Les migrants bloqués en Serbie en quête d'autres routes

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Avec l'aide de l'armée, Budapest a de facto fermé mardi aux réfugiés toute sa frontière avec la Serbie, par où étaient passés la grande majorité des 200 000 migrants qui ont transité par le pays cette année.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

Agence France-Presse
Šid, Serbie

Un premier bus transportant des migrants depuis le sud de la Serbie devrait arriver tôt mercredi matin à Sid, près de la frontière avec la Croatie, selon la presse locale, alors que des centaines d'autres réfugiés espéraient toujours une hypothétique réouverture de la frontière hongroise.

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Des soldats hongrois travaillent sur la clôture barbelée érigée à la frontière avec la Serbie, le 15 septembre.

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Déterminés à poursuivre leur route vers l'Allemagne, des migrants envisagent désormais de contourner la Hongrie, barricadée derrière une clôture barbelée.

Mardi soir, au centre d'accueil des migrants de Presevo, dans le sud de la Serbie, à la frontière avec la Macédoine, des autobus, qui convoyaient jusqu'à présent les migrants vers la Hongrie, affichaient, selon la presse serbe, des pancartes avec une nouvelle destination: «Sid», une ville frontalière de la Croatie.

L'information a été confirmée à l'AFP par une source du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) à Presevo, mais pas de source officielle serbe.

Un premier bus est parti mardi vers 21h00 locales de Presevo vers Sid, à une centaine de km à l'ouest de Belgrade, selon la presse. S'il roule sans arrêt il aura besoin d'environ sept heures pour parcourir les quelque 500 km séparant les deux villes.

Pendant ce temps, la chancelière allemande Angela Merkel et son homologue autrichien Werner Faymann ont demandé la tenue d'un sommet européen rapidement pour s'entendre sur une répartition contraignante de 120 000 réfugiés après l'échec la veille des ministres de l'Intérieur des 28.

La principale difficulté sera de convaincre les pays d'Europe de l'Est (Hongrie, République tchèque, Pologne, Slovaquie et Roumanie) réticents jusqu'ici à accepter l'accueil massif de réfugiés dans un effort de solidarité commune. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, va mener des consultations et annoncera sa décision jeudi.

Le premier ministre slovaque Robert Fico a lui aussi souhaité un sommet de l'UE mais pour y réitérer son refus de se faire «dicter» des quotas.

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«Nulle part où rentrer» 

Près de 500 000 migrants sont arrivés depuis le début de l'année dans l'Union européenne contre 280 000 pour l'ensemble de 2014, selon les derniers chiffres mardi de l'agence européenne Frontex.

Belgrade a estimé être incapable de gérer le flux de migrants bloqués mardi en Serbie après la fermeture de la frontière par Budapest.

«L'idée de renvoyer vers la Serbie tous les migrants alors que d'autres ne cessent d'affluer, en provenance de Grèce et de Macédoine, est inacceptable», a protesté le chef de la diplomatie Ivica Dacic.

«J'exhorte la Hongrie à ouvrir sa frontière aux migrants. Au moins aux femmes et aux enfants», a dit à l'AFP son collègue chargé des réfugiés Aleksandar Vulin, au poste-frontière de Horgos où étaient encore massé une centaine de migrants mardi soir.

A Belgrade même, la plupart des réfugiés interrogés par l'AFP préféraient attendre la réouverture de la frontière hongroise plutôt que de choisir d'autres routes.

«On nous a dit qu'il existait un chemin par la Croatie et par la Slovénie, mais on a aussi entendu que si la police slovène nous attrapait, elle nous renverrait en Serbie, voire en Afghanistan», explique Alisina, un adolescent afghan de 15 ans, qui ronge son frein à Belgrade. «On ne peut pas faire marche arrière. Moi, j'ai perdu ma famille, mes parents, un frère et une soeur. Je n'ai nulle part où rentrer», confie-t-il en éclatant en sanglots.

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«La face hideuse» de l'Europe 

Avec l'aide de l'armée, Budapest a de facto fermé mardi aux réfugiés toute sa frontière avec la Serbie, par où étaient passés la grande majorité des 200 000 migrants qui ont transité par le pays cette année.

Le pays gouverné par Viktor Orban, partisan d'une ligne très dure face aux réfugiés, prévoit maintenant de construire une nouvelle clôture à sa frontière avec la Roumanie.

Bucarest a protesté en parlant d'une mesure «pas conforme à l'esprit européen».

Amnesty International a accusé la Hongrie de «montrer la face hideuse» de l'Europe dans cette crise.

En portant le dossier devant les chefs d'État de l'UE, l'Allemagne entend obtenir une répartition contraignante des migrants entre pays de l'UE, alors que Berlin accueille la majorité d'entre eux.

Berlin semble à bout de patience face aux divergences entre Européens sur la question. Deux ministres allemands ont agité mardi la menace d'une baisse des aides européennes aux pays de l'UE qui refuseraient de participer à l'effort.

Les ministres de l'Intérieur de l'UE doivent eux se retrouver le 22 septembre à Bruxelles pour une nouvelle réunion extraordinaire.

De son côté, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué «craindre que l'indécision de l'Europe n'entraîne des morts supplémentaires».

Au moins 22 personnes, dont quatre enfants, sont morts dans le naufrage de leur embarcation surchargée entre la Turquie et la Grèce mardi, venant grossir le chiffre de plus de 2800 victimes depuis janvier.

Débordée par l'afflux de dizaines de milliers de réfugiés - elle en attend jusqu'à un million en 2015 -, l'Allemagne avait annoncé dimanche soir le rétablissement des contrôles à la frontière, et a entraîné dans son sillage la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, la Pologne se disant prête à en faire de même.

L'Autriche a confirmé elle aussi mardi qu'elle allait introduire des contrôles frontaliers. Selon l'agence de presse APA entre 2500 et 3000 migrants quittaient toujours quotidiennement l'Autriche pour l'Allemagne ces derniers jours.

Les ministres de l'Intérieur de l'UE doivent eux se retrouver le 22 septembre à Bruxelles pour une nouvelle réunion extraordinaire.

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