Famille Kurdi: plus de 200 personnes à une cérémonie en hommage aux victimes

Les trois victimes ont été inhumées vendredi en... (Photo Darryl Dyck, La Presse Canadienne)

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Les trois victimes ont été inhumées vendredi en Syrie, où le père a décidé de retourner vivre.

Photo Darryl Dyck, La Presse Canadienne

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

La Presse Canadienne
TORONTO

Plus de 200 personnes se sont rassemblées samedi dans une salle de théâtre de Vancouver pleine à craquer pour participer à une cérémonie à la mémoire des membres de la famille Kurdi, ces migrants syriens morts noyés cette semaine en Turquie.

Les proches de la famille Kurdi et plusieurs autres personnes se sont réunis dans la salle remplie de ballons blancs, de roses et de photos du petit Alan, âgé de trois ans, de son frère Ghalib, cinq ans, et de leur mère, Rehanna.

La tante des jeunes garçons, Tima Kurdi, qui habite Coquitlam, en Colombie-Britannique, enlaçait les membres de sa famille qui prenaient part à l'événement pendant qu'un diaporama présentant les photos des défunts était projeté sur le mur principal de la salle.

La publication de la photographie du petit Alan, gisant face contre sable sur une plage de la Turquie, a suscité l'indignation internationale. Mme Kurdi a déclaré à la cérémonie qu'en voyant l'image, elle avait tout de suite eu l'impression qu'il s'agissait de son neveu. Quelques heures plus tard, elle recevait l'appel qui a confirmé sa pire crainte.

Lorsqu'elle a appelé son frère Abdullah, le père des deux enfants, elle se souvient lui avoir dit qu'elle était «désolée» et que «c'était (sa) faute». Mme Kurdi se sent responsable de leur mort parce que c'est elle qui a prêté 5000$ à son frère pour qu'il paie les passeurs du bateau qui a fini par chavirer sur son trajet entre la Turquie et la Grèce.

Il lui a répondu de ne pas s'en vouloir, ajoutant que ses fils «s'étaient noyés et s'étaient sacrifiés pour réveiller le monde».

Mme Kurdi a ajouté qu'elle s'inquiétait beaucoup pour son frère, qui est maintenant seul à Kobané, en Syrie, où il dort au sol, près des tombes de sa femme et de ses enfants.

Elle a fondu en larmes lorsqu'elle a parlé de ses neveux qui n'avaient jamais connu une belle vie à cause de la guerre civile en Syrie. «Je n'ai plus rien à dire», a-t-elle conclu en quittant la scène.

Son fils Alan Kerim a dit à la foule que la crise des réfugiés n'était pas nouvelle, mais que ses cousins avaient été «choisis» pour ouvrir les yeux du monde.

Il n'a jamais rencontré son jeune cousin qui portait le même nom que lui, mais ses proches l'ont décrit comme un petit garçon joyeux malgré l'horreur qui l'entourait.

La députée néo-démocrate Fin Donnelly et sa collègue conservatrice Kerry-Lynne Findlay étaient présentes à la cérémonie.

Tima Kurdi a affirmé vendredi qu'elle tenterait éventuellement de ramener son frère auprès d'elle au Canada. Elle avait déjà présenté une demande de parrainage pour son autre frère, Mohammad, mais le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada avait exigé d'autres documents, a-t-elle indiqué, plus tôt cette semaine.

Mme Kurdi a expliqué que ce voyage en bateau était le «dernier recours» pour que sa famille fuie les horreurs de la guerre civile, possiblement vers l'Allemagne ou la Suède. Un membre de la belle-famille d'Abdullah Kurdi avait été décapité par les combattants du groupe armé État islamique.

Une collecte de fonds a récemment été lancée en ligne pour aider la famille Kurdi.

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