L'«Afghane aux yeux verts» expulsée du Pakistan lundi

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La saisissante image de Sharbat Gula (à gauche), avec ses grands yeux verts avait été prise dans un camp de réfugiés afghans au Pakistan par le photographe Steve McCurry. M. McCurry avait retrouvé Sharbat Gula en 2002 après 17 ans de recherches dans un village isolé d'Afghanistan.

PHOTOS STEVE MCCURRY, NATIONAL GEOGRAPHIC/TWITTER

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Agence France-Presse
PESHAWAR

Sharbat Gula, rendue célèbre par un portrait en couverture du National Geographic qui a fait d'elle l'icône des réfugiés afghans, a été condamnée pour détention de faux papiers et devrait être expulsée dès lundi du Pakistan vers son pays d'origine.

Sharbat Gula (au centre) a plaidé coupable vendredi, et... (PHOTO A MAJEED, AFP) - image 1.0

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Sharbat Gula (au centre) a plaidé coupable vendredi, et le tribunal l'a condamnée à 15 jours de prison et une amende de 110 000 roupies (environ 1400 dollars).

PHOTO A MAJEED, AFP

L'Afghane, dont les saisissants yeux verts mis en valeur par son foulard rouge avaient été immortalisés en 1984 dans un camp de réfugiés afghans au Pakistan par le photographe américain Steve McCurry, avait été arrêtée la semaine dernière au Pakistan.

Elle était poursuivie, comme des milliers d'autres réfugiés afghans au Pakistan, pour avoir vécu dans le pays sous de faux papiers.

« L'Afghanistan n'est que mon lieu de naissance, mais le Pakistan était ma patrie et je l'ai toujours considéré comme mon propre pays », a-t-elle confié à l'AFP depuis son lit d'hôpital à Peshawar, où elle est traitée pour une hépatite C. « J'avais décidé de vivre et de mourir au Pakistan mais ils m'ont fait la pire des choses. Ces n'est pas ma faute si je suis née là-bas [en Afghanistan]. Je suis déprimée. Je n'ai pas d'autre choix que de partir », a ajouté Gula, qui dit avoir aujourd'hui 45 ans.

Cette mère de quatre enfants, analphabète, a plaidé coupable vendredi, a indiqué son avocat à l'AFP, et le tribunal l'a condamnée à 15 jours de prison et une amende de 110 000 roupies (environ 1400 dollars).

Ayant déjà passé 11 jours en prison avant son procès, elle devrait être libérée lundi, sa peine purgée, a précisé le conseil, Mubashar Nazar.

La cour a également ordonné son expulsion, qui devrait intervenir dès sa libération.

Un représentant du consulat afghan à Peshawar a confirmé son retour imminent en Afghanistan.

« Nous avons déjà payé l'amende imposée à Mme Gula par le tribunal et nous l'emmènerons en Afghanistan d'une façon digne lundi », a déclaré à l'AFP Abdul Hameed Jalili, conseiller chargé des réfugiés au consulat.

Ses enfants doivent rentrer avec elle. Mme Gula a indiqué à la presse que son mari était décédé.

L'organisation Amnestie internationale a condamné l'expulsion de Mme Gula, la qualifiant de « grave injustice ».

« Pendant des décennies, elle fut la réfugiée la plus célèbre du monde et vue comme le symbole de la généreuse hospitalité du Pakistan. À présent [...], son sort est devenu emblématique du cruel traitement que réserve le Pakistan aux réfugiés afghans », a souligné Champa Patel, directrice d'Amnesty pour l'Asie du Sud dans un communiqué vendredi.

Le portrait de Mme Gula compte parmi les unes les plus célèbres du National Geographic. Le photographe Steve McCurry avait retrouvé la jeune femme en 2002 dans un village afghan. On ignore à quel moment elle est revenue au Pakistan.

Selon des responsables pakistanais, Sharbat Gula avait déposé une demande de carte d'identité nationale à Peshawar en avril 2014, sous le nom de Sharbat Bibi.

Le cas de Sharbat Gula illustre le désespoir de nombreux réfugiés afghans à l'idée d'être renvoyés dans leur pays d'origine, où la guerre sévit toujours.

Après avoir accueilli les Afghans pendant des décennies, depuis l'invasion soviétique de 1979, le Pakistan a accentué la pression ces derniers mois sur les réfugiés, tandis que l'ONU doublait les primes de retour.

En conséquence, des centaines de milliers d'entre eux sont retournés au pays depuis juillet, laissant craindre une crise humanitaire majeure en Afghanistan.

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