Corée du Nord: l'ONU discute de sanctions renforcées

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La Corée du Nord a nettement accéléré le développement de ses programmes nucléaire et balistique, en dépit de sanctions internationales théoriquement destinées à la priver de sources cruciales de financement.

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Carole LANDRY, Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse
New York et Washington

Le Conseil de sécurité de l'ONU discutait mardi à huis clos de sanctions renforcées contre la Corée du Nord et ses programmes nucléaire et balistique interdits, après un nouveau de tir de missile le week-end dernier.

Les États-Unis et la Chine préparent une nouvelle résolution pour d'éventuelles mesures punitives supplémentaires contre Pyonyang, a annoncé devant la presse l'ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley en lançant un appel à la mobilisation internationale.

«Nous devons tous envoyer un signal à la Corée du Nord : Pas plus. On ne joue pas. C'est grave», a martelé Mme Haley, prévenant les pays qui n'appliqueraient pas les sanctions prises depuis une décennie qu'ils s'exposeraient à des représailles de Washington.

Elle a toutefois ajouté que son gouvernement était prêt à «parler» avec Pyongyang mais à condition d'un «arrêt total du processus nucléaire et de tout essai» de missiles. Les États-Unis se sont toujours déclarés ouverts à une reprise du dialogue avec la Corée du Nord, mais à la condition que le régime communiste mette un terme à ses programmes nucléaire et balistique.

Avant de s'enfermer dans la salle du Conseil de sécurité, Nikki Haley a annoncé que son pays et Pékin, allié militaire et diplomatique de la Corée du Nord, préparaient un nouveau projet de résolution de sanctions. «C'est ce sur quoi nous travaillons actuellement. Nous ne l'avons pas encore», a-t-elle expliqué. 

Processus diplomatique 

Elle a assuré que le choix de sanctions renforcées était la voie privilégiée pour le moment: «Nous allons continuer à voir où cela nous mène», a affirmé la représentante à l'ONU du président Donald Trump, lequel avait menacé de s'occuper seul du problème nord-coréen, au besoin par la force. Avant de mettre de l'eau dans son vin et de miser, comme ses prédécesseurs à la Maison-Blanche, sur le processus diplomatique multilatéral.

D'après des experts, le régime du dirigeant Kim Jong-Un accélère ses efforts pour mettre au point un missile balistique intercontinental (ICBM) capable d'acheminer une tête nucléaire visant le territoire américain.

Et le tir de missile de dimanche constitue une avancée technique significative, bien que la Corée du Nord puisse en fait chercher à être en position de force avant un éventuel retour à la table de négociations internationales gelées depuis près de dix ans.

L'essai dimanche était le dixième depuis le début de l'année, après des dizaines en 2016.

Il a provoqué des condamnations internationales unanimes et la convocation de cette réunion d'urgence mardi du Conseil de sécurité, à la demande des États-Unis et du Japon. Dès lundi, le Conseil avait dénoncé ce tir et promis une réponse forte.

La Corée du Nord a nettement accéléré le développement de ses programmes nucléaire et balistique, en dépit de sanctions internationales théoriquement destinées à la priver de sources cruciales de financement.

Outre les tirs de missiles balistiques, Pyongyang a effectué deux essais nucléaires depuis le début 2016.

Selon des experts, le régime communiste augmente petit à petit la portée de ses fusées, progressant inexorablement vers son objectif de se doter de missiles intercontinentaux. Le missile testé dimanche a apparemment suivi une trajectoire très élevée, atteignant une altitude de 2111,5 kilomètres avant de retomber à 787 kilomètres de son point de départ, en mer du Japon, selon l'agence nord-coréenne KCNA.

Ces caractéristiques laissent penser que ce missile pourrait atteindre une portée de 4500 kilomètres, contre 3500 kilomètres jusqu'à présent. Ce missile Hwasong-12 semble plus performant que le missile Musudan qu'il pourrait «remplacer», a expliqué à l'AFP Bruce Klingner, un ancien de la CIA devenu expert au centre d'analyse Heritage Foundation.

Il pourrait permettre de frapper l'île de Guam, un avant-poste stratégique de l'armée américaine sur la route de l'Asie, qui était en limite de portée pour le Musudan. Guam est un territoire d'environ 550 km2 et de 160 000 habitants, dont 27% de la superficie est occupée par des installations militaires américaines. La base aérienne de l'île accueille des bombardiers stratégiques nucléaires américains.




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