L'armée chinoise montre ses muscles face à Trump

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Sur cette photo, l'unique porte-avions de la Chine, le Liaoning, avec des avions chasseurs J-15.

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Patrick BAERT
Agence France-Presse
Pékin

Un porte-avions dans le Pacifique et un tout nouvel avion de combat: l'armée chinoise montre ses muscles à moins d'un mois de l'investiture de Donald Trump, qui a ravivé la tension avec l'île rivale de Taïwan.

À quelques jours d'intervalle, la presse officielle chinoise a annoncé que l'unique porte-avions du pays, le Liaoning, se rendait pour la première fois dans le Pacifique, puis qu'un nouveau chasseur, le FC-31, avait effectué un premier essai en vol.

Ces démonstrations de force résonnent au moment où Pékin s'alarme de l'arrivée à la Maison-Blanche le 20 janvier de Donald Trump, qui n'a pas été avare de piques à son endroit depuis son élection début novembre.

Le bouillant milliardaire a rompu avec quatre décennies de politique américaine en prenant un appel téléphonique de la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, alors que la Chine interdit tout contact officiel entre ses partenaires étrangers et des dirigeants de Taïwan, île qu'elle considère comme une de ses provinces.

Donald Trump a ajouté de l'huile sur le feu en évoquant un possible rapprochement avec Taïwan, alors que Pékin n'a jamais renoncé à la possibilité de recourir à la force pour rétablir sa souveraineté sur l'île, séparée politiquement du Continent depuis 1949.

Dans ces conditions, les exercices menés en mer par le Liaoning, un porte-avions que Pékin a racheté à la Russie, ne passent pas inaperçus, d'autant que le bâtiment, accompagné de plusieurs navires de guerre, n'avait encore jamais gagné le Pacifique depuis sa mise en service en 2012.

Après un passage dans l'océan au sud du Japon, la flottille se trouve désormais dans la très contestée mer de Chine méridionale, selon le ministère taïwanais de la Défense, qui a surveillé le passage du porte-avions dimanche au large de ses côtes.

Ces manoeuvres ont été précédées d'exercices « de ravitaillement et de confrontation en vol », selon l'agence Chine nouvelle. Mi-décembre, la marine chinoise avait annoncé que le bâtiment avait mené ses premiers exercices avec des tirs réels, notamment une dizaine de missiles.

« Outil de puissance »

Pékin souligne que ces exercices prévus sont de routine, mais la presse chinoise se félicite de savoir que le Liaoning est prêt au combat, et qu'un autre porte-avions, de fabrication entièrement chinoise celui-là, est en construction.

« Les porte-avions sont des outils stratégiques qui servent à montrer la puissance de la Chine au reste du monde », plastronne le très nationaliste Global Times, qui se prend à rêver du jour où un porte-avions chinois croisera au large des côtes américaines.

« Si la flotte peut croiser dans des zones où les États-Unis ont des intérêts vitaux, cela changera la situation dans laquelle les États-Unis peuvent unilatéralement mettre la pression sur la Chine », souligne le journal proche du régime communiste.

En attendant, Pékin doit accélérer la construction d'autres porte-avions et « réfléchir immédiatement à l'établissement de base de ravitaillement en Amérique du Sud », suggère-t-il.

Outre la marine, Pékin modernise aussi son armée de l'air.

Le quotidien China Daily a rapporté lundi que la Chine venait de tester en vol un nouveau prototype d'avion de combat furtif, une version améliorée du FC-31 Gyrfalcon, précédemment connu sous l'appellation J-31. L'avion peut transporter huit tonnes d'armes, notamment six missiles en soute et six autres sous ses ailes.

Le développement de l'armement chinois ne saurait encore impressionner Washington, qui dispose d'une dizaine de porte-avions en service et d'un réseau de bases navales tout autour du globe, souligne David Kelly, du cabinet de recherche et de conseil China Policy, basé à Pékin.

Pour la Chine, qui n'a pas de relais sur d'autres continents, un porte-avions est avant tout « symbolique et à consommation intérieure », observe le chercheur. « Cela n'a pratiquement pas d'importance stratégique », note-t-il. « Mais cela rappelle aux États-Unis que la Chine a une force de pression dans la région ».




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