Rohingyas: le Conseil de sécurité étudie une résolution sur la Birmanie

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Des réfugiés rohingya traversent la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh.

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Carole LANDRY
Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Le Conseil de sécurité des Nations unies étudie un projet de résolution sur la Birmanie en vue d'un arrêt des violences à l'origine de l'exode massif des musulmans rohingyas, selon le texte obtenu mercredi par l'AFP.

Le projet de résolution, soumis par la France et le Royaume-Uni, appelle les autorités birmanes à «cesser immédiatement les opérations militaires» contre les Rohingyas et à permettre aux réfugiés de cette minorité vivant actuellement dans des camps de fortune au Bangladesh de revenir en Birmanie.

Le texte de six pages ne menace par la Birmanie de sanctions, mais énonce une série de demandes concrètes.

Des diplomates ont cependant souligné que le projet de résolution --qui constituerait la première réponse officielle du Conseil de sécurité à la crise en Birmanie-- faisait face à l'opposition de la Chine, premier soutien de la Birmanie, prédisant des négociations difficiles avec Pékin.

«Les Chinois ne sont pas partants», a assuré un diplomate du Conseil de sécurité sous couvert d'anonymat. «Ils veulent que nous ne disions rien et ne fassions rien sur cette question», a-t-il ajouté.

D'après les derniers chiffres des Nations unies, plus de 580 000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août, pour se réfugier au Bangladesh voisin.

Cette crise a débuté quand des rebelles rohingyas, dénonçant les mauvais traitements subis par leur minorité ont attaqué des postes de police en Birmanie fin août, entraînant une répression sévère de l'armée.

Le projet de résolution condamne la violence dans l'État Rakhine, tout en exprimant sa «vive préoccupation du fait que les forces de sécurité et les milices en Birmanie soient responsables de violations des droits humains et d'abus». Il appelle en outre la Birmanie à laisser les enquêteurs de l'ONU accéder à l'État Rakhine afin d'enquêter sur les allégations d'atrocités commises sur place contre les Rohingyas.

Le projet réclame aussi la nomination d'un conseiller spécial des Nations unies pour la Birmanie et exhorte le pays à mettre en oeuvre les recommandations d'une commission sur les droits des Rohingyas dirigée par l'ancien chef de l'ONU Kofi Annan, qui a déclaré que cette population apatride et installée en Birmanie depuis des décennies devrait se voir accorder des droits de citoyenneté.




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