Pékin propose un marché pour éviter une crise en Corée

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«Afin de désamorcer la crise qui se prépare dans la péninsule (coréenne), la Chine propose que, dans un premier temps (Pyongyang) suspende ses programmes nucléaire et balistique, en échange de l'arrêt des manoeuvres militaires à grande échelle des États-Unis et de la Corée du Sud», entamées la semaine dernière, a annoncé à Pékin le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

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Patrick BAERT
Agence France-Presse
Pékin

La Chine, seul allié du régime de Pyongyang, a proposé mercredi un compromis pour éviter «une collision» entre les deux Corées, suggérant que le Nord suspende son programme nucléaire en échange de l'arrêt des manoeuvres militaires lancées par les États-Unis au Sud.

La proposition chinoise survient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné avec force mardi soir à New York les derniers tirs de missiles nord-coréens, avant même une réunion en urgence prévue mercredi.

«Afin de désamorcer la crise qui se prépare dans la péninsule (coréenne), la Chine propose que, dans un premier temps (Pyongyang) suspende ses programmes nucléaire et balistique, en échange de l'arrêt des manoeuvres militaires à grande échelle des États-Unis et de la Corée du Sud», entamées la semaine dernière, a annoncé à Pékin le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

M. Wang était interrogé lors d'une conférence de presse sur le risque de guerre en Corée, deux jours après des tirs de missiles par l'armée du Nord, suivis par l'annonce du début du déploiement en Corée du Sud du bouclier antimissile américain THAAD, farouchement combattu par Pékin.

«Les deux parties sont comme deux trains qui accélèrent l'un vers l'autre sans qu'aucun ne veuille céder le passage», a déclaré le ministre chinois.

«La question est de savoir si les deux parties se préparent vraiment à une collision frontale», a-t-il ajouté, expliquant que la priorité pour Pékin était «d'allumer un feu rouge et d'appuyer sur les freins des deux trains».

Avertissement à Séoul

La proposition chinoise, qui vise à «ramener les parties à la table des négociations» selon M. Wang, semble avoir peu de chance d'être entendue.

La Corée du Nord avait elle aussi proposé en janvier 2015 de suspendre temporairement ses essais nucléaires si les États-Unis annulaient leurs manoeuvres prévues chaque année en Corée du Sud, mais Washington comme Séoul avaient rejeté cette proposition.

Si la Chine s'oppose au programme nucléaire du Nord, Pékin a lancé parallèlement une mise en garde à la Corée du Sud à propos du bouclier antimissile américain.

Le début du déploiement de celui-ci a déjà entraîné une nette dégradation des relations commerciales entre les deux pays, le distributeur sud-coréen Lotte, cinquième groupe du pays, étant particulièrement visé par les autorités et les consommateurs chinois.

«Les systèmes de détection et d'alerte du THAAD ont une portée qui dépasse de loin la péninsule coréenne. Ils portent atteinte à la sécurité stratégique de la Chine», a dénoncé M. Wang.

«Ce n'est pas ainsi que des voisins devraient se comporter et cela pourrait bien nuire à la sécurité» de la Corée du Sud, a-t-il averti.

La communauté internationale a en tout cas affiché son unité mardi, le Conseil de sécurité de l'ONU ayant condamné à l'unanimité les tirs de missiles nord-coréens dont trois sont tombés dans les eaux japonaises.

Dans son texte, le Conseil a qualifié ces essais balistiques de «grave violation» des résolutions de l'ONU et promis de «prendre d'autres mesures significatives» pour sanctionner Pyongyang.

Dans le cadre des sanctions existantes, la Chine avait annoncé en février qu'elle cessait complètement ses importations de charbon nord-coréen, privant le régime stalinien d'une manne financière cruciale.

Le régime nord-coréen a «catégoriquement rejeté» la condamnation de l'ONU, par la voix d'un porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, qui accuse les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes de l'avoir poussé à prendre «les mesures les plus dures».

Le comportement des États-Unis au Conseil de sécurité est celui d'un «brigand qui crie 'au voleur'», a estimé le porte-parole cité par l'agence KCNA.

Les quinze pays du Conseil de sécurité de l'ONU se réuniront mercredi à partir de 10h00 à New-York, à la demande des États-Unis et du Japon, pour discuter de ces récents tirs qui faisaient partie, selon Pyongyang, d'un exercice en vue de frapper les bases américaines au Japon.




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