Shinzo Abe sera le premier PM japonais à se rendre à Pearl Harbor

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Fin mai, Barack Obama - en compagnie de Shinzo Abe (à droite) - a effectué à Hiroshima une visite historique, devenant ainsi le premier président américain en exercice à se rendre dans cette ville martyre.

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Natsuko FUKUE
Agence France-Presse
TOKYO

Le premier ministre japonais Shinzo Abe sera fin décembre le premier chef de gouvernement japonais à se recueillir à Pearl Harbor, sept mois après la visite historique du président américain Barack Obama à Hiroshima.

« Je vais me rendre à Pearl Harbor », a déclaré lundi à la presse devant les caméras de télévision M. Abe, qui séjournera les 26 et 27 à Hawaii. Le Japon avait attaqué par surprise les États-Unis le 7 décembre 1941, précipitant l'entrée des Américains dans la Seconde Guerre mondiale.

« C'est une visite destinée à rendre hommage aux victimes », a-t-il ajouté, « Nous ne devons pas répéter les horreurs de la guerre ».

Il y a 75 ans, des appareils japonais avaient survolé à basse altitude cette base navale, tuant plus de 2400 soldats et civils américains. En deux heures, ils avaient coulé ou endommagé une vingtaine de navires de la Flotte du Pacifique et détruit 164 avions.

Le Japon n'accorde pas une grande attention à la commémoration de cet événement, contrairement à l'importance dévolue aux bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, survenus en août 1945, juste avant la capitulation de l'archipel.

À l'inverse, aux États-Unis, où le 7 décembre a été érigé en journée du souvenir, Pearl Harbor a une haute valeur symbolique, tandis qu'Hiroshima et Nagasaki ne sont pas officiellement commémorés.

Fin mai cependant, Barack Obama a effectué à Hiroshima une visite historique, devenant ainsi le premier président américain en exercice à se rendre dans cette ville martyre.

Dans la première attaque atomique de l'histoire, le 6 août 1945 à Hiroshima, 140 000 personnes avaient été tuées sur le coup et sous l'effet des radiations dans les mois qui ont suivi. La bombe de Nagasaki, lâchée le 9 août, avait provoqué la mort d'environ 74 000 personnes le jour même et jusqu'à fin 1945.

Hommages réciproques sans excuses

« Nous sommes venus pour rendre hommage aux morts », avait déclaré le président américain en présence de M. Abe. « Nous connaissons la douleur de la guerre. Ayons le courage, ensemble, de répandre la paix et de bâtir un monde sans armes nucléaires », avait-il écrit dans le livre d'or.

Son « message en faveur d'un monde sans armes nucléaires pendant sa visite à Hiroshima reste gravé dans le coeur des Japonais », a déclaré lundi M. Abe. « Je voudrais qu'elle soit une occasion d'envoyer au monde un message disant que nous allons encore renforcer notre alliance à l'avenir », a-t-il déclaré au sujet de sa rencontre prochaine avec Barack Obama à Hawaii. « Et je veux dans le même temps saisir cette occasion pour souligner la valeur de la réconciliation entre le Japon et les États-Unis », a-t-il ajouté.

L'élection à la présidence américaine de Donald Trump qui, pendant la campagne électorale, avait mis en doute cette alliance et l'engagement américain envers le Japon en laissant entendre qu'il serait favorable à un retrait des quelque 47 000 soldats américains actuellement présents sur l'archipel et ne serait pas contre l'acquisition par le Japon de l'arme nucléaire avait fait rapidement réagir Tokyo.

M. Abe avait immédiatement après les résultats du scrutin réitéré l'importance selon lui de cette alliance et avait été le premier dirigeant étranger à se rendre à New York pour rencontrer le président désigné.

Le projet du premier ministre nationaliste faisait la une des journaux du soir de la chaîne de télévision publique NHK lundi tandis que la nouvelle était saluée sur les réseaux sociaux.

« Je pense que c'est une bonne chose », écrivait @CNBLUE-6569 sur Twitter. « Après avoir vu la visite de M. Obama à Hiroshima, je voulais vraiment que le premier ministre japonais aille » à Pearl Harbor.

« Le président Obama est venu à Hiroshima donc le premier ministre Abe devrait aller à Pearl Harbor », a renchéri @chikazoemakoto. « Je pense qu'Abe a pris une très bonne décision ».

Le 44e président des États-Unis avait clairement annoncé qu'il ne se rendait pas à Hiroshima pour porter un jugement sur la décision prise par son lointain prédécesseur Harry Truman ou présenter des excuses. Rien n'indique actuellement que M. Abe ait l'intention d'en présenter de son côté.




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