Le Conseil de sécurité condamne le tir de Pyongyang

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a «exprimé sa grande satisfaction à posséder un autre puissant moyen d'attaque nucléaire qui renforce la formidable puissance du pays».

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Carole Landry
Agence France-Presse
New York

Le tir de missile effectué dimanche par Pyongyang a fait l'unanimité contre lui au Conseil de sécurité de l'ONU, Chine comprise, et les États-Unis ont promis de répondre «fortement».

Les quinze pays membres du Conseil, y compris la Chine, pourtant grande alliée de la Corée du Nord, ont approuvé un texte proposé par les États-Unis affirmant que ce tir de missile constituait une «grave violation» des résolutions de l'ONU et menaçant le régime communiste de «nouvelles mesures significatives».

Le Conseil de sécurité s'était réuni d'urgence lundi à la demande des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud, au lendemain de ce nouveau test de missile balistique destiné, selon Séoul, à tester la réaction du nouveau président américain Donald Trump.

Ce dernier a promis de répondre «très fortement» à la Corée du Nord qui pose selon lui «un gros, gros problème».

L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU Nikki Haley a appelé dans un communiqué les pays membres du Conseil de sécurité «à utiliser tous les moyens possibles pour dire clairement au régime nord-coréen et à ses acolytes que ces tirs sont inacceptables».

«Il est temps de tenir la Corée du Nord pour responsable, non pas en mots mais en actes», a-t-elle ajouté.

Les résolutions de l'ONU interdisent à Pyongyang tout programme nucléaire ou balistique. Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen de 2006, le régime a essuyé six volées de sanctions qui ne l'ont cependant pas convaincu d'abandonner ses ambitions militaires. 

«Faire pression»

L'ambassadeur du Japon Koro Bessho a estimé qu'imposer des sanctions était crucial pour que la Corée du Nord change de comportement mais que cela «prenait du temps». «Nous devons continuer à faire pression. Nous ne cherchons pas une solution militaire».

Le ministère américain de la Défense a assuré toutefois que les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon disposaient ensemble des moyens nécessaires pour intercepter, le cas échéant, des missiles balistiques semblables à celui testé dimanche.

Une photo du missile a été publiée dimanche... (AFP) - image 2.0

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Une photo du missile a été publiée dimanche par l'agence de presse nord-coréenne KCNA.

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Les Etats-Unis cherchent en outre à installer en Corée du Sud le système anti-missiles THAAD, mais Séoul n'a toujours pas réussi à déterminer l'endroit où le système sera installé.

La France a de son côté appelé à ce que les sanctions soient véritablement appliquées. «Cela veut dire aussi que la partie européenne travaille à des mesures supplémentaires», a déclaré l'ambassadeur français François Delattre.

Avant la réunion du Conseil, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait condamné le tir et appelé la communauté internationale «à gérer cette situation de manière unie».

«Les dirigeants nord-coréens doivent se conformer à leurs obligations internationales et (s'engager dans) la voie vers la dénucléarisation», avait-il dit.

Ce tir de missile nord-coréen a donné lieu à un début de polémique autour de la gestion de cette affaire par Donald Trump après que des photos de celui-ci discutant avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, dans la salle de restaurant de son club de golf de Mar-a-Lago à Palm Beach en Floride, ont été publiées sur les réseaux sociaux par un membre du club témoin de la scène.

Ces posts sur Facebook ont ensuite été effacés par leur auteur, Richard DeAgazio.

«C'est inexcusable de laisser se dérouler une crise internationale de ce type devant un groupe de membres d'un country club, comme s'ils étaient au spectacle», a accusé Nancy Pelosi, la chef de file des Démocrates au Congrès.

Engin moins détectable

En 2016, Pyongyang a mené deux essais nucléaires et tiré une vingtaine de missiles dans sa quête des technologies qui placeraient le territoire américain à sa portée.

Le dernier engin a donc été tiré dimanche de l'ouest de la Corée du Nord. Il a parcouru environ 500 kilomètres avant de tomber en mer du Japon, selon le ministère sud-coréen de la Défense.

Sur des images de la télévision nord-coréenne, on voit que le missile a été tiré presque à la verticale, que son moteur s'allume après le lancement et qu'il change de direction en plein vol.

Des photographies publiées par KCNA montrent Kim Jong-Un assister tout sourire à l'événement sous les encouragements de dizaines de soldats et de scientifiques.

Selon KCNA, il s'agit d'un «missile sol-sol de moyenne à longue portée Pukguksong-2», alimenté par du combustible solide, qui raccourcit le temps de ravitaillement comparé au combustible liquide et rend difficile la détection de l'engin.

C'est la première fois que le Nord parle de ce Pukguksong-2.

Le Nord a plusieurs fois revendiqué des avancées militaires qui ont laissé les analystes sceptiques. Il affirme ainsi avoir mis au point un missile balistique intercontinental (ICBM) mais n'en a pour l'instant jamais testé.

Le missile à la portée la plus longue testé par Pyongyang est le Musudan, de portée intermédiaire, capable en théorie d'atteindre les bases américaines sur l'île de Guam, dans le Pacifique. Mais la plupart des essais se sont soldés par des échecs.

À son allié régional dans le Pacifique, Donald Trump a promis son soutien «à 100%».




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