Assassinat de Kim Jong-Nam: la Malaisie libère un Nord-Coréen

Ri Jong Chol (au centre) est l'un des huit... (PHOTO MOHD RASFAN, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Ri Jong Chol (au centre) est l'un des huit Nord-Coréens soupçonnés d'être impliqués dans l'empoisonnement le 13 février à l'aéroport de Kuala Lumpur du demi-frère en disgrâce de Kim Jong-Un, qui a succombé à un puissant agent neurotoxique.

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M JEGATHESAN
Agence France-Presse
KUALA LUMPUR

La Malaisie a émis vendredi un mandat d'arrêt contre un employé d'une compagnie aérienne nord-coréenne en lien avec l'assassinat de Kim Jong-Nam, demi-frère du dirigeant de la Corée du Nord, après avoir libéré à contre-coeur le seul suspect nord-coréen.

Ce dernier est l'un des huit Nord-Coréens soupçonnés d'être impliqués dans l'empoisonnement le 13 février à l'aéroport de Kuala Lumpur du demi-frère en disgrâce de Kim Jong-Un, qui a succombé à un puissant agent neurotoxique.

Les charges à l'encontre de Ri Jong-Chol, 47 ans, ne justifient pas une inculpation, avait expliqué jeudi le procureur général de Malaisie, Mohamed Apandi Ali.

L'homme sera expulsé vendredi soir, « escorté par deux officiels nord-coréens jusqu'à Pékin, et de Pékin à Pyongyang », a ajouté le vice-premier ministre malaisien, Zahid Hamidi, à des journalistes.

« L'enquête de police a établi que son travail ne correspondait pas aux documents en sa possession, mais qu'il se livrait à des activités illicites au détriment de notre sécurité », a précisé Zahid.

La police malaisienne a regretté la libération du suspect. « Nous pensons que Ri Jong-Chol a joué un rôle » dans l'assassinat « mais malheureusement, nous manquons d'éléments de preuves pour l'inculper », a déclaré par SMS à l'AFP le chef de la police, Khalid Abu Bakar.

« Nous sommes frustrés », a-t-il ajouté depuis l'Arabie saoudite où il se trouve en pèlerinage, démentant que la décision ait été prise après des pressions politiques ou diplomatiques.

Mandat d'arrêt

La police veut entendre sept autres Nord-Coréens. Elle a émis vendredi un mandat d'arrêt contre l'un d'eux, Kim Uk Il, 37 ans, employé d'une compagnie aérienne nord-coréenne.

Les enquêteurs ont aussi demandé au deuxième secrétaire de l'ambassade de Corée de Nord à Kuala Lumpur - qui bénéficie de l'immunité diplomatique - d'apporter son concours aux investigations sur cette attaque spectaculaire, digne d'un roman d'espionnage.

Quatre des suspects ont fui la Malaisie le jour de l'assassinat.

Des images de vidéosurveillance ont montré Kim Jong-Nam approché par deux femmes, dont l'une semble lui projeter quelque chose au visage. La victime a succombé pendant son transfert à l'hôpital.

D'après les analyses médico-légales, il a été empoisonné à l'agent neurotoxique VX, une version plus mortelle du gaz sarin, indolore, inodore, et si toxique qu'il a été classé comme arme de destruction massive. Kim Jong-Nam est mort en moins de 20 minutes, et son décès fut probablement très douloureux.

Les deux suspectes, Siti Aisyah, une Indonésienne de 25 ans, et Doan Thi Huong, une Vietnamienne de 28 ans, ont été inculpées mercredi pour assassinat et encourent la peine de mort par pendaison.

Elles affirment avoir été dupées et avoir cru participer à une émission de caméra cachée.

Depuis le début de cette affaire, la Corée du Sud pointe un doigt accusateur sur son voisin du Nord, parlant d'un « ordre permanent » de Kim Jong-Un pour éliminer son demi-frère. Kim Jong-Nam vivait en exil depuis des années mais s'était montré critique envers le régime le plus hermétique au monde.

Brouille diplomatique

La Corée du Nord proteste vigoureusement contre l'enquête des autorités malaisiennes, accusées de collusion avec ses ennemis. De même Pyongyang n'a pas accepté les conclusions de l'autopsie et soutient que la victime est décédée d'une crise cardiaque.

Le chef de la police malaisienne a balayé ces accusations. « Notre enquête, étayée par les expertises, confirme que Kim a été assassiné. La Corée du Nord peut dire ce qu'elle veut, ce sont les faits », a-t-il dit à l'agence Bernama.

Le ministère des Affaires étrangères a encore une fois dénoncé « l'emploi de telles armes chimiques, par quiconque, ou que ce soit, dans n'importe quelles circonstances ». « Son utilisation dans un lieu public aurait pu mettre la population en danger », dit le ministère, ajoutant que l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques de La Haye a fourni à Kuala Lumpur une aide technique.

La brouille diplomatique entre les deux pays, qui entretenaient jusqu'alors des relations relativement chaleureuses, ne cesse de s'aggraver.

Kuala Lumpur a annoncé jeudi l'annulation, à compter du 6 mars, d'un accord bilatéral permettant à leurs ressortissants respectifs de se rendre chez l'autre sans visa.

La Malaisie figurait parmi les rares pays au monde à avoir conclu de tels accords avec Pyongyang.




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