Chine: le «leader» Xi Jinping cimente son influence

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Xi Jinping, 64 ans, a déjà renforcé ses pouvoirs la semaine dernière à la faveur du congrès quinquennal du PCC, en obtenant un nouveau mandat de cinq ans à la tête du Parti -- et donc du pays -- tout en évitant d'avoir à s'encombrer d'un successeur présomptif.

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Patrick BAERT
Agence France-Presse
Pékin

Un nouveau titre de «leader» jusqu'ici réservé à Mao, un très proche placé à la tête de Shanghai et un «complot» déjoué: Xi Jinping ne perd pas de temps pour renforcer son influence au sommet de la Chine, à l'orée de son deuxième mandat.

M. Xi, dont la «Pensée» a officiellement fait son entrée la semaine dernière dans la charte du Parti communiste chinois (PCC), peut désormais s'enorgueillir d'une autre comparaison avec le fondateur de la République populaire Mao Tsé-toung (1949-76).

Le bureau politique du PCC, dirigé par Xi Jinping en personne, a ressorti pour lui le titre chinois de «lingxiu» («leader»), abondamment utilisé pour honorer Mao.

«Le secrétaire général Xi Jinping est l'émérite lingxiu, soutenu par l'ensemble du Parti et aimé du peuple», a assuré le bureau politique, cité vendredi par la télévision publique.

Xi Jinping, 64 ans, a déjà renforcé ses pouvoirs la semaine dernière à la faveur du congrès quinquennal du PCC, en obtenant un nouveau mandat de cinq ans à la tête du Parti -- et donc du pays -- tout en évitant d'avoir à s'encombrer d'un successeur présomptif.

L'inclusion de son nom dans la charte du Parti doit lui permettre de s'affranchir de toute limite d'âge et de se maintenir aussi longtemps qu'il lui convient à la tête du PCC, selon des experts.

«Les têtes et les coeurs»

Ce renforcement s'accompagne d'une vague de propagande, qui voit se multiplier sur les murs du pays les banderoles appelant à étudier la «Pensée» du dirigeant, qui a promis lors du congrès à ses compatriotes «une nouvelle ère du socialisme à la chinoise» d'ici 2050.

Pas moins d'une vingtaine d'universités du pays ont annoncé ouvrir des «instituts de recherche» sur la «Pensée» présidentielle.

Elle «doit entrer dans les têtes et les coeurs», a déclaré un responsable universitaire de Wuhan (centre), cité par le Quotidien du peuple, l'organe du parti au pouvoir.

Au passage, Xi Jinping renforce son influence sur les moteurs économiques du pays: les principaux dirigeants de Shanghai et des riches provinces côtières du Guangdong (sud) et du Fujian (est) ont changé, a annoncé dimanche l'agence Chine nouvelle.

Le secrétaire du PCC à Shanghai, capitale économique chinoise et fief de l'ancien président Jiang Zemin, a été remplacé par un fidèle de Xi Jinping, Li Qiang.

M. Li avait travaillé sous les ordres de Xi Jinping quand ce dernier dirigeait la province du Zhejiang (est) dans les années 2000.

Depuis son arrivée au pouvoir à Pékin fin 2012, Xi Jinping s'est signalé par une guerre contre la corruption qui a sanctionné 1,5 million de personnes, selon des chiffres officiels. Mais il est soupçonné d'en avoir profité pour écarter des adversaires politiques.

«Lutte pour le pouvoir»

Dernier épisode en date: un «complot» ourdi par trois anciens hauts responsables du pays a été déjoué, a affirmé la Commission d'inspection disciplinaire du PCC, citée dimanche par Chine nouvelle.

La commission accuse une ancienne étoile montante du Parti, Sun Zhengcai, destitué en juillet pour corruption, d'avoir été impliquée dans ce «complot», dont aucun détail n'est précisé.

Pour le sinologue Jean-Pierre Cabestan, les rumeurs de coup d'État «prouvent qu'il y a une sourde lutte pour le pouvoir» au sommet du régime, qui fait face à une opposition interne masquée par la réélection de Xi Jinping.

«Il y a une opposition réformiste qui pense que Xi est trop conservateur et qu'il revient sur l'évolution politique voulue par Deng Xiaoping au début des réformes» à la fin des années 1970, selon M. Cabestan, de l'Université baptiste de Hong Kong.

M. Sun, plus haut dirigeant chinois à tomber depuis cinq ans, se serait associé à deux autres responsables déjà condamnés et emprisonnés pour corruption: Ling Jihua, ancien chef de cabinet de l'ex-président Hu Jintao, et Zhou Yongkang, ancien chef des services de sécurité.

Chine nouvelle a affirmé la semaine dernière que les trois «conspirateurs» avaient tenté «d'influencer les votes» lors de deux précédents congrès du PCC en 2007 et 2012, en achetant les voix de certains délégués. L'objectif aurait été de freiner l'ascension de Xi Jinping.




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