Corée du Nord : Trump étudie ses options

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Le porte-avions USS Carl Vinson a pris la route du Pacifique Ouest depuis Singapour «par mesure de précaution».

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Elodie Cuzin
Agence France-Presse
Washington

Le président américain veut étudier «toute les options pour lever la menace» nucléaire nord-coréenne, a affirmé dimanche un proche conseiller de Donald Trump, assurant que l'envoi d'un porte-avions vers la péninsule coréenne représentait une mesure de précaution.

Annoncée moins de 48 heures après la frappe américaine punitive contre une base aérienne syrienne, la décision d'envoyer le porte-avions USS Carl Vinson et sa flotte vers la péninsule coréenne, en mentionnant clairement la menace nucléaire représentée par Pyongyang, a sonné comme un avertissement.

Le conseiller à la sécurité nationale du président américain, le général en exercice H.R. McMaster, a qualifié ce déploiement de mesure de «prudence» face à un régime «paria désormais doté de la capacité nucléaire».

Interrogé sur la chaîne Fox, il a ajouté, en faisant apparemment référence aux conseillers militaires de Donald Trump, que le président leur avait «demandé d'être prêts à nous donner un éventail complet d'options pour lever cette menace contre le peuple américain et contre nos alliés et partenaires dans la région».

L'un de ces alliés, le premier ministre japonais Shinzo Abe, s'est justement entretenu au téléphone avec le président américain samedi. Après avoir évoqué la frappe américaine en Syrie, soutenue par Tokyo, les deux dirigeants «ont convenu de poursuivre leur coopération», notamment «sur la menace posée par la Corée du Nord», selon la Maison-Blanche.

De son côté, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a estimé que Pyongyang devrait prendre note de cette frappe.

«Le message que tous les pays peuvent en tirer est que si vous violez le droit international, si vous violez les accords internationaux, si vous ne respectez pas les engagements, si vous devenez une menace pour les autres, à un moment une réponse sera probablement apportée» par les Etats-Unis, a-t-il déclaré lors d'un entretien sur la chaîne ABC.

Shinzo Abe et Donald Trump sur la pelouse... (AP, Carolyn Kaster) - image 2.0

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Shinzo Abe et Donald Trump sur la pelouse de la Maison-Blanche en février dernier.

AP, Carolyn Kaster

«Pas de changement de régime» 

Rex Tillerson a d'autre part rejeté des rumeurs sur un projet américain qui viserait à assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, disant n'être «au courant d'aucun plan de cette nature».

«Nous n'avons pas l'intention de changer le régime en Corée du Nord. Ce n'est pas notre objectif et donc les raisons justifiant le développement d'un programme nucléaire en Corée du Nord ne sont tout simplement pas crédibles», a-t-il souligné.

Le commandement américain dans le Pacifique a annoncé samedi que le Carl Vinson, qui devait initialement aller faire escale en Australie, avait pris la route du Pacifique Ouest depuis Singapour «par mesure de précaution».

Son porte-parole, le commandant Dave Benham, a précisé à l'AFP que «la menace numéro un dans la région reste la Corée du Nord, en raison de son programme de missiles irresponsable, déstabilisateur et imprudent, et de la poursuite (de ses recherches) en vue de disposer d'armes nucléaires».

Pyongyang a considérablement accéléré ses programmes balistique et nucléaire ces derniers mois, réalisant notamment depuis le début 2016 ses quatrième et cinquième essais nucléaires. Un sixième serait imminent.

Pression sur la Chine

L'envoi du porte-avions et les déclarations américaines surviennent juste après le premier sommet entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, marqué par une image de grande cordialité entre les dirigeants des deux premières puissances mondiales.

La Corée du Nord avait précédé cette rencontre d'un nouveau tir de missile balistique, qui s'est abîmé en mer du Japon mercredi.

Donald Trump et son chef de la diplomatie ont toutefois martelé publiquement, avant et après cette rencontre avec le principal allié de la Corée du Nord, que les Etats-Unis étaient prêts à «agir seuls» si nécessaire contre le régime de Pyongyang.

Une menace qui paraît encore plus crédible depuis la frappe ordonnée jeudi soir sur la base aérienne syrienne d'où auraient décollé les avions responsables, selon Washington, d'une attaque chimique contre le village de Khan Cheikhoun mardi. Samedi, la Corée du Nord a d'ailleurs qualifié cette attaque américaine en Syrie d'«acte d'agression intolérable».

Washington a demandé «au gouvernement chinois de prendre des mesures supplémentaires» pour pousser la Corée du Nord à cesser son programme d'armement nucléaire, a précisé Rex Tillerson dimanche, adoptant un ton conciliant face à la Chine.

«Ils ont indiqué qu'ils le feraient et je pense que nous devons leur donner plus de temps pour agir, et nous resterons en étroites conversations avec eux», a ajouté le chef de la diplomatie américaine, soulignant que les discussions lors du sommet avaient été «très ouvertes (...) et très candides».




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