La Russie accuse Washington de «provoquer» la Corée du Nord

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Au cours des derniers mois, «Washington aspirait à faire quelque chose pour irriter ou provoquer Pyongyang», a laissé entendre vendredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

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Agence France-Presse
Moscou

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé vendredi les États-Unis de «provoquer» la Corée du Nord pour se tourner vers l'«option militaire» afin de régler le problème nucléaire nord-coréen.

«Il est très préoccupant que pendant ces deux derniers mois où la Corée du Nord n'a pas effectué d'essais ou de tirs de missiles, Washington a semblé ne pas en être satisfait et aspirait à faire quelque chose pour irriter ou provoquer Pyongyang», a dit M. Lavrov, au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue japonais Taro Kono.

En octobre, les marines des États-Unis et de la Corée du Sud ont effectué ensemble un exercice naval, une nouvelle démonstration de force à l'intention de la Corée du Nord et de ses programmes nucléaire et balistique.

Cette semaine, le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis avaient décidé d'inscrire à nouveau la Corée du Nord sur leur liste noire des «États soutenant le terrorisme» pour accroître la pression sur son programme nucléaire.

Les Américains «semblent attendre qu'ils (les Nord-Coréens, ndlr) perdent leur sang froid encore une fois afin de pouvoir enfin se tourner vers des options militaires», estime Sergueï Lavrov.

«Les autorités américaines ont déclaré à plusieurs reprises que toutes les options, y compris l'option militaire, étaient sur la table», a-t-il rappelé.

Pour sa part, le premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé début novembre que Tokyo «soutenait» cette politique de Washington.

«Il est nécessaire d'utiliser tous les moyens possibles en augmentant de manière maximale la pression sur la Corée du Nord pour mettre fin à son programme nucléaire et aux tirs de missiles», a renchéri vendredi à Moscou le chef de la diplomatie japonaise Taro Kono.

«C'est une menace sans précédent non seulement pour le Japon et la Russie, mais pour toute la communauté internationale. C'est absolument inacceptable», a-t-il souligné.

La Corée du Nord avait tiré en juillet deux missiles balistiques intercontinentaux a priori capables d'atteindre le territoire américain. Elle avait par ailleurs réalisé en septembre un sixième essai nucléaire.

Sergueï Lavrov a également exprimé une «préoccupation profonde» de la Russie face au fait que le «Japon et la Corée du Sud deviennent le territoire où l'on déploie des éléments du bouclier global de défense antimissile américain sous prétexte des menaces en provenance de la Corée du Nord».

«Si vous regardez la carte, ce bouclier de défense antimissile américain ne fait en réalité qu'encercler la Russie et la Chine», a-t-il dit.

Tokyo souhaite notamment acquérir le système de défense antimissile Aegis Ashore, une version sol-air du système d'armement naval Aegis, qui met en oeuvre des radars et des missiles antinavires et antiaériens.

«Ce sera un système japonais de défense antimissile, il sera acquis par le Japon et géré par le Japon», a assuré de son côté M. Kono.

«Cela concerne la menace nord-coréenne et ne sera pas une menace pour les relations russo-japonaises», a-t-il insisté.




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