Retour en Chine de la fugitive la plus recherchée par Pékin

Yang Xiuzhu, 70 ans, était la première sur la... (Photo Yin Gang, Xinhua via AP)

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Yang Xiuzhu, 70 ans, était la première sur la liste des 100 principaux fugitifs recherchés par la Chine, qu'avait fait circuler Interpol l'an dernier.

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Agence France-Presse
Pékin

Une Chinoise soupçonnée de corruption, en fuite depuis 13 ans et réfugiée aux États-Unis, est rentrée mercredi à Pékin pour se rendre à la police, ont annoncé les autorités, en dépit de l'absence d'accord d'extradition sino-américain.

Yang Xiuzhu, 70 ans, était la première sur la liste des 100 principaux fugitifs recherchés par la Chine, qu'avait fait circuler Interpol l'an dernier.

Ex-directrice adjointe du bureau de la construction de la province du Zhejiang (est), elle est accusée d'avoir détourné l'équivalent de 37 millions d'euros.

Mme Yang était parvenue à échapper aux forces de l'ordre pendant 13 années, s'envolant en 2003 pour Hong Kong, avant de gagner Singapour, la France, les Pays-Bas et l'Italie. Elle s'est installée aux États-Unis en 2014 et a demandé l'asile dans le pays l'année suivante.

Son arrivée à l'aéroport de Pékin, où elle est descendue de l'avion encadré par des policiers, a été montrée à la télévision.

Yang Xiuzhu est le 37e fugitif recherché par Pékin à être rapatrié, selon la Commission d'inspection disciplinaire (CCDI), le gendarme du Parti communiste, mais les circonstances de nombre de ces «retours» restent obscures.

Le régime a certes lancé une vaste opération «Skynet» pour rapatrier des suspects ayant fui à l'étranger, en pleine campagne anticorruption du président Xi Jinping. Mais ses efforts sont compliqués par l'absence de traité d'extradition avec de nombreux pays occidentaux, prudents face à une Chine où la justice reste soumise au pouvoir politique et où les cas d'aveux forcés sont légion.

Dans le cas de Mme Yang, des enquêteurs anticorruption ont intensifié la pression sur la suspecte via des moyens diplomatiques, judiciaires, légaux et «autres», pour l'encourager à se rendre en échange d'une sentence allégée, selon la CCDI.

Certains condamnés pour corruption encourent en Chine la peine de mort.

«Yang Xiuzhu a décidé de son propre chef de se rendre, en réalisant: «Si je meurs, je mourrai aux États-Unis», ce qui l'a amenée à «vouloir rentrer chez elle» et finalement à retirer sa demande d'asile» en juillet, a expliqué la CCDI.

Son retour montre que l'Amérique «n'est pas le «paradis pour les fugitifs» qu'ils fantasment», a insisté le gendarme du Parti.

La Chine «remercie» les États-Unis pour leur assistance, a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Les deux pays doivent tenir dans les prochains jours à Pékin un sommet sur la coopération judiciaire.

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