Kim Jong-un promet d'autres tirs de missiles

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Le Rodong Sinmun, organe du parti unique au pouvoir en Corée du Nord, a publié mercredi une vingtaine de photos du tir, dont une montrant Kim Jong-un hilare entouré de ses conseillers, une carte du nord-ouest du Pacifique posée sur son bureau.

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Sebastien BERGER
Agence France-Presse
Séoul

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a promis de nouveaux tirs de missiles au-dessus du Japon, assurant que celui de mardi, unanimement condamné à l'ONU, ne constituait qu'un «lever de rideau».

Le survol de l'archipel nippon par un Hwasong-12 de portée intermédiaire a constitué une nouvelle escalade dans la crise nord-coréenne.

La tension a atteint des sommets ces dernières semaines, après deux tirs par Pyongyang de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) qui mettent apparemment une bonne partie du continent américain à sa portée.

Le président Donald Trump a menacé de déchaîner le «feu et la colère» sur le nord, qui a promis en retour d'envoyer une salve de missiles à proximité de Guam, territoire américain du Pacifique qui compte 6000 soldats américains et des installations stratégiques.

Mardi, M. Trump a averti sur un ton plus diplomatique que «toutes les options» étaient sur la table. Mais mercredi, il a estimé que discuter avec la Corée du Nord n'était «pas la solution», laissant entendre, dans un tweet ambigu, que la recherche d'une solution diplomatique avec le régime de Pyongyang était quoiqu'il arrive vouée à l'échec.

«Depuis 25 ans, les États-Unis discutent avec la Corée du Nord et la paie, victimes d'un chantage. Discuter n'est pas la solution !», a écrit le président américain.

Des propos tempérés quelques heures plus tard par son ministre de la Défense Jim Mattis. «Nous ne sommes jamais à court de solutions diplomatiques», a-t-il déclaré.

Le gouvernement de Donald Trump, comme celui de Barack Obama avant lui, manie en permanence la carotte et le bâton face au régime nord-coréen avec l'espoir de le faire renoncer à ses programmes nucléaire et balistique

Le tir nord-coréen a été «fermement» condamné par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui avait récemment imposé à Pyongyang une septième volée de sanctions.

Pékin et Moscou, les deux alliés clés de Pyongyang, ont soutenu le texte, qui ne prévoit pas dans l'immédiat un renforcement des sanctions contre le Nord.

Kim hilare

Le Rodong Sinmun, organe du parti unique au pouvoir en Corée du Nord, a reproduit mercredi une vingtaine de photos du tir, dont une montrant Kim Jong-Un hilare entouré de ses conseillers, une carte du nord-ouest du Pacifique posée sur son bureau.

Un autre cliché le montre observant le missile qui a été tiré de Sunan, près de Pyongyang. L'engin a parcouru 2700 kilomètres à une altitude maximum d'environ 550 km avant de s'abîmer dans le Pacifique.

Dans une dépêche publiée mercredi, l'agence officielle nord-coréenne KCNA cite M. Kim annonçant «davantage d'exercices de tirs de missiles balistiques à l'avenir avec le Pacifique pour cible».

Le tir de mardi a été «un prélude important pour contenir Guam, base avancée de l'invasion», a-t-il dit, et un «lever de rideau» avant des «contre-mesures résolues» face aux manoeuvres militaires communes auxquelles procèdent actuellement les armées américaine et sud-coréenne en Corée du Sud.

Pyongyang considère ces exercices militaires réguliers entre Séoul et Washington comme la répétition générale d'une invasion.

C'est la première fois que le régime nord-coréen déclare avoir envoyé un missile au-dessus du territoire japonais.

Deux projectiles avaient déjà survolé l'archipel en 1998 et 2009. Pyongyang les avait alors présentés comme des engins civils destinés au lancement de satellites, alors que selon Washington, Séoul et Tokyo il s'agissait d'essais déguisés de missiles à usage militaire.

Des millions d'habitants du nord du Japon, qui n'ont pas cédé à la panique, avaient reçu au réveil par texto un message d'alerte du gouvernement tandis que les sirènes retentissaient : «Tir de missile. Veuillez vous abriter ! »

Le tir a également entraîné un déluge de condamnations dans la communauté internationale.

Dans sa déclaration, rédigée par les États-Unis, le Conseil de sécurité des Nations unies «demande à tous les États membres de strictement et pleinement appliquer» les résolutions de l'ONU, dont celles imposant des sanctions économiques à la Corée du Nord.

Pétrole

La septième salve de sanctions adoptée en août vise à priver la Corée du Nord d'un milliard de dollars de recettes tirées de ses exportations de charbon, de fer, de minerai de fer et de sa pêche.

Selon des sources diplomatiques, l'ONU garde en réserve d'autres possibilités de sanctions, comme le renvoi dans leur pays des travailleurs nord-coréens employés à l'étranger et des mesures touchant au secteur du pétrole.

Pour Washington, l'enjeu à l'ONU était d'afficher le maintien de l'unité internationale - avec Moscou et Pékin - face à Pyongyang. Il s'agissait aussi d'aboutir à une réponse très rapide après le tir de missile, souligne une source diplomatique.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a dit mercredi que son pays discutait avec ses partenaires du Conseil de sécurité de la «réaction» à adopter, réaffirmant l'importance du consensus.

Dans sa déclaration, le Conseil réaffirme son engagement envers un règlement pacifique, diplomatique et politique de la crise. Mais toute discussion est gelée depuis plusieurs années et aucune perspective de relance ne fait jour aujourd'hui.

Pyongyang avait menacé de tirer quatre missiles aux abords de Guam. Un tir vers cette île aurait été pour Washington «une ligne rouge», selon Euan Graham, de l'Institut Lowy en Australie, qui juge que Pyongyang s'est montré «plutôt malin» en choisissant «une demi-mesure».




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