Washington met en garde le controversé président des Philippines

Rodrigo Duterte a plusieurs fois exprimé sa colère... (photo Jason Lee, archives REUTERS)

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Rodrigo Duterte a plusieurs fois exprimé sa colère face aux critiques américaines envers sa politique sécuritaire. Il a plusieurs fois qualifié le président Barack Obama de « fils de pute », l'enjoignant à « aller au diable ».

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Agence France-Presse
MANILLE

Les tirades incendiaires du président philippin Rodrigo Duterte provoquent la « consternation » et sont une source d'inquiétude croissante à travers le monde, a jugé lundi à Manille le plus haut diplomate américain pour l'Asie.

Le secrétaire d'État adjoint chargé de l'Asie-Pacifique, Daniel Russel, a rencontré les ministres philippins de la Défense et des Affaires étrangères quelques jours après que le président Duterte eut proclamé la « séparation » entre son pays et Washington.

Samedi, M. Duterte avait toutefois fait machine arrière en déclarant qu'il ne voulait pas torpiller une alliance américano-philippine vieille de 70 ans.

« La succession de déclarations et commentaires controversés, le réel climat d'incertitudes quant aux intentions des Philippines suscitent la consternation dans un certain nombre de pays », a néanmoins critiqué M. Russel.

« Pas seulement le mien et pas seulement parmi les gouvernements, mais aussi les populations, et la communauté des expatriés philippins, également dans les conseils d'administration. Ce n'est pas une tendance positive ».

M. Russel a ajouté avoir transmis au chef de la diplomatie de l'archipel, Perfecto Yasay, les préoccupations de Washington concernant la guerre contre la drogue lancée par le chef d'État philippin. Environ 3700 personnes ont été tuées en moins de quatre mois, ce qui fait craindre des meurtres extrajudiciaires.

M. Russel a « réitéré l'importance que nous accordons, et que d'autres accordent, à l'État de droit, et le fait que le respect des droits des citoyens joue aussi un rôle important dans la protection de nos populations ».

Simultanément à Washington, le département d'État a rendu compte lundi d'une conversation téléphonique, dimanche, entre son patron John Kerry et M. Yasay.

Les deux ministres « ont parlé des derniers défis qui affectent la relation », de « la rhétorique déplacée que nous continuons d'entendre des dirigeants philippins et de la confusion que cela provoque », a confié le porte-parole de la diplomatie américaine John Kirby.

Rodrigo Duterte a plusieurs fois exprimé sa colère face aux critiques américaines envers sa politique sécuritaire. Il a qualifié le président Barack Obama de « fils de pute », l'enjoignant d'« aller au diable ».

M. Duterte, qui se dit socialiste et entretient des liens étroits avec les communistes, cherche à s'éloigner des États-Unis pour se rapprocher de la Chine et de la Russie.

Sa sortie sur son divorce d'avec Washington a été faite lors d'un séjour à Pékin.

« L'Amérique a perdu », avait-il dit. « Je me suis réaligné sur votre mouvance idéologique [celle de la Chine] et je vais peut-être me rendre aussi en Russie pour parler au [président Vladimir] Poutine et lui dire qu'on est trois contre le reste du monde: la Chine, les Philippines et la Russie ».

En rentrant aux Philippines, il avait assuré qu'il ne voulait pas la rupture avec Washington. Ce qui ne l'avait pas empêché de se lancer dans une nouvelle tirade antiaméricaine.

« S'il y a un domaine dans lequel l'Amérique a lamentablement échoué, c'est celui de la dignité humaine ». « L'aide américaine ? Vous pouvez aller au diable ! », avait-il lancé.

Le gouvernement philippin a cependant pris livraison lundi d'un avion de transport américain C-130 d'occasion, acheté en vertu d'un accord bilatéral sur la fourniture à Manille d'équipements américains en surplus.

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