La Corée du Nord dénonce les sanctions et menace Washington

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Philippe RATER
Agence France-Presse
New York

La Corée du Nord a dénoncé mardi les nouvelles sanctions «scélérates» adoptées la veille à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU à l'initiative de Washington, et qui interdisent notamment ses exportations de textile et réduisent ses approvisionnements en pétrole.

«Les mesures à venir de la RPDC (République populaire démocratique de Corée, appellation officielle de la Corée du Nord) infligeront aux États-Unis la plus grande douleur qu'ils n'aient jamais connue de leur histoire», a déclaré l'ambassadeur nord-coréen, Tae Song Han, devant la Conférence du désarmement à Genève.

Cette huitième série de mesures, approuvée par la Chine et la Russie, les plus proches soutiens de la Corée du Nord, vise à punir ce pays pour son essai nucléaire du 3 septembre. Par ses sanctions, chaque fois plus sévères, l'ONU espère pousser Pyongyang à négocier ses programmes nucléaire et balistique.

Pour les États-Unis, le Royaume-Uni, la France ou l'Italie, la résolution adoptée lundi est «très solide», «équilibrée» et permet à l'ONU d'affirmer «unité» et «détermination».

«Nous ne cherchons pas la guerre», a assuré l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, qui avait la semaine dernière assuré que Pyongyang «ne demandait que ça». Lundi, elle a admis que la Corée du Nord n'avait «pas franchi un point de non-retour».

Séoul a salué l'adoption de cette résolution, la qualifiant «d'avertissement sévère» pour Pyongyang.

«La Corée du Nord doit comprendre que la dénucléarisation est la seule voie lui garantissant sécurité et développement économique», ajoute le gouvernement sud-coréen dans un communiqué.

À Tokyo, le premier ministre Shinzo Abe a «hautement apprécié» la résolution «rapide» et «forte».

Le premier projet de texte américain était «maximal» sur «absolument tout», selon les termes d'un diplomate. Il prévoyait un embargo total sur le pétrole, les produits pétroliers et le gaz, le renvoi en Corée du Nord de ses expatriés, le gel des avoirs de Kim Jong-Un, l'interdiction d'importer du textile nord-coréen et des inspections par la force de navires en haute mer suspectés de violer les résolutions de l'ONU.

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L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, lors du vote.

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Prétentions à la baisse

Pour s'assurer du soutien de la Russie et de la Chine lors du vote, Washington a dû cependant revoir à la baisse ses prétentions.

Après plusieurs jours de négociations intensives, l'embargo sur le gaz naturel a été gardé.

Mais la résolution prévoit de limiter les livraisons de brut à destination de la Corée du Nord à ce qu'elles ont été ces 12 derniers mois.

Pékin ne publie aucun chiffre sur ses exportations vers la Corée du Nord, qui sont estimées à quatre millions de barils par an. La résolution limite également à deux millions de barils par jour les livraisons de produits raffinés.

Cela représente une réduction de 10% des produits pétroliers, selon le département américain de l'Énergie, qui estime à 2,2 millions de barils les importations nord-coréennes. Pyongyang importe essentiellement de l'essence et du diesel de Chine, selon les États-Unis.

Lors des discussions, le gel des avoirs du dirigeant nord-coréen, dont Moscou ne voulait pas, a été retiré du texte. Les États-Unis ayant assuré ne pas vouloir de changement de régime, il est difficile de viser directement Kim Jong-Un, a plaidé Moscou, selon une source diplomatique.

L'interdiction concernant le textile n'a pas posé de problème.

Le texte interdit la délivrance de nouveaux permis de travail aux quelque 93 000 Nord-Coréens qui travaillent à l'étranger et constituent une importante source de revenus pour le régime.

Des experts se sont montrés sceptiques sur la portée de ce texte, relevant que les précédentes sanctions n'avaient pas empêché que les programmes nucléaire et balistique fassent de remarquables progrès.

«Ce n'est pas suffisant pour faire mal», a estimé Go Myong-Hyun, de l'Institut d'études politiques.

Pour Kim Hyun-Wook, professeur à l'Académie diplomatique nationale de Corée, «les sanctions donnent à Pyongyang une excuse pour davantage de provocations, comme un lancement de missile intercontinental».

Précédant l'adoption du texte, la Corée du Nord avait exprimé haut et fort son opposition, avertissant les États-Unis qu'elle leur infligerait «la plus grande des souffrances et des douleurs» s'ils persistaient à vouloir que l'ONU durcisse les sanctions à son encontre.

Le dernier train de sanctions internationales faisait suite à deux tirs de missiles intercontinentaux nord-coréens. Il interdit les importations de charbon, de fer et de la pêche venant de Corée du Nord, et vise à priver ce pays d'un milliard de dollars de recettes par an.

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Une fusée balistique à portée intermédiaire Hwasong-12 testée par la Corée du Nord cet été.

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Les effets de sanctions ne peuvent se mesurer que sur le très long terme. À titre d'exemple, il a fallu plus de dix ans de sanctions pour amener l'Iran à négocier son programme nucléaire.

Dans un rapport publié ce week-end, des experts de l'ONU notent que «plus le régime de sanctions est étendu» pour la Corée du Nord, «et plus les contournements sont nombreux» venant de ce pays, que ce soit pour «l'embargo sur les armes», «les sanctions financières» ou «sectorielles sévères».




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