Messe inédite du pape François en Birmanie

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La foule présente lors de la messe en plein-air a été estimée à 150 000 personnes.

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Agence France-Presse
RANGOUN

«Venu offrir quelques paroles d'espérance», le pape François a célébré mercredi une messe en plein air en Birmanie, pays qui compte à peine plus de 1% de catholiques et qui accueille un souverain pontife pour la première fois.

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Le pape François a évité jusqu'ici toute mention à l'exode forcé des musulmans rohingya.

photo Vincenzo PINTO, AFP

Devant une foule colorée et très retenue de 150 000 personnes, arborant des vêtements ethniques et agitant une nuée de drapeaux birmans et du Vatican, le souverain pontife a confié avoir «longtemps attendu ce moment».

Entamant son homélie sous forme d'hommage à tous ceux qui ont fait le déplacement, il a humblement déclaré: «Je suis venu comme un pèlerin pour vous écouter et apprendre de vous, et pour vous offrir quelques paroles d'espérance et de consolation».

Très émus par la première visite d'un pape dans leur pays majoritairement bouddhiste, de nombreux catholiques ont passé la nuit dans un immense terrain de football du centre de Rangoun, la capitale économique. D'autres ont dormi dans des lieux improbables comme des cimetières d'églises.

Et pour cet événement historique, nombre d'entre eux avaient aussi fait le déplacement depuis d'autres pays de la région, comme la Thaïlande ou le Vietnam.

Le pape a lancé un appel au pardon et contre le désir de vengeance, même si en Birmanie «beaucoup portent les blessures de la violence, qu'elles soient visibles ou invisibles».

Ce pays d'Asie du Sud-Est est en proie depuis des décennies à des guerres civiles dans plusieurs régions et est secoué depuis trois mois par de graves violences dans l'ouest, qui ont poussé plus de 620 000 musulmans rohingya à fuir.

François, qui aime s'adresser aux petites communautés de croyants de la «périphérie» de la planète, a aussi montré son admiration pour l'Église «vivante» de la Birmanie.

«Au milieu d'une grande pauvreté et de difficultés, beaucoup parmi vous offrent concrètement assistance et solidarité aux pauvres et à ceux qui souffrent», y compris à des personnes d'autres minorités tribales, a-t-il admiré.

Élu en mars 2013, le pape argentin prône «une Église pauvre, pour les pauvres».

La Birmanie, à plus de 90% bouddhiste, compte environ 700 000 catholiques, soit un peu plus de 1% de la population totale.

Le catholicisme a pris racine en Birmanie au XVIe siècle via des marchands portugais implantés dans le comptoir indien de Goa.

«Tous les dimanches, j'écoute sur internet la messe du pape. Il m'apporte la paix et de la joie», a raconté à l'AFP Francis Cyria, qui travaille pour une ONG catholique.

«Nous sommes une toute petite minorité dans notre pays, nous sommes si heureux de le voir», a-t-il ajouté.

«Faire avancer la paix»

«C'était un message de pardon. Les Birmans sont très pauvres et notre gouvernement est sous pression à cause des guerres civiles. Ils nous demandent de pardonner nous aussi», veut retenir Rose, à la fin de la cérémonie.

Avec l'ouverture du pays en 2011 après des décennies d'isolation sous la junte militaire, le pays a connu une levée des restrictions religieuses. Mais dans le même temps un regain des tensions interconfessionnelles.

En 2014, le pays a célébré son premier saint: le Vatican a canonisé Isidore Ngei Ko Lat, qui fut assassiné à la frontière est du pays en 1950.

Un an plus tard, la Birmanie a accueilli son premier cardinal. Et l'arrivée du gouvernement civil dirigé de facto par Aung San Suu Kyi a permis, en mai dernier, l'établissement de relations diplomatiques entre le pays et le Vatican.

Le voyage du souverain pontife, arrivé lundi dans le pays, avait démarré sur un registre plus diplomatique que religieux, même si François avait réussi à réunir mardi des représentants de toutes les religions.

La Birmanie est sous pression internationale depuis trois mois, car accusée d'«épuration ethnique» des musulmans rohingya dans l'ouest du pays.

Dans son premier discours officiel, mardi, le pape François avait appelé en Birmanie au «respect de tout groupe ethnique» mais avait évité de prononcer le mot tabou de «Rohingya» et toute référence directe à l'exode de cette minorité musulmane victime de persécutions.

Semblant avoir suivi les recommandations de prudence répétées par l'Église locale, inquiète d'attiser les foudres des bouddhistes extrémistes.

Depuis fin août, plus de 620 000 musulmans rohingya se sont réfugiés au Bangladesh, fuyant viols, meurtres et tortures perpétrés par des soldats birmans et des milices bouddhistes, accusent-ils.

Mardi après-midi, le pape doit rencontrer la plus haute instance du bouddhisme du pays, dans l'un des temples les plus vénérés.




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