Le climat tourne à l'aigre dans les Balkans

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La Croatie, saturée par l'arrivée de quelque 50 000 migrants sur son sol depuis une semaine en provenance de Serbie, les convoie vers la frontière où ils sont pris en charge par Budapest, qui les achemine directement à la frontière autrichienne, d'où ils poursuivent pour la plupart leur voyage.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

Peter MURPHY, Geza Molnar
Agence France-Presse
Budapest

Les relations se sont envenimées jeudi entre États des Balkans sur fond de crise des migrants, la Croatie et la Serbie bloquant un peu plus leur frontière commune et la Hongrie déployant des barbelés à sa frontière slovène, une première entre pays de l'espace Schengen.

L'Europe a encore un long chemin à parcourir avant de régler sa plus grande crise migratoire depuis 1945, a averti Berlin, alors que des milliers de migrants continuaient à affluer vers le nord du continent via les Balkans.

«Nous sommes très loin de là où il faut aller», a déclaré jeudi la chancelière allemande Angela Merkel, au lendemain d'un sommet extraordinaire où les Vingt-Huit sont convenus de renforcer les frontières extérieures de l'Union européenne, ainsi que l'aide humanitaire à leurs voisins.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé «les dirigeants européens à faire plus pour accueillir (les réfugiés) et traiter les demandes (d'asile) de manière digne et humaine».

Le pape François a lui estimé, depuis Washington, que la crise des réfugiés, «d'une ampleur inconnue depuis la Seconde Guerre mondiale», plaçait le monde «devant de grands défis et de nombreuses décisions difficiles». Ce sujet devrait à nouveau figurer en bonne place dans son discours vendredi devant l'Assemblée générale de l'ONU.

L'UE a conclu mardi un accord laborieux et controversé sur la répartition entre ses membres de 120 000 réfugiés syriens, irakiens et érythréens arrivés depuis fin août en Grèce et en Italie.

Pour Mme Merkel, cela ne suffit pas et la solution passe par «une procédure durable sur la répartition des réfugiés entre États membres».

Le premier ministre français Manuel Valls a déjà prévenu que la France, qui a proposé d'accueillir environ 30 000 réfugiés, n'ira pas au-delà.

La Hongrie du populiste Viktor Orban, partisan d'une ligne dure, a franchi une nouvelle étape jeudi, en commençant à dérouler des barbelés à sa frontière avec la Slovénie, pays qui appartient également à l'espace Schengen de libre-circulation.

Après avoir déjà rendu étanche sa frontière serbe, Budapest a posé des barbelés sur une partie de sa frontière avec la Croatie, par où transitent désormais la majorité des migrants, et veut anticiper un possible détournement du flux par la Slovénie.

«La protection efficace des frontières de Schengen ne peut être assurée qu'avec une clôture complète», a déclaré le porte-parole du gouvernement hongrois Janos Lazar.

Vifs échanges

Les migrants cheminent à travers les Balkans dans le but de rejoindre les pays riches du nord de l'Europe, en particulier l'Allemagne ou la Suède.

La Croatie, saturée par l'arrivée de quelque 50 000 migrants sur son sol depuis une semaine en provenance de Serbie, les convoie vers la frontière où ils sont pris en charge par Budapest, qui les achemine directement à la frontière autrichienne, d'où ils poursuivent pour la plupart leur voyage.

Après de vifs échanges avec son homologue autrichien Werner Faymann en marge du sommet de Bruxelles mercredi, M. Orban doit se rendre à Vienne vendredi pour évoquer à nouveau ce dossier.

Parallèlement, les tensions montent entre la Croatie et la Serbie - pays non membre de l'UE - qui ont décidé de bloquer un peu plus leur frontière commune. Zagreb insiste pour que Belgrade dirige le flot de migrants vers la Hongrie et la Roumanie plutôt que vers son territoire. De son côté, la Serbie a dénoncé une «agression» de la part de la Croatie.

Une conférence consacrée à cette route des Balkans aura lieu le 8 octobre à Luxembourg, en marge d'une nouvelle réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE sur la crise migratoire.

«Hotspots» fin octobre en Grèce

Le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré qu'il était temps de mettre un terme au «chaos actuel à nos frontières». C'est à cet objectif que doit répondre le programme d'action conclu entre les 28 pays de l'UE, qui prévoit de mobiliser au moins un milliard d'euros supplémentaires pour aider les réfugiés dans les pays voisins de la Syrie.

Ces fonds iront au Haut Commissariat aux réfugiés et au Programme alimentaire mondial.

Les dirigeants européens ont aussi insisté sur la nécessité de renforcer durablement les frontières européennes, en installant notamment des «hotspots» - centres d'accueil et d'enregistrement des migrants - en Italie et en Grèce.

Ces «hotspots», sous supervision européenne, seront mis en place «d'ici la fin novembre», a assuré M. Tusk. Le Service grec de premier accueil a annoncé l'entrée en fonctionnement d'ici la fin octobre de trois de ces centres sur les îles de Lesbos, Kos et Leros, en première ligne, en Égée orientale.

Au total, la Commission propose de mobiliser 1,7 milliard d'euros (2,5 milliards de dollars) pour faire face à cette crise, s'ajoutant à des sommes déjà prévues pour atteindre un total de 9,2 milliards d'euros (13,7 milliards de dollars).

Par ailleurs, les Européens ont assuré que dès le 7 octobre ils augmenteraient leur pression sur les trafiquants de migrants en intervenant, y compris par la force, dans les eaux internationales en face de la Libye.

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