Plusieurs pays européens refusent les quotas de réfugiés

Alors que les réfugiés continuent d'affluer sur les... (Photo Yannis Behrakis, Reuters)

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Alors que les réfugiés continuent d'affluer sur les routes d'Europe, les pays de l'UE peinent à trouver une solution commune à cette crise, avec l'Allemagne qui plaide en première ligne pour leur accueil.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

Jan MARCHAL, les bureaux européens de l'AFP
Agence France-Presse
Prague

Plusieurs pays européens ont affiché avec fermeté vendredi leur opposition à la politique de quotas obligatoires prônée par Berlin et Bruxelles pour intégrer le flot ininterrompu de réfugiés qui gagnent l'Europe dans des conditions parfois controversées, comme en Hongrie.

Samedi, des rassemblements pro-migrants pourraient réunir des dizaines de milliers de personnes à Londres, Berlin, Madrid et dans plusieurs autres villes d'Europe, selon les organisateurs. Quelques manifestations contre l'accueil des réfugiés ont également été annoncées en Pologne, en République tchèque, ou encore en Slovaquie.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, appuyé par son homologue luxembourgeois dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, s'est rendu à Prague pour tenter de convaincre les chefs de la diplomatie des pays du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie).

Mais la rencontre ne semble pas avoir rapproché les points de vue : les pays « doivent avoir le contrôle sur le nombre de réfugiés qu'ils sont prêts à accepter », a martelé devant la presse le chef de la diplomatie tchèque Lubomir Zaoralek.

Une position déjà défendue jeudi par la Roumanie, rejointe par le Danemark.

À Prague, le chef de la diplomatie allemande a réitéré le « besoin de solidarité européenne » face à la crise migratoire actuelle qui est, selon lui, « peut-être le plus grand défi de l'histoire de l'UE ».

Berlin, qui s'est dit prêt à accueillir jusqu'à 800 000 réfugiés cette année, pourrait en recevoir 40 000 rien que ce week-end, selon M. Steinmeier. Soit le quart des 160 000 arrivants que la Commission européenne souhaite répartir dès la semaine prochaine dans l'ensemble de l'UE.

« Pour survivre »

Si les Européens ne surmontent pas leurs divisions lors d'une réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur prévue lundi à Bruxelles, un sommet des 28 au niveau des chefs d'État et de gouvernement sera convoqué, a prévenu le président du Conseil européen Donald Tusk.

La Hongrie a proposé pour sa part d'intégrer aux discussions la Serbie et la Macédoine, des pays également submergés par l'afflux de candidats à l'exil fuyant surtout la Syrie.

Réunis à Luxembourg, les ministres des Finances de l'UE ont de leur côté demandé à la Commission de se pencher sur le coût de cette crise, qui risque de peser sur les budgets européen et nationaux.

Plus de 430 000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée depuis janvier, et près de 2748 y ont laissé la vie ou sont portés disparus, selon le dernier décompte de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) basée à Genève, publié vendredi.

Près de 310 000 d'entre eux sont arrivés en Grèce, et 121 000 en Italie. En outre, 2166 sont arrivés en Espagne et 100 à Malte.

Entre jeudi et vendredi, un record de 7600 migrants sont entrés en douze heures en Macédoine, a de son côté indiqué l'ONU.

Plus au nord, à Presevo, en territoire serbe, des centaines de migrants attendaient aussi les documents leur permettant de poursuivre leur voyage à travers cette ex-république yougoslave vers la Hongrie, porte d'entrée dans l'Union européenne.

« Le seul but de cet exode c'est de survivre », expliquait Wahid Rashid, 37 ans, qui tentait tant bien que mal de sécher son passeport, trempé par les pluies de la nuit, au-dessus d'un feu de bois improvisé.

Budapest espère bloquer net leur passage dès le 15 septembre grâce à une double clôture de fils de fer barbelés à la frontière serbe, et a annoncé avoir déployé 3800 soldats dans la zone avec pour « tâche prioritaire » d'en accélérer la construction par des prisonniers réquisitionnés.

En revanche, en Grèce, sur l'île de Lesbos, où quelque 22 500 migrants, soit plus du quart de la population, ont été recensés depuis lundi, la situation « se normalise », selon le ministre de la Marine marchande Christos Zoïs, grâce à la mise en place de navettes spéciales vers le continent.

Mais en soulageant Lesbos, ces départs tendent la situation aux frontières nord du pays avec la Macédoine, étape suivante de l'odyssée des migrants.

Conditions « inhumaines »

Ces derniers jours, les conditions d'accueil des migrants en Hongrie ont été à plusieurs reprises dénoncées.

Une vidéo filmée clandestinement à l'intérieur du plus grand camp de migrants à la frontière entre la Hongrie et la Serbie montrait vendredi les conditions « inhumaines » dans lesquelles la nourriture est distribuée, selon la volontaire autrichienne qui l'a diffusée.

On y voit quelque 150 migrants rassemblés entre des clôtures à l'intérieur d'un hall et se bousculant pour tenter d'attraper des sandwiches que leur lancent des policiers hongrois portant des casques et des masques hygiéniques.

Le premier ministre hongrois Viktor Orban a quant à lui « tiré son chapeau » à la police hongroise, estimant qu'elle avait fait preuve de retenue lors de plusieurs incidents avec les migrants, mais n'a pas commenté directement cette vidéo.

Les patrons des organisations internationales de coopération policière Interpol et d'Europol ont appelé à l'organisation d'un sommet des polices consacré aux filières d'immigration clandestine, qui ont atteint selon eux « des niveaux sans précédent ».

Avant les manifestations attendues samedi, un millier de personnes ont défilé vendredi à Venise, qui accueille son célèbre festival de cinéma, en soutien aux réfugiés. Le patronat belge a pour sa part présenté une série de mesures visant à aider et former les demandeurs d'asile.

La France a de son côté suspendu une consule honoraire en Turquie, propriétaire d'un magasin d'articles maritimes, qui vendait des canots aux migrants cherchant à gagner la Grèce au péril de leur vie.

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