchettes des journaux - mais elle n'est pas pour autant moins grave.

Alors que les migrants continuer d'affluer vers le nord et l'ouest de l'Europe, les organismes humanitaires se préparent à poursuivre leur travail pendant l'hiver. Ils craignent d'ailleurs que les problèmes ne s'aggravent avec la chute des températures.

Un représentant de l'agence des Nations unies pour les réfugiés dans la région des Balkans croit que ce mouvement des populations vers l'Europe de l'Ouest n'est pas près de ralentir. Babar Baloch a affirmé qu'on ne voyait actuellement que «la pointe de l'iceberg».

Plus d'un demi-million de gens ont traversé la mer Méditerranée vers l'Europe cette année - soit le double du bilan pour toute l'année dernière. Ces migrants ne proviennent pas tous de Syrie. Ils quittent l'Irak, l'Iran, l'Afghanistan et l'Érythrée pour fuir la guerre et la pauvreté.

L'UE a reconnu l'ampleur du problème la semaine dernière alors que les pays se sont entendus pour renforcer la sécurité aux frontières et pour verser au moins un milliard d'euros (environ 1,4 milliard $ canadiens) à la Turquie, au Liban et à la Jordanie pour les aider à gérer l'afflux important de migrants.

Les nouvelles mesures de sécurité à la frontière ne seront pas en vigueur avant le mois de novembre et une proposition pour déléguer plus de pouvoirs à l'agence européenne des services frontaliers ne sera déposée qu'au mois de décembre.

«J'ai visité récemment des camps de réfugiés en Turquie et en Jordanie. Je n'ai entendu qu'un seul message: nous sommes déterminés à aller en Europe. C'est clair que la plus grosse vague de réfugiés et de migrants est encore à venir», a déclaré le président du Conseil de l'Europe, Donald Tusk.

Bien que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ait remarqué une «baisse notable» de nouveaux migrants en Grèce, le porte-parole de l'agence a soutenu que «toute amélioration de la température» allait nécessairement entraîner une augmentation des arrivées.

Environ 1500 personnes ont gagné les côtes grecques, jeudi, comparativement à 5000 par jour dans les dernières semaines.

L'UE a été contrainte d'agir après la publication de la photo du petit Alan Kurdi gisant sur une plage de la Turquie. La mort du garçonnet de trois ans, qui s'est noyé avec son frère et sa mère lorsqu'ils tentaient de se rendre en Grèce, a suscité l'émoi de la communauté internationale.

L'arrivée massive de migrants a coïncidé avec un manque de financement des organismes venant en aide aux réfugiés syriens. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû couper son aide de moitié pour quelque 1,5 million de réfugiés établis en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Irak et en Égypte. Les membres de l'UE se sont engagés à renflouer l'organisme.

L'aide fournie notamment par le PAM est essentielle pour les réfugiés, qui peuvent difficilement se bâtir une nouvelle vie alors qu'il est impossible pour eux de travailler dans ces pays - ce qui rend l'option européenne attrayante.

«Il n'y a pas d'espoir, alors se déplacer semble être leur seule possibilité», a expliqué M. Baloch.

La Macédoine, le corridor principal pour les migrants qui se rendent vers la Grèce, se prépare à recevoir une masse de réfugiés pendant l'hiver. Les autorités installent des planchers et du chauffage dans les tentes au camp de réfugiés de Guevgueliya et les organismes fourniront des vêtements chauds et des couvertures.

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