Hongrie: des armes non létales contre les migrants

Des policiers anti-émeutes hongrois ont maille à partir... (PHOTO MARKO DJURICA, ARCHIVES REUTERS)

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Des policiers anti-émeutes hongrois ont maille à partir avec des migrants à la frontière serbo-hongroise, le 16 septembre.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

Agence France-Presse
BUDAPEST

Le Parlement hongrois a adopté lundi une nouvelle législation renforçant encore les pouvoirs de la police et de l'armée à l'encontre des migrants, autorisant notamment l'armée à faire usage, dans certaines circonstances, d'armes non létales.

Présentée par l'administration du premier ministre populiste Viktor Orban, la nouvelle loi, qui nécessitait une majorité des deux tiers, a été adoptée par 151 voix contre 12 et 27 abstentions.

Le texte entérine la possibilité de déployer massivement des militaires aux frontières et autorise dans certaines conditions l'armée et la police à employer contre les migrants toute une batterie d'armes non létales.

«Comme la police, (l'armée pourra faire usage) d'armes non létales : balles en caoutchouc, engins pyrotechniques, grenades lacrymogènes et fusils à filet», précise le texte.

Les militaires pourront de façon plus générale «faire usage d'armes coercitives destinées à causer des dommages physiques, mais d'une façon non létale», souligne la loi.

L'armée est également autorisée à procéder à des contrôles d'identité, et à la garde à vue de migrants.

Le dispositif, qui complète une législation antimigrants entrée en vigueur le 15 septembre, permet en outre à la police de perquisitionner tout domicile privé où des migrants sont soupçonnés de se trouver.

L'ONG Comité d'Helsinki s'est particulièrement inquiétée de ces nouvelles dispositions, soulignant que «les réfugiés ne doivent pas être traités comme des ennemis».

«Les pouvoirs accrus de l'armée et de la police ne doivent être mis en oeuvre qu'avec les plus grandes précautions, dans des situations qui impliquent des réfugiés qui eux-mêmes ont fui la guerre et le terrorisme et ont déjà subi des exactions de la police et des armées dans leurs pays», souligne l'ONG.

Les nouvelles mesures s'appliquent dans les zones où a été déclaré l'«état de crise dû à une immigration massive», une mesure ad hoc mise en oeuvre dans six départements limitrophes de la Serbie, la Croatie, la Slovénie et l'Autriche.

Dans un discours prononcé devant le Parlement avant l'adoption de la loi, M. Orban, un partisan de la ligne dure, a estimé que l'Europe était «submergée» par les migrants, un «danger», selon lui, pour le continent et son «mode de vie».

«Nos frontières sont en danger (...) La Hongrie et toute l'Europe sont en danger», a-t-il affirmé, à deux jours d'un sommet européen destiné à trouver une solution commune à la crise migratoire. «On ne peut pas laisser entrer ceux qui nous submergent», a-t-il ajouté.

La Hongrie a vu transiter 225 000 migrants depuis le début de l'année, qui dans leur très grande majorité ont poursuivi leur route vers l'ouest de l'Europe.

Budapest a fait ériger une clôture barbelée sur les 175 km de sa frontière avec la Serbie, et a entrepris de faire de même sur des segments de ses frontières avec la Roumanie et la Croatie.

Plusieurs milliers de migrants ont continué à entrer dans le pays au cours du week-end, principalement depuis la Croatie, avant d'être conduits à la frontière autrichienne par les autorités hongroises.

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