Abdullah Kurdi blâme le Canada pour la mort de son fils

Abdullah Kurdi a dit au journal Die Welt qu'il ne... (PHOTO YASIN AKGUL, AFP)

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Abdullah Kurdi a dit au journal Die Welt qu'il ne comprenait pas pourquoi le Canada avait rejeté sa demande d'asile.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

La Presse Canadienne

Le père de l'enfant syrien Aylan Kurdi, mort noyé sur une plage turque la semaine dernière, a confié à un quotidien allemand qu'il tenait le Canada pour responsable de la tragédie, qui a aussi coûté la vie de sa femme et de son autre fils.

«Je voulais déménager (au Canada) avec ma famille et mon frère qui est actuellement en Allemagne. Mais ils nous ont refusé l'accès et je ne comprends pas pourquoi», a dit Abdullah Kurdi en entrevue téléphonique avec le journal Die Welt.

Le ministère canadien de la Citoyenneté et de l'Immigration soutient toutefois qu'il n'a reçu aucune requête en ce sens de sa part. Sa soeur, Tima Kurdi, qui habite à Coquitlam, en Colombie-Britannique, a affirmé qu'elle n'en avait pas fait la demande non plus.

Le ministère canadien a cependant confirmé avoir traité une requête pour son frère, Mohammed, qu'il a dû refuser parce qu'elle était incomplète et qu'elle ne remplissait pas les critères réglementaires concernant la preuve de reconnaissance du statut de réfugié.

Tina Kurdi a indiqué que, bien qu'elle n'ait pas envoyé de demande formelle pour son frère Abdullah, son cas avait été porté à l'attention du ministre de l'Immigration, Chris Alexander, lorsque le député néo-démocrate de la région lui a remis une lettre à la Chambre des communes, plus tôt cette année.

Abdullah Kurdi a indiqué qu'il travaillait en Turquie depuis deux ans lorsque les bombes ont commencé à tomber à Kobané, sa ville natale où vivaient toujours sa femme et ses deux enfants. «Je les ai emmenés en Turquie et c'est là que mon drame a commencé», a-t-il poursuivi.

Aylan, trois ans, son frère Ghalib, cinq ans, et leur mère, Rehanna, étaient parmi les 12 migrants qui se sont noyés, le 2 septembre, lorsque les deux bateaux qui les transportaient vers la Grèce ont chaviré.

Le père éploré a relaté qu'il avait payé les passeurs 4000 euros - de l'argent que lui avait prêté sa soeur - pour participer à la traversée qui s'est avérée tragique.

La photo maintenant célèbre du petit Aylan, gisant face contre sable sur une plage de la Turquie, a suscité l'indignation internationale et ravivé le débat sur la crise des réfugiés en Europe.

L'enjeu s'est également invité dans la campagne électorale du Canada alors que les partis de l'opposition ont demandé au premier ministre Stephen Harper d'accueillir plus de réfugiés au pays.

Après le drame, M. Kurdi est retourné en Syrie pour inhumer sa famille. Il a dit au quotidien allemand qu'il n'avait plus l'intention de s'installer au Canada.

Bien qu'il soit entouré d'amis et de sa famille, il affirme se sentir seul. «Chaque matin, je vais à leur tombe, je place des fleurs et je leur parle comme s'ils étaient toujours vivants», a-t-il confié.

M. Kurdi espère que ses enfants ne seront pas morts pour rien. «Tout le monde devrait regarder (la photo d'Aylan), parce que je crois que, grâce à cette photo, mes fils ont pu aider d'autres enfants en Syrie», a-t-il ajouté.

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