Un diplomate chinois à Séoul pour discuter du nucléaire nord-coréen

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Le représentant spécial de la Chine pour la péninsule coréenne, le diplomate Wu Dawei (gauche), est arrivé lundi à Séoul où il rencontrera dans la journée son homologue sud-coréen Yun Byung-Se au sujet du dossier nucléaire, a annoncé le ministère sud-coréen des Affaires étrangères.

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Hwang Sunghee
Agence France-Presse
Séoul

Un haut diplomate chinois est arrivé lundi à Séoul pour des discussions sur la menace nucléaire nord-coréenne, au moment où un groupe aéronaval américain fait route vers la péninsule dans une démonstration de force des États-Unis.

Le président américain Donald Trump, qui a surpris la semaine dernière par la rapidité de sa riposte militaire en Syrie, a demandé à ses conseillers «un éventail complet d'options» contre le programme nucléaire de Pyongyang, a annoncé dimanche le conseiller à la sécurité nationale du président américain, le général en exercice H.R. McMaster.

Il a expliqué dimanche que l'envoi vers la péninsule coréenne du porte-avions USS Carl Vinson et de son escadre était une mesure de «prudence» face à un régime «paria désormais doté de la capacité nucléaire».

Dans le même temps, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a rejeté des rumeurs sur un projet américain qui viserait à assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, expliquant que les États-Unis n'avaient «pas l'intention de changer le régime en Corée du Nord».

De nombreux observateurs redoutent que la Corée du Nord prépare un sixième essai nucléaire qui pourrait coïncider avec les célébrations imminentes du 105e anniversaire de la naissance du fondateur du régime, Kim Il-Sung.

Le représentant spécial de la Chine pour la péninsule coréenne, le diplomate Wu Dawei, est arrivé lundi à Séoul où il rencontrera dans la journée son homologue sud-coréen au sujet du dossier nucléaire, a annoncé le ministère sud-coréen des Affaires étrangères.

«Penser à la population»

Le déploiement en Corée du Sud du bouclier antimissile américain THAAD devrait également être abordé par les deux hommes, a indiqué l'agence sud-coréenne Yonhap. La Chine est vent debout contre l'installation si près de son territoire d'un dispositif qu'elle voit comme une menace pour ses intérêts.

Ces discussions interviennent quelques jours après le premier sommet, en Floride, entre M. Trump et son homologue chinois Xi Jinping, au cours duquel le président américain a exhorté Pékin à en faire davantage pour faire rentrer la Corée du Nord dans le rang.

Donald Trump et son chef de la diplomatie ont martelé publiquement, avant et après cette rencontre avec le principal allié de Pyongyang, que les États-Unis étaient prêts à «agir seuls» si nécessaire.

Une menace qui paraît encore plus crédible depuis la frappe ordonnée jeudi soir sur la base aérienne syrienne d'où auraient décollé les avions responsables, selon Washington, d'une attaque chimique contre le village de Khan Cheikhoun mardi.

Plusieurs spécialistes du dossier nord-coréen estiment que, du fait de sa rapidité, cette frappe, lancée en outre en plein sommet sino-américain, était aussi un message à Pyongyang et Pékin signalant un changement d'approche de Washington à l'égard d'un des dossiers géopolitiques les plus complexes.

Samedi, la Corée du Nord a d'ailleurs qualifié cette attaque américaine en Syrie d'«acte d'agression intolérable» qui prouvait «plus d'un million de fois» la justesse de son programme nucléaire.

Pyongyang justifie notamment par la menace américaine ses programmes nucléaire et balistique.

La Corée du Nord, qui veut mettre le territoire continental américain à portée de ses ogives nucléaires, a considérablement accéléré ses programmes balistique et nucléaire, réalisant notamment depuis le début 2016 ses quatrième et cinquième essais nucléaires.

Le ministre sud-coréen de l'Unification, Hong Yong-pyo, a jugé lundi que les répercussions d'une potentielle action militaire contre la Corée du Nord pourraient être inquiétantes.

«Des frappes préventives sont peut-être destinées à résoudre le problème nucléaire nord-coréen, mais pour nous, il faut aussi penser à la sécurité de la population», a-t-il dit aux journalistes.

L'intérêt des frappes est que les États-Unis pourraient «dénucléariser le Nord par la force», explique de son côté James Kim, analyste à l'Institut Asan d'études politiques, basé à Séoul.

«Mais cela aurait un coût énorme pour la région et pour les États-Unis», ajoute-t-il en pointant le risque de déstabilisation régionale.




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