Fuites d'une conversation avec Trump: Canberra minimise

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Le président américain Donald Trump a rencontré son homologue australien Malcolm Turnbull à New York, le 4 mai.

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Agence France-Presse
SYDNEY

Le premier ministre australien a cherché à minimiser vendredi une retranscription peu flatteuse d'une conversation houleuse avec le président américain Donald Trump au sujet de l'accueil de réfugiés.

Le Washington Post a publié jeudi le verbatim des conversations téléphoniques de M. Trump avec son homologue mexicain, Enrique Pena Nieto, et l'Australien Malcolm Turnbull.

Les échanges acrimonieux entre MM. Trump et Turnbull survenus il y a six mois concernaient un accord conclu par Canberra avec l'administration Obama sur l'accueil aux États-Unis de réfugiés relégués par l'Australie dans des camps de rétention du Pacifique.

Le président américain avait exprimé son mécontentement et parlé d'un accord « stupide ».

Mais le verbatim témoigne aussi de contradictions avec les affirmations publiques du gouvernement australien sur cet accord, en particulier qu'il ne s'agissait pas d'accueillir en échange des réfugiés venus des États-Unis.

« On prendra quiconque vous voulez qu'on prenne », dit M. Turnbull à Donald Trump.

« Les seules personnes qu'on ne prend pas c'est celles qui arrivent par bateau. On préfère prendre un type pas très attirant pour vous venir en aide plutôt que prendre un prix Nobel de la paix qui arrive par bateau ».

L'Australie mène une politique très restrictive envers les migrants, dénoncée par les défenseurs des droits de l'homme mais dont elle dit qu'elle permet de sauver des vies.

Sa marine repousse systématiquement les bateaux de clandestins. Ceux qui parviennent à gagner ses côtes malgré tout sont placés dans des camps de rétention hors de l'Australie, comme à Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ou sur Nauru, petite île du Pacifique. Même si leur demande d'asile est jugée légitime, ils ne sont pas autorisés à s'installer en Australie.

M. Turnbull a parlé vendredi d'une conversation « franche et courtoise » et défendu sa teneur en ces termes: « dans ce domaine, notre relation avec les États-Unis est une relation d'assistance mutuelle. Alors on aide les Américains et ils nous aident ».

Le premier ministre a aussi cherché à minimiser ses déclarations à M. Trump selon lesquelles les États-Unis pourraient n'accueillir qu'un petit nombre de personnes alors que l'accord prévoyait l'arrivée de centaines de réfugiés.

« Vous n'êtes pas obligés de prendre quelqu'un dont vous ne voulez pas », avait-il dit au président américain.

Cet accord a « toujours été soumis aux procédures de contrôle américaines », a-t-il déclaré vendredi.

Les défenseurs des droits de l'homme l'ont accusé de ne pas être sincère.

Le premier ministre « se préoccupe simplement de la façade », a déclaré le Centre juridique des droits de l'homme. « Cette conversation démontre » que M. Turnbull « joue avec la vie et la santé mentale des gens ».

Après cet appel, le chef de la Maison-Blanche avait accepté à contre-coeur d'honorer cet accord « stupide » mais l'incertitude demeure sur le nombre de personnes qui seront accueillies par Washington.




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